Martin-Scorsese

Pour ce nouvel épisode de "Un Oeil Sur...", on va parler d'un réalisateur mythique, toujours en activité : Martin Scorsese. Né à New York en 1942, de parents d'origine sicilienne, Scorsese est, donc, italo-américain, et ses origines vont, tout du moins dans ses premiers films, souvent ressortir en fil rouge. Ce grand fan de rock (les bandes originales de ses films sont souvent parsemées de chansons rock) a aussi, tout du long de sa carrière, réalisé quelques films ou documentaires sur la musique. Son goût pour le cinéma lui vient de ses parents, qui étaient tous deux acteurs et qui l'emmenaient souvent au cinéma pour compenser le fait que, du fait d'une constitution un peu frêle et d'un asthme récurrent, Scorsese ne pouvait faire de sport. Mais c'est dans la religion qu'il se destinait à la base : en 1956, il entre au séminaire, pour devenir prêtre (il est catholique) mais, étant âgé de 14 ans, on le juge trop jeune (et aussi un peu trop indiscipliné) pour le séminaire. Il termine ses études, intègre l'Université de New York, obtient une maîtrise en cinéma en 1966 et enseignera même, entre 1968 et 1970, dans ces lieux. Il réalise plusieurs courts-métrages, notamment, en 1967, The Big Shave, qui montre un homme se rasant jusqu'au sang, et qui sera considéré comme une métaphore des USA s'enfonçant dans le bourbier vietnamien. La fin de ce film très court (5 minutes) est sans équivoque avec la mention 'Viet' '67'. 

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La même année, il réalise son premier long-métrage, qu'il a en fait mis plus de deux ans à faire. Il s'appelle Who's That Knocking At My Door, est aussi connu sous le titre de I Call First, et a été tourné en noir & blanc. On y trouve, déjà, un acteur qui sera un de ses premiers fidèles : Harvey Keitel. On y trouve aussi Zina Bethune, Anne Colette (une actrice française dont ce sera un des derniers films), Scorsese lui-même dans un petit rôle de gangster, non-crédité, et sa mère, dans le rôle de la mère du héros. Le film, parfois expérimental (la scène de sexe à trois), racontel'histoire d'un jeune magouilleur, J.R., qui vit dans le quartier de Little Italy, à New York. Il rencontre un jour Susan, une jeune femme dont il tombe amoureux, et qu'il veut épouser. Apprenant qu'elle a été victie d'un viol, il commet la pire chose qu'un homme peut faire dans ce cas-là : il la repousse, comme si elle était responsable de ce drame. Mais il ne peut s'empêcher de penser à elle, tout le temps... Le film, parfois expérimental comme je l'ai dit, et contenant quelques scènes de sexe qui auraient été plus ou moins imposées par le distributeur du film, qui voulait surfer sur la vague de Sexploitation (ces films non-pornographiques mais remplis de nudité). Harvey Keitel, alors totalement inconnu, est très bon, mais sera meilleur par la suite. Dans l'ensemble, ce film, qui (je crois) ne sortira en France que 30 ans après sa réalisation (je parle de sortie en salles), n'est pas un mauvais cru de Scorsese, mais ce n'est pas un de ses meilleurs films. Une curiosité. A noter que malgré le titre en interrogation, il n'y à pas de point d'interrogation dans le titre, car, selon une croyance dans le milieu du cinéma, ça porterait malheur ! A noter aussi le nom de la personne chargée du montage du film : Thelma Schoonmaker, déjà collaboratrice de Scorsese, et qui, dès le début des années 80, sera indissociable du réalisateur. 

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Il faut attendre 1972 pour le deuxième film de Scorsese (comme je l'ai dit plus haut, entre 1968 et 1970, il a enseigné). Premier de ses films tourné en couleurs, il s'appelle Bertha Boxcar (le titre original est inversé : Boxcar Bertha) et est interprété par Barbara Hershey, David Carradine (les deux étaient en couple à l'époque du tournage), Barry Primus, John Carradine (père de David, mais aussi de deux autres acteurs : Keith et Robert ; il ne joue pas le rôle du père du personnage joué, dans le film, par son fils), Bernie Casey et Harry Northup, ce dernier jouait déjà un rôle dans le précédent film de Scorsese. Le film se passe dans les années 30, en pleine Prohibition et Grande Dépression, l'époque de Bonnie & Clyde, de L'Arnaque, de Nous Sommes Tous Des Voleurs. Encore une fois peu avare en scènes de sexe, le film raconte l'histoire d'une jeune femme qui, après avoir vu son père mourir, sous ses yeux, de fatigue (harcelé au travail par son patron), va errer dans les USA, en compagnie de son partenaire, et devenir criminelle (voleuse dans les trains, puis, par un sinistre concours de circonstances, meurtrière) et se trouver recherchée par la police. Le film, une production AIP (American International Pictures, compagnie de cinéma à petit budget qui était essentiellement spécialisée dans le cinéma d'horreur), produite notamment par Roger Corman, est à la base une idée de Corman, qui avait fait, en 1970, un film similaire du nom de Bloody Mama et voulait en faire une sorte de suite. Le film, que Scorsese a mis un an à faire, est très bon dans son genre, mais n'est pas représentatif de Scorsese. Pour l'anecdote, en voyant le film à l'époque en compagnie du réalisateur, John Cassavetes (aussi réalisateur) dira à Scorsese que le film ne le mérite pas, qu'il vaut mieux que ceux qui l'ont produit, et qu'il faut absolument qu'il fasse quelque chose de différent. Conseil retenu, vu le film suivant du réalisateur, qui va complètement lancer le mythe scorsesien.

