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Pour ce nouvel épisode, place à un réalisateur qui, comme mon titre d'article le précise, est vraiment passé d'un extrême à l'autre dans son parcours cinématographique. Né le jour d'Halloween (31 octobre) 1961 en Nouvelle-Zélande, Peter Jackson, un nom bien commun s'il en est, est désormais une figure qui compte dans le cinéma, mais il a démarré sa carrière d'une manière bien plus discrète (il faut comparer le budget de son premier film avec celui de ses derniers !). De 1987 à 2014, il n'a réalisé que 14 films...ou seulement 10, si on considère que parmi eux, il y à trois trilogies ne proposant en fait à chaque fois qu'une seule histoire découpée, pour plus de facilité, en trois films. C'est à l'âge de 9 ans que Jackson, en visionnant King Kong (la version de 1933 ; le remake de 1976 n'avait de toute façon pas encore été fait !), a eu le coup de foudre : il veut devenir réalisateur. A 13 ans, il tournedans le jardin familial un petit remake de ce film, avec une figurine de singe, une maquette de l'Empire State Building et des petits jouets. Il réalise, jeune adulte, quelques courts-métrages.

badtaste

En 1987, il sort son premier film de long-métrage, Bad Taste, un film qui sera projeté à Cannes l'année suivante et qu'il a tourné en partie dans son village natal (Pukerua Bay) pendant le temps libre des acteurs (non-professionnels, ils avaient tous un vrai boulot) et sur une période d'environ quatre ans. Ayant coûté dans les 11000 dollars (américains). Film gore bien sanglant et parodique, il raconte l'invasion de la Terre par une bande d'extraterrestres cannibales déguisés en humains qui ont pour but de récolter le maximum de Terriens pour leur propre chaîne de fast-food particulière, mais qui vont se faire repousser par une bande de résistants armés jusqu'aux dents. Le film a été en partie financé par la New Zealand Film Commission (et en partie par WingNut Films, la société de production que  Jackson a fondé en 1986) et est interprété notamment par Jackson lui-même, qui signe aussi une partie du scénario et a fait les effets spéciaux. Les autres acteurs principaux sont Terry Potter, Pete O'Herne, Mike Minett, Craig Smith, comme je l'ai dit, des acteurs non-professionnels, ce qui se ressent évidemment dans leur jeu. Bad Taste sent bon l'amateurisme, mais ça participe à son charme, et le film est d'une drôlerie décapante, tout en étant outrancièrement gore (des effets spéciaux sanglants bien foutus malgré le budget), avec notamment un inoubliable mouton qui explose. Un film culte qui, hélas, n'existe pas en DVD en France (ni en Blu-ray) pour le moment. Ou s'il a existé sous ce format chez nous, l'édition est désormais épuisée...Ce n'est hélas pas le seul film du réalisateur concerné par ce fait, ses deux films suivants aussi n'existent pas en DVD/BR en France.

Les_Feebles

Deux ans plus tard : 1989. Pour son deuxième film, Jackson frappe un grand coup avec une comédie délirante entièrement tournée avec des marionnettes (conçues pour le film) : Les Feebles. N'existant pas en DVD chez nous (ou alors, l'édition est épuisée ; le film a été doublé en VF, ceci dit), ce film, qui a été en sélection officielle à Avoriaz deux ans plus tard, est une parodie totalement dingue et irrévérencieuse de l'univers des Muppets (les créateurs des Muppets ne furent pas très contents du film, notamment d'une scène où, sur un petit crucifix, on distingue un Kermit à la place de Jésus) qui raconte l'histoire ce Robert, un petit hérisson timide qui veut devenir célèbre et intègre une troupe d'artistes de music-hall, les Feebles, dirigés par Bletch le morse. Diverses séquences plus ou moins reliées entre elles montrent la situation conjugale chaotique de Bletch et de la meneuse de revue Heidi l'hippopotame complexée ; on voit aussi les aventures d'un lapin queutard qui finira par se choper la myxomatose à force de fourrer son spaghetti un peu n'importe où ; les souvenirs de guerre douloureux (la scène parodie Voyage Au Bout De L'Enfer) d'un lézard devenu accro à la drogue ; l'audition déplorable et se finissant tragiquement d'un petit poisson que Bletch va avaler tout cru...puis vomir, quasiment en entier, par la suite (il continue de chanter, faiblement, dans sa flaque de vomi)...Musical, délirant, malsain (selon les propres termes de Jackson), irrévérencieux, inventif et super bien foutu, ce film tourné par un froid hivernal dans un entrepôt désaffecté de Wellington est le premier sur lequel collabore Fran Walsh (scénariste, par la suite coproductrice, et surtout, la compagne de Jackson). Un autre film culte. 

