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Spoilers...

Je vais encore parler de Roland Emmerich ici, croyez-bien que j'en suis désolé (non, c'est pas vrai), et le plus drôle, c'est qu'il me reste non pas un, mais deux de ses films à aborder sur le blog. Peut-être même trois, en fait. Un de ces films finira, probablement, dans la catégorie des nanars (c'est même certain), et les deux autres n'y auront pas droit, parce que ce ne sont pas des nanars. Celui-ci est même, probablement, le meilleur film de Roland Emmerich, du moins en concurrence avec Independence Day. Il s'agit d'un film catastrophe (genre cinématographique dont j'ai vu ou revu pas mal de représentants ces dernières semaines) sorti en 2004, qui est coincé, dans la filmographie de l'Allemand fou, entre un film de guerre historique avec Mel Gibson (The Patriot) et une merde abyssale qui tente (et échoue lamentablement) d'essayer d'atteindre les tibias de La Guerre Du Feu (10 000). Ce film catastrophe de 2004, dont la sortie française fut accompagnée d'une chanson de Chimène Badi pour le promouvoir (heureusement, elle est absente du DVD/BR du film), c'est bien entendu Le Jour D'Après, film dont le titre français est une assez bonne traduction du titre original (The Day After Tomorrow), mais qui est aussi le titre français d'un film de guerre de 1965 qui n'était autre que la suite du Jour Le Plus Long. C'est aussi le titre français d'un film sud-coréen de 2017 et d'un TVfilm de 1983 de Nicholas Meyer, qui sortira en salles. Aucun autre de ces films ne possède le même titre original que le film d'Emmerich, c'est en français qu'ils sont homonymes. 

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Le film d'Emmerich est interprété par Dennis Quaid, Jake Gyllenhaal, Ian Holm, Emmy Rossum, Sela Ward, Dash Mihok, Jay O. Sanders, Kenneth Welsh, Tamlyn Tomita et Arjay Smith. Long de 125 minutes, c'est un savant mélange entre film catastrophe et d'aventures pur et simple, un film basé en partie sur un livre de 1999 parlant du réchauffement climatique et de ses probables et dramatiques futures conséquences. Bien entendu, c'est avant tout un film catastrophe hollywoodien, dont le trait est assez fortement grossi, à grand renfort d'effets spéciaux et quelques clichés, mais le film n'en possède pas moins un indéniable message : faisons gaffe à notre planète avant qu'il ne soit trop tard. Dans le film, en fait, c'est déjà trop tard, et plusieurs scientifiques, dans le monde, estiment que, dans la réalité, c'est également déjà un petit peu trop tard. L'action se passe de nos jours, bref en 2004. Le paléoclimatologue Jack Hall (Dennis Quaid) et deux de ses collègues effectuent une mission de routine (du carottage de sol) en Antarctique quand le plateau de glace sur lequel ils se trouvent se détache du reste du continent. Ils ne s'en sortent que de justesse. De retour, Hall, au cours d'une conférence internationale en Inde, et alors que le pays est en proie à un violent dérèglement climatique (il y neige comme en Scandinavie), tente d'alerter les grands de ce monde (dont le vice-Président américain, Becker, joué par Kenneth Welsh, qui campe un parfait connard arrogant) sur les dangers qui nous menacent : si la calotte glaciaire se brise, ça provoquera une réaction en chaîne qui entraînera un nouvel âge glaciaire sur la majeure partie du globe.

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Hall ne parvient pas à alerter grand monde, sauf un climatologue anglais, Terry Rapson (Ian Holm) qui a constaté que des balises situées à divers points du globe, en mer, se dérèglent suite à de brusques changements de température de l'eau (qui se refroidit violemment). Rapidement, des faits météorologiques brutaux surviennent un peu partout dans le monde (chute de blocs de glace au Japon, tornades en Californie, chutes violentes de neige...). Sam (Jake Gyllenhaal), le fils de Hall, lycéen surdoué en conflit avec son père qui vit séparé de sa mère, doit partir, avec deux de ses camarades de lycée, à New York pour participer à un concours inter-établissements. La ville est en proie à de violentes pluies, qui menacent de se transformer en inondation (les égouts commencent à déborder). Alors que le trafic aérien est interrompu et qu'il est contraint de rester à New York, un raz-de-marée monumental, haut comme la Statue de la Liberté, s'abat sur la ville. Sam et ses amis, ainsi que d'autres personnes, ont juste le temps de s'infiltrer dans la bibliothèque municipale. La chute de la température va rapidement transformer l'eau, qui a noyé la ville, en glace, et après avoir réussi à joindre, par téléphone, son père inquiet, Sam apprend qu'il ne faut surtout pas sortir, la température sera si froide qu'elle ferait geler n'importe qui. Hall promet à son fils qu'il va aller le chercher, au péril de sa vie. Le compte à rebours commence...