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Le film suivant, sorti en 1973, c'est en effet Mean Streets. Sorti en France trois ans plus tard, avec une affiche (ci-dessus) jouant sur la popularité nouvelle de Robert De Niro, le film est donc interprété par De Niro, qui marque sa première collaboration avec le réalisateur, mais aussi par Harvey Keitel (en fait l'acteur principal du film), David Proval, Richard Romanus, Scorsese lui-même, Cesare Danova, David et Robert Carradine, Harry Northup et George Memmoli. Le film se passe dans le quartier de Little Italy à New York et on y suit l'histoire de deux jeunes hommes, Charlie et Johnny Boy, deux paumés qui sont décidés à se faire un nom dans le monde de la pègre. Johnny Boy est du genre impétueux, un vrai chien fou, et doit de l'argent à tout le monde. Il n'est pas vraiment respecté en raison de son comportement un peu puéril. Charlie, lui, dont l'oncle est bien intégré dans la mafia, est digne de confiance, il dirigera sans doute un restaurant un jour, et il est, surtout, très imprégné de religion (catholique). Charlie, par amitié par Johnny Boy, le protège, le couvre, le défend, au risque de se condamner lui-même. N'ayant été doublé en VF qu'en 2002 à l'occasion de sa sortie DVD, le film est une belle réussite, réalisée avec peu de moyens, mais quand même avec maîtrise. Scorsese a engagé De Niro (originaire, comme lui, de Little Italy) après l'avoir rencontré à une soirée chez Brian De Palma (De Niro a joué dans deux des premiers films du réalisateur) et les deux sont devenus amis. Le film est parsemé de chansons pop et rock (Ronettes, Rolling Stones), et marque vraiment le début de la carrière du réalisateur, bien qu'étant son troisième film. Mais c'est son premier film important. 

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En 1974, Scorsese réalise Alice N'Est Plus Ici. Le film est interprété par Ellen Burstyn (alors popularisée par son rôle dans L'Exorciste, elle y jouait le rôle de la mère de Regan), Kris Kristofferson, Harvey Keitel, Alfred Lutter III, une toute jeune (12 ans) Jodie Foster, Diane Ladd, et à nouveau (toujours dans un petit rôle) Harry Northup. L'histoire d'une jeune femme dans la trentaine, malheureuse dans sa vie (femme au foyer, mère, elle est ignorée par son mari, qui se comporte mal avec leur enfant). Après la mort subite de son mari, Alice décide de se prendre en main, et sa vie va radicalement changer : elle quitte la ville avec son fils, dans l'espoir d'accomplir son rêve de toujours, devenir chanteuse en Californie... Les acteurs sont excellents (Scorsese, comme à son habitude, fait une apparition non-créditée ; la toute jeune fille de Diane Ladd, Laura Dern, future héroïne de Jurassic Park, aussi), notamment Burstyn (dans un rôle proposé au départ à Shirley MacLaine, qui refusera, et regrettera, par la suite, d'avoir refusé) et Kristofferson (un acteur et chanteur de country vu notamment dans quelques films de Peckinpah). Pas non plus le meilleur de Scorsese, c'est un très bon film, qui ne prépare pas du tout à ce que sera son oeuvre suivante, qui a surpris tout le monde. A noter qu'une série TV, deux ans plus tard, sera faite, inspirée par le film. 

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En 1976, Scorsese frappe en effet un gros coup avec Taxi Driver. Mythique, le film, qui a remporté la Palme d'Or à Cannes en 1976, est écrit par Paul Schrader et est interprété par Robert De Niro, Cibyll Shepherd, Havey Keitel, Jodie Foster, Peter Boyle, Scorsese lui-même dans un petit rôle qui, cependant est assez marquant, et Leonard Harris. Le film se passe à New York et raconte l'histoire de Travi Bickle, un vétéran revenu traumatisé du Vietnam, chauffeur de taxi insomniaque, solitaire, à la vie sentimentale chaotique. Il fait la connaissance d'une jeune femme, Betsy, qui travaille comme assistante pour un sénateur en campagne pour la présidentielle, mais qui va le repousser suite à une gaffe (il l'emmène au cinéma, voir un porno). De plus en plus seul, il achète, un jour, sur une impulsion, des armes, avec sans doute comme intention de faire un carton sur le sénateur. Mais sa rencontre avec une jeune prostituée mineure sous la coupe d'un proxènète lui donne l'envie d'essayer de la sauver de cette vie... Inspiré en partie du livre (une autobiographie) d'Arthur Bremer, un homme ayant voulu tuer le sénateur Wallace et ayant été envoyé en prison pour ça (Wallace, blessé, survivra), le film est interprété à la perfection par un De Niro absolument monumental. Si la fameuse scène du miroir ("You're talkin' to me ?") est ce que l'on cite, souvent, pour parler du film, Taxi Driver est, du début à la fin, un des sommets du cinéma américain, du cinéma tout court. Un chef d'oeuvre absolu, parfois dur (interdit aux moins de 16 ans à sa sortie, désormais interdit aux moins de 12 ans), très sombre, mais essentiel. A noter, la musique est signée Bernard Herrmann, fameux compositeur qui était souvent associé aux films d'Hitchcock. 