Braindead

En 1992, Jackson réalise Braindead, qu'il voulait, à la base, faire à la fin des années 80, mais une première mouture du projet capotera et il fit Les Feebles à la place. Il pourra enfin faire ce film trois ans plus tard. En sélection officielle à Avoriaz en 1993 (pour l'anecdote, ce fut le dernier festival d'Avoriaz), il obtint le Grand Prix, c'est donc le dernier film à obtenir cette récompense au cours de ce festival qui récompensait les films fantastique et d'horreur. Le film est une comédie horrifique très gore (interdit aux moins de 16 ans) qui, sauf erreur de ma part, est inexistant en DVD chez nous, comme les deux précédents films, je ne sais pas pourquoi, mais ça commence à bien faire. L'histoire se passe en 1957. Un jeune homme un peu discret et timide voit sa mère, du genre tyrannique, se faire mordre, dans un zoo, par un singe-rat de Sumatra. Un animal qui, d'après les légendes, serait maudit et transformerait quiconque se fait mordre en zombie assoiffé de sang. Ca ne va pas louper avec la mère, qui se transforme, malgré les tentatives de Lionel pour la sauver, en zombie. Et elle va contaminer pas mal de monde, que Lionel, au lieu d'essayer de les exterminer, va enfermer dans sa cave. Deux d'entre eux ont une relation sexuelle, et donnent naissance à un enfant-zombie... Le film est complètement délirant, hilarant et écoeurant à la fois (très gore !), les acteurs, sans doute non-professionnels, ou en tout cas pas connus du tout (sauf, sans doute, en Nouvelle-Zélande, et encore), sont pas mal, mais ce sont les effets spéciaux l'atout principal du film, et Braindead mérite amplement toutes les récompenses qu'il a reçues. J'espère que le film sortira en DVD/BR chez nous : une édition Blu-ray était prévue pour sortir en 2009 aux USA, elle ne sortira qu'en 2011 au final...

CREATURES CELESTES - French Poster 1

Après deux films gore et, entre les deux, un film d'animation délirant et trash, c'est peu dire que Peter Jackson s'est taillé une réputation d'énergumène dans le cinéma de genre. En 1994, encore auréolé du succès de Braindead dans l'univers du film de genre (les Cahiers du Cinéma ou Télérama, eux, n'ont probablement pas dû aimer autant le film que Mad Movies, j'imagine), Jackson réalise son premier film sérieux : Créatures Célestes. C'est aussi le premier de ses films qui est, à l'heure actuelle, disponible (même s'il faut pour ça, souvent, se tourner vers l'occasion) en DVD. Le film est interprété par Melanie Lynskey et Kate Winslet (révélées par le film ; Winslet deviendra par la suite l'actrice que l'on sait, via Titanic) et raconte une histoire vraie survenur à Christchurch, Nouvelle-Zélande, en 1954 (le film a été tourné sur les lieux mêmes) : l'amitié entre deux jeunes filles (adolescentes, 13/14 ans), Pauline Parker (Lynskey) et Juliet Hulme (Winslet), originaires de deux milieux différents (Parker est d'un milieu modeste, Hulme d'une famille bien plus aisée, sans être non plus richissime), qui vont devenir inséparables, s'inventer un univers irréel bien à elles (Borovnie), se couper du reste du monde et, au final, en arriver à l'irréparable : le meurtre de la mère de Pauline, qui voit d'un mauvais oeil leur relation d'amitié fusionnelle. Les deux adolescentes ont été condamnées à 5 ans de prison, peine qu'elles ont purgées. Parker et Hulme sont toujours de ce monde, la première vit tranquillement loin des caméras, et la seconde, depuis des années (depuis avant la sortie du film), sous le pseudonyme de Anne Perry, écrit des romans policiers. Cette révélation du pseudonyme fut d'ailleurs faite au moment de la sortie du film. Un film admirable, plein de tension, souvent malsain, mais aussi très beau. Le point fort du film : ne pas chercher à diaboliser les deux adolescentes, contrairement à l'opinion populaire (ce fait divers, qui a même inspiré un film français en 1971, fut très médiatique). Le film a obtenu le Lion d'Or à la Mostra de Venise l'année de sa sortie. 