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Le Jour D'Après, qui marchera plutôt bien au box-office, du moins dans mes souvenirs. Les critiques presse furent probablement du genre encore un film hollywoodien à grand budget rempli d'effets spéciaux impressionnants mais au scénario basique rempli de clichés. Il est vrai que le film empile les poncifs du genre : combien de films catastrophe avez-vous vus dans lesquels il n'y avait pas d'animal de compagnie (chat, ici un chien) parmi les personnages ? Sans oublier les personnages stéréotypés : le héros sans peur prêt à risquer sa vie et que personne ne veut écouter avant que ça ne soit trop tard ; le 'puissant' tête de con qui regrette un peu tardivement de ne pas avoir suivi les conseils avisés du héros ; le fils du héros, lui-même assez héroïque (il sait de qui tenir) ; son pote issu d'une minorité ethnique ; sa copine dont il est in love et qui, tôt ou tard, risquera sa vie ; celui qui croit tout savoir mieux que quiconque et qui, on s'en doute, ne sera pas là pour assister au générique de fin du film, le sien étant survenu bien avant... Oui, The Day After Tomorrow regorge de clichés du genre, mais dans un sens, c'est ce que l'on attendait de lui. Absolument loin d'être un grand film, c'est toutefois un excellent divertissement à regarder un samedi soir, en famille ou entre amis, un film assez prenant, aux effets spéciaux franchement bien foutus et qui, contrairement à 2012 du même Emmerich (pas de suspense : le film de Emmerich que j'annonçais, en intro, aborder dans la catégorie 'nanars', c'est celui-là), contient quand même une histoire, mince mais bel et bien là. 

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Bien entendu, peu de suspense, on se doute bien que Jack Hall va sauver son fils et ses amis et autres survivants (peut-être pas tous, mais on est à peu près sûrs que la petite amie amoureuse et que le chien feront partie des sauvés, politiquement correct hollywoodien oblige ; quand on a des enfants, ados ou animaux de compagnie dans ce genre de film, ils sont toujours, forcément, en vie à la fin, même s'il ne reste plus qu'eux) tout en risquant fortement de se geler les poils de la bite au passage, mais on est quand même pris par le film, qui déroule ses 125 minutes (générique de fin compris) sans temps morts. Sans pathos inutile non plus, mis à part l'histoire, secondaire, de ce petit garçon atteint de cancer, hospitalisé, ne pouvant être déplacé sans ambulance, et qui reste, seul, avec une médecin (qui s'avère être la mère de Sam et, donc, ex-femme de Jack, jouée par Sela Ward), espérant qu'une bonne âme viendra les sauver. Politiquement correct oblige, vous vous imaginez bien qu'ils ne vont pas défunter seuls dans l'hosto désert et frigorifié, ça ramène à ce que je viens de dire plus haut dans ce même paragraphe d'anthologie (ah ah). En revanche, les trois scientifiques coincés dans leur station météo écossaise (dont Ian Holm) ne s'en sortiront pas, et leur fin est montrée avec pas mal de pudeur, ce qui est assez rare pour être signalé. Dans l'ensemble, le film n'est pas un chef d'oeuvre, mais c'est un excellent film catastrophe, un de mes préférés du genre, oui, vraiment, et je pense vraiment qu'il s'agit, avec Independence Day (plus SF que catastrophe...disons un peu des deux), du meilleur film de Roland Emmerich. C'est vrai que comparé à 2012, Independence Day : Resurgence, 10 000 ou Godzilla, sans oublier White House Down, c'est largement supérieur en terme de qualité. Mais même en le comparant aux autres classiques du genre (La Tour Infernale, L'Aventure Du Poséidon premier du nom, qui restent indéniablement les jalons du genre, Armageddon), Le Jour D'Après n'a absolument pas à rougir. C'est du bon, du très bon grand spectacle.