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En 1977, un Scorsese désormais bien établi grâce à son succès commercial et critique pour son précédent film va, hélas pour lui, connaître son premier bide : New York, New York. Interprété par Liza Minelli et Robert De Niro (aussi par Lionel Stander, Barry Primus, Mary Kay Place et Clarence Clemons, ce dernier était saxophoniste du E Street Band de Springsteen), le film, assez long (2h30), se passe dans le New York de l'immédiat après-guerre. Dans une boîte de jazz, un homme drague (et se fait jeter) à plusieurs reprises Francine, qui finit par s'amouracher de lui. Ils se découvrent une passion commune pour le jazz, il devient saxophoniste, elle chanteuse, et vont vivre ensemble tout en menant une carrière musicale. Leur vie sentimentale va être plutôt du genre houleuse, des hauts et des bas, mais ils finiront par remporter le succès. Cependant, alors que Francine tombe enceinte de lui, Jimmy la quitte sans reconnaître l'enfant. Des années plus tard, ils se retrouveront... La chanson du film (elle a été écrite pour le film, et sera par la suite reprise par Sinatra, notamment), qui lui doit son nom, est mythique. Le film, qui plaira aux amateur de jazz, est très réussi, sans être un chef d'oeuvre. De Niro est parfait, Liza Minelli chante bien (pléonasme). Le film, cependant, ne sera pas un gros succès, en partie parce qu'après un film tel que Taxi Driver, on attendait sans doute autre chose de la part de Scorsese. Mais c'est un très bon film dans son genre ! Un an plus tard, en 1978, Scorsese nous offre son premier film musical, The Last Waltz. Tourné en 1976 à l'occasion du dernier concert (un concert du genre fleuve, donné au Winterland Ballroom de San Francisco) du groupe de rock The Band (qui joua avec Bob Dylan), qui à l'occasion invita tous ses amis à jouer avec eux (Dylan, Eric Clapton, Van Morrison, Muddy Waters, Neil Young, Joni Mitchell, Dr John, Neil Diamond, Ronnie Hawkins, Bobby Charles qui pour des raisons obscures a été viré du film, et avec la participation musicale de Ron Wood et Ringo Starr, et celle, en studio, d'Emmylou Harris), le film est un triomphe. Alternance entre interviews et séquences live, sobrement mais efficacement réalisé, le film est un des meilleurs du genre. La bande-son (un triple vinyle à l'époque) est tout aussi essentiel. Immense et intouchable. 

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Deux ans plus tard, en 1980 donc, voici venue la quatrième collaboration entre le réalisateur et Robert De Niro : Raging Bull. Aussi interprété par Joe Pesci (dont on n'entend plus trop parler depuis quelques années, au passage), Cathy Moriarty, Frank Vincent et Nicholas Colasanto (Scorsese joue un petit rôle, John Turturro, non crédité et à l'époque totalement inconnu, aussi), le film se base sur l'autobiographie du boxeur américain (d'origine italienne) Jake La Motta, mort l'an dernier. Un personnage bigger than life qui aurait flirté avec la pègre (disons qu'il avait des relations douteuses), est devenu un champion de boxe catégorie poids moyen, a connu la gloire, puis une grosse, grosse chute (il a fini sa vie professionnelle comme gérant d'un night-club dans lequel il faisait des one-man-shows condescendants). Tourné en noir & blanc hormis une séquence en couleurs servant de résumé d'une partie de la vie de La Motta, le film est magistralement interprété par De Niro, qui prendra une trentaine de kilos pour le rôle (pour jouer La Motta en fin de parcours) et s'entraînera à la boxe. Une performance d'acteur incroyable (jamais plus l'acteur ne voudra récidiver pareille performance : prendre autant de poids pour un rôle !). Le film est culte (la fameuse réplique "You fucked my wife ?", une des plus célèbres du cinéma), parfait de bout en bout. Un triomphe. Le film sera cependant un succès moyen à sa sortie, il ne deviendra culte que plus tard. Scorsese dira par la suite qu'en lui proposant de faire ce film, De Niro lui avait probablement sauvé la vie : Scorsese, accro à la coke à l'époque, sortait d'une hospitalisation suite à ses abus, et faire ce film lui a permis de reprendre pied. Autre anecdote : en voyant le film, le vrai La Motta s'est rendu compte qu'il n'avait pas été une très belle personne, humainement parlant. Il aurait demandé à son ex-femme s'il était comme ça autrefois, et elle lui aurait répondu : non, tu étais encore pire que ça !