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En 1995, Jackson réalise un moyen-métrage (une bonne cinquantaine de minutes) qui reste à ce jour son film le moins connu : Forgotten Silver. Il ne s'agit pas vraiment d'un film, mais d'un documentaire. Ou plutôt, d'un faux documentaire, qui fut proposé à la TV néozélandaise comme un vrai documentaire historique retraçant la vie et l'oeuvre de Colin McKenzie, réalisateur néozélandais qui, né en 1888, était un des pionniers du cinéma. Il aurait inventé le gros plan, le travelling, le panoramique, aurait été le premier à faire des films en couleurs et sonorisés. Le film est émaillé d'interventions (l'acteur Sam Neill, le producteur Harvey Weinstein, Jackson lui-même, le spécialiste de cinéma Leonard Maltin), et quand il a été diffusé à la TV en Nouvelle-Zélande, a été montré vraiment comme un vrai documentaire. On a découvert par la suite que c'était une supercherie, un faux, un coup génial à la Guerre Des Mondes d'Orson Welles (émission de radio des années 40 qui, par la manière dont Welles la fit, de manière très réaliste, fut prise pour argent comptant par les USA, pris de panique à l'idée d'une invasion extraterrestre). Le canular a été pris très au sérieux, des journalistes et universitaires spécialisés dans le cinéma écrivirent à Jackson pour dire qu'ils connaissaient très bien McKenzie (histoire de se faire mousser) et il y eut une controverse dans le pays. Le film a été par la suite projeté (une fois la révélation du canular effectuée) dans divers festivals, avec succès. Une édition DVD existe, difficile à trouver. Comme on le voit sur l'affiche ci-dessus, elle est sortie tardivement, vu l'allusion au Seigneur Des Anneaux (2001/2002/2003) !

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1996 : Jackson réalise son dernier 'petit' film, si on peut dire, avant une pause de 6 ans au cours de laquelle il s'attellera à un projet fou qui, contre toute atente, aboutira. Mais en attendant, il réalise Fantômes Contre Fantômes, comédie fantastique géniale interprétée par Michael J. Fox, Jeffrey Combs, Trini Alvarado, John Astin, Jake Busey, Chi McBride, Dee Wallace-Stone, R. Lee Ermey et Peter Dobson. Tourné en Nouvelle-Zélande, le film se passe en Californie, en 1990. Frank Bannister, un ancien architecte, est devenu médium suite à la mort de sa femme, pour laquelle il se sent le seul responsable. Il peut voir les fantômes (et 'vit' avec quelques fantômes, d'ailleurs, dans une maison inachevée) et en profite pour arnaquer ses clients : il fait hanter des maisons par ses amis spectres, puis déboule pour les chasser, contre salaire. Mais un fantôme d'un genre particulier, aux apparence de Faucheuse, sème la panique en ville : il tue (les causes de la mort semblent être un arrêt cardiaque ; c'est la faux du spectre qui fauche ses victimes), et ses victimes semblent préalablement choisies (un juge, notamment). Bannister va découvrir que ce spectre semble être le fantôme de Johnny Bartlett, un serial killer responsable, avec sa petite amie, d'un vrai carnage dans les années 60, et qui fut exécuté (sa petite amie, jugée complice, vit toujours, libérée, mais recluse chez elle). Même mort, il tue encore... N'ayant obtenu, hélas, que peu de succès à sa sortie (en France, je me souviens, ce fut très disret, Michael J. Fox était déjà un peu has-been), le film est à redécouvrir tant il est réussi. Michael J. Fox est dans un de ses meilleurs rôles, les effets spéciaux sont à tomber (la Faucheuse est, visuellement, un avant-goût des futurs Nazguls du Seigneur Des Anneaux...ou des Détraqueurs des films Harry Potter), Jeffrey Combs, dans le rôle d'un agent du FBI psychologiquement perturbé à cause de ses précédentes missions d'infiltration au sein de sectes type Manson, est hilarant et angoissant en même temps... Avec ses allusions à d'autres films (R. Lee Ermey joue le fantôme d'un militaire qui est très similaire à son rôle de sergent-instructeur dans Full Metal Jacket) et son atmosphère à la fois bon enfant et très sombre, le film est un classique méconnu. Une sorte de S.O.S. Fantômes pour adultes. 