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Scorsese ne refera un film qu'en 1983. Ca sera La Valse Des Pantins, cinquième collaboration avec De Niro, film qui, hélas pour Scorsese, sera un de ses plus gros échecs commerciaux (et son plus gros bide à l'époque). Bien reçu par la presse, le film foirera en salles, car on ne s'attendait probablement pas à un film de ce genre de la part de Scorsese et de son acteur désormais fétiche. Le film est interprété aussi par Jerry Lewis, Diahnne Abbott (qui était alors mariée avec De Niro), Sandra Bernhard, Liza Minelli (dans son propre rôle), Scorsese (dans une petite apparition, ainsi que son père), trois des membres du groupe punk The Clash (Mick Jones, Joe Strummer, Paul Simonon), Ellen Foley et Don Letts. Mary Elizabeth Mastrantonio apparaît, non créditée. Le film parle d'un homme persuadé d'être drôle et dont le rêve est de devenir un grand comique à la TV. Un soir, à la sortie de l'enregistrement de l'émission du comique vedette Jerry Langford, il parvient à l'approcher et va, dès lors, le harceler pour qu'il lui mette le pied à l'étrier. Il va même aller jusqu'à l'enlever pour l'obliger à le faire passer dans son show télévisuel... Le film est très bon, en grande partie grâce à ses deux acteurs principaux. A noter que pour la séquence où De Niro s'introduit dans la maison de Lewis, il proféra des insultes antisémites afin de le mettre en colère, et le résultat est parfait tant Jerry Lewis, qui ne s'attendait pas à ce genre de méthode, semble vraiment fou de rage dans la séquence ! Deux ans plus tard, Scorsese réalise After Hours, un film interprété par Griffin Dunne, Rosanna Arquette, Verna Bloom, Tommy Chong et Cheech Marin (le fameux duo comique Cheech & Chong), Linda Fiorentino, Teri Garr, John Heard et Will Patton. Bien entendu, Scorsese fait, comme à son habitude, une courte apparition. Comédie, le film est assez à part dans la filmographie de Scorsese, qui ne s'est pas souvent intéressé à ce genre cinématographique (loin de là, même). Le film marchera bien mais ne sera pas très bien reçu par la critique. Il est cependant considéré comme sous-estimé désormais. L'histoire ? Un jeune homme timide, un soir, dans un snack, est abordé par une charmante jeune femme qui lui laisse ses coordonnées, étant fan du même romancier que lui (il lit un roman de Henry Miller à ce moment). C'est, pour lui, le début d'une soirée qui va être un vrai cauchemar délirant... Un très bon film, mais pas un de ses meilleurs. Pas un de mes préférés non plus, en tout cas !

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En 1961, Paul Newman interprète un de ses meilleurs rôles dans L'Arnaqueur de Robert Rossen. En 1986, Martin Scorsese lui propose de reprendre ce rôle de 'Fast' Eddie Felson pour La Couleur De L'Argent, film qui est l'adaptation du roman du même nom, lequel roman est la suite de L'Arnaqueur (qui était lui-même une adaptation de roman). Le film est donc interprété par Newman, mais aussi et surtout par Tom Cruise, alors déjà auréolé du succès de Top Gun. On y trouve aussi Mary Elizabeth Mastrantonio, John Turturro, Helen Shaver, Forest Whitaker, et dans un petit rôle, Iggy Pop ! Le film tourne autour du billard. 'Fast' Eddie, ancien joueur de billard, s'est retiré sous la pression de gangsters. Il fait la connaissance de Vincent, un jeune joueur, très prometteur, dans lequel il se reconnaît, et qu'il va prendre sous son aile afin de lui enseigner tous ses trucs et de le faire devenir, comme il l'était, un arnaqueur pro... Moins réussi que l'original, La Couleur De L'Argent est tout de même un bon film, très bien interprété par son duo de stars (l'ancienne star et la nouvelle, ce qui fait une belle affiche). Après le semi-bide de ces deux-trois précédents films (qui soit n'ont pas bien marché, soit n'ont pas bien été reçus par la presse), le film marchera bien et sera bien reçu. Ce qui ne sera pas vraiment le cas du film suivant, sorti en 1988, adaptation d'un roman : La Dernière Tentation Du Christ. Film magistral mis en musique par Peter Gabriel, le film sera l'objet d'un gros scandale (on parle de salles de cinéma incendiées, d'émeutes, de menaces de mort...). Le film parle de la vie de Jésus, mais n'adapte pas la Bible. Jésus y est en couple avec Marie-Madeleine, il doute, c'est avant toutes choses un homme, dans le film. Le film est interprété par Willem Dafoe, Barbara Hershey, David Bowie, Harvey Keitel, Harry Dean Stanton, Verna Bloom, Roberts Blossom, John Lurie et Irvin Kershner (un réalisateur, c'est lui qui a fait L'Empire Contre-Attaque). Certains ont pu trouver le film choquant, c'est en tout cas un des meilleurs films du réalisateur. Quand Mel Gibson fera son film sur Jésus, La Passion Du Christ, il connaîtra des retours à peu près aussi violents.

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L'année suivante, Scorsese réalise un des trois segments du film à sketches New York Stories, sur sa ville de coeur (Woody Allen en fait un aussi). Et encore un an plus tard, on est alors en 1990, Scorsese réalise Les Affranchis. C'est la sixième collaboration avec Robert De Niro, et le film est aussi interprété par Ray Liotta (révélé par le film), Joe Pesci, Lorraine Braco, Paul Sorvino, Mike Starr et Samuel L. Jackson dans un rôle secondaire. Le film se base sur un livre de Nicholas Pileggi, un journaliste spécialisé dans la mafia, et raconte la vie d'un homme, Henry Hill, et de sa montée dans la mafia...jusqu'à ce qu'il décide de parler au FBI et devienne un homme condamné par ses pairs. Les acteurs sont absolument à tomber (Pesci, dans le rôle de l'irascible Tommy DeVito, à la fois drôle et terrifiant, est dans un de ses meilleurs rôles, si ce n'est son meilleur, il a eu l'Oscar pour l'occasion ; il y aurait dans les 200 fois le mot 'fuck' dans le film, la majeure partie des fois seraient prononcées par son personnage !), la bande-son est un enchaînement de chansons pop/rock et soul (Crystals, Shangri-Las, Rolling Stones, Cream, Ronettes, Johnny Mathis, Mudddy Waters, Sid Vicious, George Harrison, Aretha Franklin, Tony Bennett, The Cleftones...) dans la plus pure tradition scorsesienne... Le film est un des meilleurs, voire le meilleur, sur la mafia italo-américaine. Un classique absolu à voir à tout prix, et le meilleur de Scorsese depuis Raging Bull, au moment de sa sortie. 

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Un an plus tard, en 1991, Scorsese réalise le remake des Nerfs A Vif. Le film original était interprété par Gregory Peck et Robert Mitchum et était signé Jack Lee Thompson et datait de 1962. Dans ce remake, on trouve Robert De Niro (septième collaboration), Nick Nolte, Jessica Lange, Juliette Lewis, Robert Mitchum, Gregory Peck, Fred Dalton Thompson et Martin Balsam (qui, comme Mitchum et Peck, jouait dans l'original en 1962). L'histoire ? Max Cady, après avoir purgé une peine de 14 ans de prison pour viol sur mineure, sort. Son ancien avocat, Bowden, intérieurement révolté par le crime de son client, a fait, au moment du procès, volontairement disparaître une pièce du dossier qui aurait pu lui permettre d'obtenir des circonstances atténuantes (ce n'était pas vraiment un viol, Cady et sa victime se connaissaient intimement) et donc, une peine allégée. Cady ne le savait pas à l'époque, mais l'a appris par la suite, et à sa sortie, il n'a qu'une envie, faire payer son avocat pour l'avoir si mal défendu. Il va faire de sa vie un enfer psychologique... Le film original (Mitchum jouait Cady, Peck son ancien avocat) était excellent, ce remake, qui devait à la base être fait par Spielberg qui préfèrera préparer La Liste De Schindler, est un bon remake. De Niro est parfait dans le rôle principal, Nolte est très bon. Ce n'est ni le meilleur Scorsese ni le meilleur film qu'il a fait avec son acteur fétiche, mais c'est vraiment très bien. Deux ans plus tard, Scorsese réalise Le Temps De L'Innocence, un de ses films les moins connus, qui ne sera pas un gros succès (pas un bide retentissant non plus) et est adapté d'un roman d'Edith Wharton (1920). Le film est interprété par Daniel Day-Lewis, Winona Ryder, Michelle Pfeiffer, Geraldine Chaplin, Mary Beth Hurt et Jonathan Pryce et se passe dans les années 1870 aux USA. Alors qu'il s'apprête à se marier, un jeune aristocrate apprend qu'une amie d'enfance, Ellen, est de retour à New York, et il va la prendre sous son aile pour l'aider à reprendre le cours de sa vie. Je ne suis pas vraiment fan de ce genre de film romantique, malgré l'excellence des acteurs. 

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En 1995, Scorsese revient en force : Casino. Ce film de 3 heures est un de ses meilleurs films, et sa huitième collaboration avec De Niro. Ca sera aussi sa dernière collaboration avec l'acteur jusqu'à l'année prochaine, vu que le film à venir de Scorsese est interprété par De Niro (et aussi Pesci et Keitel), une première en 24 ans. Le film est aussi interprété par Joe Pesci, Sharon Stone (qui a obtenu le Golden Globe pour son rôle), James Woods, Don Rickles, Kevin Pollak, L.Q. Jones (un des acteurs fétiches, toujours dans de petits rôles, de Sam Peckinpah) et Alan King. Le film se passe à Las Vegas et raconte la montée en puissance et les nombreuses rivalités de Sam 'Ace' Rothstein, envoyé, dans les années 70, par la mafia de Chicago pour gérer le Tangiers, un casino et hôtel luxueux géré en sous-main par le Syndicat des camionneurs. Ace va gérer ce caino avec son ami d'enfance, Nick, qui va cependant effectuer un virage à droite en virant de plus en plus dans la criminalité... Encore une fois mis en musique par un amoncellement de classiques (Rolling Stones, Moody Blues, Hoagy Carmichael, Harry Nilsson, Muddy Waters, Cream, The Animals, Little Richard, Louis Prima, Devo), le film, adapté d'un roman de Nicholas Pileggi qui a co-écrit, avec Scorsese, le scénario, est parfait, malgré sa longueur de 3 heures. Mais je trouve qu'elle passe vraiment très bien. Les acteurs sont excellents (Sharon Stone, dans son premier rôle d'envergure pour lequel on ne misait pas sur sa plastique, est dans son meilleur rôle, et Pesci aussi, à égalité avec son rôle dans Les Affranchis ; De Niro est comme à son habitude, impérial), la réalisation aussi. Un des sommets de Scorsese et peut-être mon préféré de lui. 