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On arrive à un gros morceau. Quand Peter Jackson, fan du roman depuis son adolescence, annoncera vouloir adapter Le Seigneur Des Anneaux de J.R.R. Tolkien, on le prendra un peu pour un fou. John Boorman avait, en 1970, envisagé de faire le film, sans succès. Et Ralph Bashki, en 1978, en fit un dessin animé (qui n'adapte que la moitié du roman, jusqu'à la moitié des Deux Tours, l'autre partie fut abandonnée suite au bide commercial du film) visuellement moyen, mais courageux. Mais Jackson a tenu bon, et a passé une bonne partie des 6 ans qui séparent son précédent film de la sortie du premier volet de sa trilogie (car il annoncera rapidement vouloir faire trois films, un par livre du roman) à préparer et tourner Le Seigneur Des Anneaux. Les trois films, longs de 3h chacun (3h20 pour le dernier) pour leurs versions courtes (rajoutez une heure par film pour les versions longues, sublimes, mais les versions courtes, déjà, sont parfaites), sont sortis en décembre des années 2001, 2002 et 2003 pour, respectivement, donc, La Communauté De L'Anneau, Les Deux Tours et Le Retour Du Roi. Effets spéciaux et décors à tomber (le film, car les trois volets sont en réalité un seul et même film, a été tourné en Nouvelle-Zélande), musique sublime de Howard Shore, acteurs parfaits (Elijah Wood, Sean Astin, Ian McKellen, Viggo Mortensen, Cate Blanchett, Sean Bean, Orlando Bloom, Ian Holm, Christopher Lee, Andy Serkis, Liv Tyler, Hugo Weaving, John Rhys-Davies, Brad Dourif, j'en passe...) et surtout adaptation fidèle au roman. On notera cependant que Jackon a choisi de ne pas adapter deux passages du roman : le séjour des Hobbits chez Tom Bombadil au début de l'histoire et le 'nettoyage' de la Comté, dans le final (les Hobbits, de retour chez eux, découvrent que la Comté est tombée sous la coupe d'un brigand du nom de Sharcoux, et vont lever une armée de hobbits volontaires pour le chasser du pays), deux passages un peu longuets qui ne servent pas à grand chose. Certains passages situés dans un des livres du roman sont, dans les films, situés ailleurs (Arachné est dans Les Deux Tours dans le roman, dans Le Retour Du Roi dans le film), ce qui s'explique en fonction du rythme de l'intrigue, et ne gêne franchement pas du tout. Une trilogie parfaire, sublime, l'oeuvre majeure de Jackson, qui a réussi son pari, les trois volets seront tous couronnés d'Oscars (si on considère les trois volets comme un seul et même film, alors le record du nombre d'Oscars pour un seul et même film est largement battu). Je me souviens de ma crainte, au moment d'aller voir le premier volet en 2001 : crainte que le film n'adapte pas bien le roman (dont je suis grand fan depuis toujours et que je relis régulièrement), crainte que ça soit mauvais. Trois heures plus tard, le soulagement fut immense. Ma joie aussi. Un rêve réalisé. 

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Deux ans après avoir sorti le dernier volet de sa trilogie (les films ont en revanche été tournés en même temps, un long tournage), Jackson sort son prochain film, son premier film en 4 ans en fait. Encore une fois, c'est un projet un peu fou, un rêve de gosse, qu'il accomplit : King Kong. Fan du film de 1933 qui, je l'ai dit plus haut, lui a donné l'amour du cinéma (je ne sais pas, en revanche, ce qu'il a pensé du remake de 1976 que j'ai réabordé ici l'autre jour), Jackson a fait, ici, un film magnifique, 3 heures de grand spectacle interprété par Naomi Watts, Adrien Brody et Jack Black, film dans lequel l'action se resitue dans les années 30 et parle d'une équipe de tournage de cinéma partie faire un film sur une île lointaine dans l'océan Indien (comme le film de 1933, évidemment, mais pas comme celui de 1976 qui se passe dans les années 70 et parle de gisement pétrolifère et d'une société de pétrole partie chercher ce filon, sur la fameuse île). Andy Serkis, acteur spécialisé dans les rôles de ce genre, joue Kong, sous des capteurs. Le rendu est à tomber, très réaliste (c'est la première version de King Kong où le singe, un gorille gigantesque, se déplace comme un gorille, c'est à dire à quatre pattes, et pas debout comme un homme-singe), le singe ayant des expression faciales d'un humanisme souvent troublant. Parfois très drôle (l'embouteillage de dinosaures, la scène du lac gelé), parfois sombre, le film est parfait, visuellement et, dans l'ensemble, artistiquement, même si le final semble un peu expédié (au bout de 2h30, le singe est à New York ; le film dure 3 heures). Mais c'est bien le seul défaut d'un film, mis à part ça, sublime et réussi. 