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Deux ans plus tard, Scorsese va nous offrir (je ne sais pas si le terme est bien choisi, vu le résultat) un de ses films les plus à part, voire même le plus atypique : Kundun. Ecrit par Melissa Mathison (qui fut à l'origine de E.T. L'Extra-Terrestre), le film, dédié à la mère de Scorsese qui est morte l'année de sa sortie en 1997, raconte la vie du 14ème Dalaï-Lama, né en 1935 sous le nom de Tenzin Gyatso. Bien que se passant au Tibet, le film a été tourné...au Maroc. Les acteurs sont tibétains, je ne vais pas les citer (sauf celui qui joue le Dalaï-Lama adulte : Tenzin Thuthob Tsarong) car ça ne servirait pas à grand chose. Le film a été tourné essentiellement en tibétain et mandarin, un peu en anglais aussi, et à la sortie du film, le gouvernement chinois interdira à Scorsese et Mathison d'entrer en Chine, et en voudront beaucoup à Disney, qui a distribué le film via Buena Vista International. Le film ne marchera pas bien et certains critiques estimeront le film manichéen (des Tibétains pieux et gentils, des Chinois méchants), même s'il est, aussi, dans ses intentions, sincères. Mais à moins d'être passionné par le sujet, on s'emmerdera pas mal à regarder le film. Pour moi, le moins bon du réalisateur. Deux ans plus tard, en 1999 donc, Scorsese adapte un roman de Joe Connelly. Le film, A Tombeau Ouvert, est interprété par Nicolas Cage, Patricia Arquette, Tom Sizemore, John Goodman, Ving Rhames et Marc Anthony et raconte la vie (en plusieurs nuits de service) d'un ambulancier travaillant, de nuit, dans le sinistre quartier new-yorkais de Hell's Kitchen, un homme meurtri par une vie personnelle chaotique, des abus divers (amphétamines ou alcool), dépressif voulant à tout prix bien faire son boulot, et hanté par un échec personnel. Il erre et travaille au milieu de paumés, drogués, prostituées, fous, clochards, accidentés, alcoolos et même criminels. Un film qui compte parmi les plus sombres et personnels (il a toujours été hanté par la culpabilité et le catholicisme ; l'hôpital où le "héros" travaille est Our Lady Of Perpetual Mercy) du réalisateur, un film quasiment métaphysique, pas super accueillant, pas commercial, mais touchant. Cage est dans un de ses meilleurs rôles, et ça veut tout dire, ici, il est juste incroyable, et le sera rarement par la suite, comme il l'a rarement été avant. Le film marchera moyennement bien mais aura de bonnes critiques. Un cru trop méconnu. 

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Bien connu, en revanche, est le film suivant de Marty, réalisé en 2002 : Gangs Of New York. Si Scorsese n'a plus rien fait avec De Niro depuis 1995 (en attendant l'année prochaine, j'en reparle en final d'article), c'est en 2002 qu'il a pour la première fois collaboré avec Leonardo Di Caprio, avec ce film dans lequel on trouve aussi Daniel Day-Lewis, Cameron Diaz, John C. Reilly, Henry Thomas (vous vous rappelez le gamin de E.T. L'Extra-Terrestre ? Oui, il a bien changé !), Jim Broadbent, Liam Neeson et Brendan Gleeson. Ce film de presque 3 heures tenait à coeur au réalisateur depuis des années. L'action de ce film parfois très violent (des séquences assez sanglantes) se passe à New York en 1846, dans le quartier (aujourd'hui, ce quartier n'existe plus, et se trouvait dans Manhattan) de Five Points et raconte, en gros, la lutte féroce, brutale, haineuse, que deux clans menaient l'un contre l'autre : les Natifs, menés par Bill le Boucher (Day-Lewis) et constitués d'Américains nés aux USA, de souche anglaise, et les Dead Rabbits, menés par le Prêtre (Liam Neeson), constitués d'immigrés irlandais. Le Prêtre est, au cours d'un combat, tué par le Boucher. Amsterdam Vallon (Di Caprio), fils du Prêtre, va alors chercher à venger sa mort. Le film, en filigrane, raconte comment l'Amérique s'est formée, en utilisant le quartier de Five Points comme microcosme. Un film remarquable, un des meilleurs du réalisateur, interprété par deux acteurs en grande forme. C'est un des films qui m'ont fait aimer le jeu d'acteur de Di Capro, je trouvais, au début, cet acteur surestimé, révélé par Titanic et ensuite devenu une sorte d'acteur à minettes. Mais dans ce film, il est bluffant, et il l'est aussi dans les autres films qu'il a faits pour Scorsese, ainsi que dans la majorité des films qu'il a faits par la suite (Inception, The Revenant, etc). Quelque part, on peut dire qu'il est devenu un meilleur acteur grâce à Scorsese. Enfin, c'est mon avis.

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D'ailleurs, le film suivant de Scorsese, qui est sorti en 2004, est aussi avec Di Caprio : Aviator. Encore une fois un film assez long (2h50 ; si cette durée ne se ressentait pas dans Gangs Of New York, ici, ça se ressent un petit peu, il faut le dire), il aborde la vie tumultueuse et incroyable de Howard Hughes, le fameux milliardaire américain un peu beaucoup cinglé (vers la fin de sa vie en tout cas), mort en 1976 à 70 ans. C'est Di Caprio qui interprète le rôle de Hughes, on trouve aussi Cate Blanchett, Kate Beckinsale, Alec Baldwin, Ian Holm, Adam Scott, Jude Law, Danny Huston, John C. Reilly, Alan Alda, Willem Dafoe et Kelli Garner. Le film se base sur la vie de Hughes à partir des années 30 jusqu'à la fin des années 40. Hughes a été aviateur (d'où le titre), constructeur aéronautique, producteur de cinéma, réalisateur, businessman dans le sens le plus large (et dans la dernière partie de sa vie, vivait reclus, se montrait peu), et un vrai homme à femmes. Il a aussi collaboré avec la CIA. Di Caprio est excellent dans le rôle, la distribution est dans l'ensemble excellente et la réalisation, scorsesienne en diable. Si ce n'est pas le plus grand film du réalisateur ni le meilleur film qu'il a fait avec l'acteur, Aviator n'en n'est pas moins une belle réussite dans la catégorie des biopics. Un an plus tard, en 2005, Scorsese réalise le documentaire No Direction Home sur Bob Dylan, qui aborde le début de carrière du Barde (le titre du documentaire est tiré des paroles de "Like A Rolling Stone"), une oeuvre imposante de plus de 3h20, une vraie somme sur le sujet, à rapprocher du plus court (et sorti en 1967) Don't Look Back de Pennebaker. Essentiel pour tout fan de Dylan.

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En 2006, Scorsese nous offre un remake, chose peu courante chez lui (rappelez-vous Les Nerfs A Vif, ceci dit) avec Les Infiltrés. Le film est un remake de Infernal Affairs, un film de Hong-Kong de 2002 (une trilogie de films, les deux autres sont de 2003). Le film est interprété par Leonardo Di Caprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Wahlberg, Martin Sheen, Ray Winstone, Alec Baldwin et James Badge Dale. Le film se passe à Boston et raconte l'histoire d'un flic infiltré dans la mafia irlandaise (Di Caprio) et d'un mafieux ayant intégré la police. Aucun des deux ne sait, du moins au départ, qu'il y à une taupe dans le clan adverse... Les acteurs sont, je sais que c'est chiant de le dire tout le temps mais c'est la vérité car Scorsese a toujours su remarquablement bien les diriger au fil de ses films, absolument gigantesques, mention spéciale à un Nicholson impérial, qui fut nominé aux Golden Globes mais n'a rien reçu, il aurait mérité l'Oscar. Le film a obtenu quatre statuettes dont meilleur réalisateur et meilleur film. C'est un film noir (le premier film de gangsters de Scorsese depuis Casino) haletant, encore une fois servi par une bande-son géniale qui entremêle Pink Floyd, Nas, John Lennon, les Beach Boys, Badfinger, le Allman Brothers Band, Patsy Cline et les Rolling Stones. Et à propos de ces derniers, deux ans plus tard, en 2008 donc, sort Shine A Light, concert filmé par Scorsese au Beacon Theatre de New York en octobre/novembre 2006. Concert gigantesque (entrecoupé d'images d'archives et de coulisses) au cours duquel le groupe fait venir trois invités (Jack White, Buddy Guy et Christina Aguilera) et interprète une setlist quasi parfaite (l'album "Some Girls" de 1978 est bien représenté, "Exile On Main St." aussi). Le retour de Scorsese au genre musical, qui fait enfin un film sur ce groupe mythique qui se trouve souvent utilisé dans les bande-sons de ses films. Essentiel. 

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2010 : nouvelle collaboration avec Leonardo Di Caprio. Shutter Island, adaptation du roman de Dennis Lehane, est aussi interprété par Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Max Von Sydow, Michele Williams, Emily Mortimer et Jackie Earle Haley. Thriller noir psychologique au retournement final insensé (ne comptez pas sur moi pour le révéler ici), il se passe dans les années 50, sur une petite île au large de Boston sur laquelle se trouve un asile d'aliénés. Deux Marshals, Teddy Daniels et Chuck Aule, se rendent sur place pour enquêter sur la disparition d'une patiente de l'asile. Or, vu la disposition des lieux, il semble impossible que Rachel Solando ait disparu, c'est une île, sauvage (mis à part l'asile et un phare, il n'y à rien) et on n'a retrouvé aucun corps dans la mer. Daniels et Aule vont mener leurs investigations dans ce décor de cauchemar, peuplé de dingues, et découvrir des tas de choses étranges... Shutter  Island est un film excellent, sans être le sommet du réalisateur, mais il distille (et sa bande-son, qui mêle du John Cage, du Penderecki et du Ingram Marshall, mais rien n'a été composé spécialement pour le film, en rajoute pas mal niveau ambiance) une atmosphère oppressante, quasi fantastique. Encore une fois, d'excellents acteurs. Une bonne adaptation du roman de Lehane (également auteur du roman ayant donné Mystic River d'Eastwood). En 2011, Scorsese sort deux films. Le premier, c'est le documentaire Living In The Material World, sur George Harrison, un film long (3h20 !) sur la vie et la carrière du Beatle, film destiné à la base à la télévision qui mais sortira dans certaines salles à l'occasion de festivals (et qui existe en DVD, évidemment). Le film a été fait en collaboration active avec la veuve de Harrison, Olivia, qui comme son fils Dhani (qui ressemble, physiquement et vocalement, comme une goutte d'eau à son père) et comme les amis musiciens de Harrison (McCartney, Ringo, Clapton, Yoko Ono, Jeff Lynne, les regrettés Tom Petty et George Martin), apparaissent dans le film. Remarquable. 