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En 2009, Jackson sort son premier film à budget restreint (par rapport aux grosses machines que furent ses deux précédents films), Lovely Bones. Adaptation d'un roman d'Alice Sebold, le film est un drame fantastique déchirant qui raconte l'histoire d'une adolescente lambda, Susie, qui, en rentrant de l'école, se fait assassiner. Elle se retrouve au Paradis, ou ça y ressemble, et peut y voir ce qui se passe sur Terre : le désespoir de ses parents, sa famille qui, suite à ce drame, se déchire (la mère se barre, les frères et soeus se renferment sur eux-mêmes, le père va mener son enquête pour retrouver l'assassin de Susie). Film sur la vie après la mort et le deuil, c'est une oeuvre douloureuse, dure et poétique, sensible et déchirante, qu'il vaut mieux éviter de regarder quand on vient de subir une perte, car ça ne vous aidera pas forcément à aller mieux (mais ça peut quand même y participer, allez savoir). Interprété par Saoirse Renan, Mark Walhberg, Rachel Weisz, Stanley Tucci et Susan Sarandon, le film ne fera pas autant d'entrées que les deux précédents films (et le suivant !) de Jackson, mais est une perle plutôt méconnue, à redécouvrir. Deux ans plus tard, Jackson collabore activement avec Steven Spielberg et réalise, avec lui, Les Aventures De Tintin : Le Secret De La Licorne, premier des trois films que les deux réalisateurs envisagent de faire (Spielberg devrait faire un film et Jackson un autre ; le second volet tarde à venir, s'il se fait un jour). Visuellement à tomber par terre, le film a été tourné avec acteurs (Jamie Bell, Andy Serkis, Daniel Craig...Gad Elmaleh, aussi !) et retravaillé en animation. Visuellement, rien à dire, surtout en salles et en 3D (j'ai eu la chance de le voir ainsi). Scénaristiquement parlant, c'est un amalgame entre plusieurs albums, ce qui gêne toujours énormément le tintinophile que je suis, et c'est un peu trop 'grosse machine hollywoodienne' parfois (le final avec la grue, la course-poursuite vertigineuse). On notera que le méchant, joué par Craig, a les traits de Spielberg, un petit kif personnel rigolo. Au final, c'est à la fois super bien foutu et très frustrant, je ne suis pas certain de totalement aimer, mais niveau divertissement, c'est du lourd !

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On arrive enfin à ce qui, pour le moment, achève la filmographie de Jackson : une autre trilogie, celle du Hobbit. Adaptation du roman de J.R.R. Tolkien Bilbo Le Hobbit (écrit une vingtaine d'années avant Le Seigneur Des Anneaux), un roman très court de 300 pages, cette trilogie a eu droit à une gesttion compliquée. A la base, ça aurait du être deux films, réalisés par Guillermo Del Toro (mais produits par Jackson). Puis Jackson a finalement repris le rôle de réalisateur, et de deux films, c'est passé à trois. Deux films de 3 heures (à peu près) et un, le dernier, de 2h25. Il existe aussi des versions longues, que je n'ai pas vues. Ces trois films sont sortis en décembre 2012, 2013 et 2014 et s'appellent respectivement Un Voyage Inattendu, La Désolation De Smaug et La Bataille Des Cinq Armées. Visuellement aussi splendides que ceux de la précédente trilogie (qui se passe après celle-ci), et même peut-être un peu plus car ils ont été tournés en 3D, ces trois volets du Hobbit sont cependant moins glorieux, tout en étant sublimes. Le roman est si court que trois films, surtout aussi longs, c'est trop (de fait, tout ce qui concerne les Orques est absent du roman, ainsi que les intrigues politiques de Lacville). Les acteurs sont parfaits, mention spéciale à Martin Freeman qui campe un Bilbon imparable. Richard Armitage (Thorin Ecu-de-Chêne) est parfait aussi, et on retrouve Ian McKellen, Cate Blanchett, Christopher Lee et Hugo Weaving (Orlando Bloom aussi) notamment. L'histoire  ? Un Hobbit paisible est plus ou moins forcé de tenir compagnie à une bande de Nains bien décidés à reconquérir leur royaume, dont ils furent chassés bien des années plus tôt par Smaug un dragon qui a envahi leur territoire... Vont suivre une série de péripéties au cours desquelles, notamment, Bilbon va découvrir un bien curieux anneau, qui n'est autre que l'Anneau. Quand Tolkien a écrit ce roman, il n'imaginait pas que cet anneau serait la base de son futur roman-fleuve écrit 20 ans plus tard. Cette trilogie un peu longuette mais visuellement intouchable est la préquelle de l'autre trilogie, et si je préfèrerai de loin, toujours, l'autre trilogie, c'est tout de même un autre jalon (couronné de succès) dans la filmographie de Jackson.