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La même année, Scorsese réalise un film pour la jeunesse, qui a été fait en 3D (une première pour lui, dans les deux cas) : Hugo Cabret. Il s'agit de l'adaptation d'un roman de Brian Selznick. Le film est interprété par Asa Butterfield, Chloë Grace Moretz, Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen, Jude Law et Christopher Lee dans un de ses derniers rôles (il jouera dans deux des trois volets de la trilogie du Hobbit de Peter Jackson et dans Dark Shadows de Tim Burton, entre 2011 et 2013, et est mort en 2015). L'action se passe vers les années 30, à Paris, et raconte l'histoire d'un petit garçon d'une dizaine d'années, qui vit avec son père, un simple horloger. A la suite d'un accident, il se retrouve seul, orphelin et se refugie dans une gare, se cachant derrière les grandes horloges, qu'il va entretenir. Son père travaillait à la restauration d'un automate mécanique et Hugo va continuer le travail, persuadé que son père à laissé, pour lui, un message dans l'automate (qui simule l'écriture)... Visuellement splendide, ce film inventif (je ne sais pas s'il adapte correctement le roman, je ne l'ai pas lu) est avant tout destiné aux enfants, mais un adulte prendra du plaisir à le regarder, même si on est évidemment loin des films habituels de Scorsese (même si c'est encore une fois une preuve du talent de caméléon du réalisateur, capable de faire des films noirs, des biopics, des films musicaux, des comédies et des films historiques, il faut quand même avouer que ce n'est pas à Scorsese que l'on penserait en premier pour faire un film pour enfants, plus à Spielberg - qui en a aussi fait un - ou Tim Burton - qui en a fait plusieurs). C'est un des Scorsese qui me plaît le moins, mais ce n'est pas un mauvais film pour autant. 

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En 2013, virage à droite avec un autre biopic, et une nouvelle collaboration (sa dernière à ce jour, ce qui en fait donc 5, loin d'égaler De Niro, mais tout de même) avec Di Caprio : Le Loup De Wall Street. Long de 3 heures, ce qui est un peu long quand même, ce film adapte le livre de Jordan Belfort, que joue Di Caprio. C'est une comédie totalement déchainée mais aussi et surtout une histoire vraie, celle de Jordan Belfort, un jeune trader qui, au cours des années 80, va connaître, grâce à des placements boursiers (et des malversations, surtout), la gloire et l'argent, mener une vie de dingue (alcool, drogues, sexe, luxe, tout y passe) avant l'inévitable et brutale chute (il a fait de la taule, est désormais rangé des voitures et a été consultant pour le film). On trouve aussi Jonah Hill, Margot Robbie, Jean Dujardin, Rob Reiner (le réalisateur), Kyle Chandler, Matthew McConaughey et Jon Favreau dans ce film excellentissime, bien qu'un peu longuet, mené à un rythme assez débridé parfois, et servi par une bande-son exemplaire où on entend notamment du Billy Joel, Bo Diddley, Paul Simon et Plastic Bertrand. Et comme pour dire que Scorsese n'est vraiment jamais là où on l'attend, son film suivant, sorti en 2016, Silence, est un drame historique fait en coproduction avec notamment Taïwan, et se passe au Japon au XVIIème siècle. Long de 2h40 et interprété par Andrew Garfield, Liam Neeson, Adam Driver et des acteurs japonais (une partie du film est  en japonais), le film parle de la persécution religieuse dont furent victimes des missionnaires jésuites portugais chargés d'évangéliser le pays. Un peu comme Mission de Joffé (dans lequel Neeson avait un petit rôle marquant) mais pour le Japon. Excellent film au demeurant, mais qui n'a pas obtenu le succès mérité. En attendant le prochain Scorsese, The Irishman, à sortir en 2019, avec De Niro, Keitel, Al Pacino, Anna Paquin, Joe Pesci, film qui devrait normalement sortir directement sur Netflix (mais j'espère qu'il sortira en salles aussi, franchement) et qui sera un retour au film de gangsters, et basé sur des faits réels, Pacino jouant le rôle de Jimmy Hoffa, le leader, dans les années 60/70, juqu'à sa disparition en 1975, du Syndicat des camionneurs, apparenté à la mafia. J'ai hâte de voir le film, personnellement, pas vous ?