Daylight

Spoilers !

Dans la série des films catastrophe, on a de grands classiques (La Tour Infernale ; L'Aventure Du Poséidon) et de profondes merdes (les Airport, le premier excepté, et encore ; 2012). Récemment, j'ai abordé ici le cas d'un petit film castastrophe qui ne casse pas vraiment des briques mais qui a quand même l'indéniable qualité de divertir durant le temps qu'on passe à le regarder (un temps assez court en ce qui concerne ce film) et qui, visuellement, était vraiment bien foutu : Poséidon, par Wolfgang Petersen, remake d'un classique du genre que j'ai cité plus haut, relisez si vous ne me croyez pas. Ce n'est pas un grand cru, ce Poséidon, surtout si on le compare à l'original avec Gene Hackman et Ernest Borgnine, mais c'est aussi loin d'être épouvantable. On peut en quelque sorte dire la même chose du film que j'aborde aujourd'hui et que, comme Poséidon, j'ai eu envie d'aborder ici en grande partie parce qu'il a été rediffusé la veille et que je l'ai revu. Mesdames et messieurs, petits garçons et caniches frisés, petites filles et chats angora, brothers and sisters, beer drinkers & hell raisers, voici venir le temps de parler de Daylight, réalisé en 1996 par Rob Cohen, qui a réalisé des oeuvres aussi immortelles (ironie, quand tu nous tiens) que Coeur De Dragon, xXx, Furtif, Alex Cross ou La Momie : La Tombe De L'Empereur Dragon, ainsi que Dragon : L'Histoire De Bruce Lee. Hé hé, trois de ses films contiennent le mot 'dragon' dans leurs titres (y compris leurs titres originaux), vous croyez qu'il aime ces petites bestioles ? Hé, les gars, on lui dit qu'ils z'esixtent pas ?

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Daylight est un des derniers films d'action que Sylvester Stallone a tournés, la suite de sa carrière, malgré quelques films comme les Expendables, John Rambo et Get Carter, sera moins centrée 'action', le pépère se faisant vieux. Au moment de la sortie du film, Sly commence à ne plus faire recette, pour tout dire : certains de ses films précédents ont bien marché (Demolition Man, Cliffhanger), mais on a aussi, dans le lot, L'Expert (foirage), Judge Dredd (désormais assez embarrassant) et Assassins (correct, mais sans plus). L'année suivante, avec Cop Land, il bouleversera les codes en interprétant un flic quasi obèse et très sobre, pas un héros, juste un simple flic, et ça sera un de ses meilleurs rôles. Dans Daylight, il campe un chauffeur de taxi, ancien chef des services médicaux d'urgence de New York. Le reste de la distribution de ce film est moins épatante que sa tête d'affiche, même si on notera Viggo Mortensen, futur Aragorn dans Le Seigneur Des Anneaux. On a aussi Amy Brenneman, Dan Hedaya, Sage Stallone (fiston de son papounet), Jay O. Sanders, Stan Shaw, Claire Bloom (Les Feux De La Rampe, La Maison Du Diable) et un très sympathique clébard non crédité au générique. 

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Daylight contient tous les codes (clichés ? poncifs ?) du film catastrophe : une série de personnages bien stéréotypés, rapidement présentés au début du film ; une situation absolument catastrophique ; un enchaînement de scènes d'action et de temps morts bien sentis histoire de faire retomber la pression et de préparer, calmement, au prochain climax ; et des répliques et comportements bien stéréotypé(e)s aussi. L'action se passe à New York. Suite à un braquage (ils ont volé la voiture d'un joaillier, et sa mallette de diamants) ayant dégénéré en course-poursuite avec les flics, une voiture conduite par des délinquants totalement camés s'encastre, dans le Holland Tunnel (tunnel autoroutier qui relie New York au New Jersey ; au passage, la tête d'indien située sur sa facade n'existe que dans le film), dans un camion transportant, illégalement, des déchets toxiques. La réaction est immédiate : le camion n'a pas apprécié l'empapaoutage et une gigantesque et destructrice explosion ravage le tunnel de long et en large, aux deux extrémités. Parmi les survivants, coincés dans le tunnel, se trouve un flic chargé du trafic du tunnel ; une famille (deux adultes et une ado de 14 ans) ; une jeune auteure de pièces de théâtre fauchée et quelque peu névrosée ; un vieux couple avec un chien ; une célébrité connue pour ses exploits sportifs et aventureux ; et quatre délinquants qui étaient en transfert pénitenciaire. Kit Latura (Stallone), ancien chef des services médicaux d'urgence (EMS) de la ville et ayant été limogé suite à une bavure, devenu chauffeur de taxi, est présent aux abords du tunnel quand celui-ci est ravagé par les flammes, et malgré l'avis du nouveau chef des EMS, il se propose, connaissant bien le tunnel, pour aider les éventuels survivants. Il lui faut passer par la ventilation, qui ne peut être stoppée (de grosses pales) qu'une seule fois, pour son passage...

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Soyons honnêtes : Daylight est un très agréable divertissement, un film d'action et castastrophe bien troussé, dans lequel Stallone est très convaincant en secouriste qui n'use pas forcément de ses gros bras. Disons que c'est plus un survival qu'un simple film d'action, terme qui ne me semble, en fait, pas vraiment convenir au film. Le reste de la distribution est cependant moins éblouissante (Mortensen est bon, mais son personnage est le premier à partir, connement de plus, et on l'oublie donc totalement ensuite), avec notamment des personnages irritants (les deux parents, qui accablent Latura de reproches et ne font que foutre la merde et la panique ; un des délinquants, quasiment psychotique, qui veut se comporter en boss alors que la situation exige un peu plus de contrôle de soi), celui interprété par Amy Brenneman étant particulièrement énervant dans son comportement hystérico-névrosé, certes très crédible (comment vous réagiriez dans pareille situation ?), mais un peu poussif quand même. Stallone est bon, je l'ai dit, mais la VF (sa voix habituelle, signée Alain Dorval) ne lui rend pas justice. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais dans des rôles vraiment bourrins, cette voix est parfaite, mais dans un rôle un peu moins bourrin, comme ici où il joue, après tout, un homme normal (il finit le film certes vivant, mais allongé sur un brancard, pas en super forme), cette voix de gros dur semble un peu contreproductive. Elle est parfaite pour l'entendre brailler Si moi j'ai changé, et que vous, vous changez, alors on peut tous changer ! dans Rocky IV, mais pas pour dire On va tous prendre sa respiration car il faut un peu nager sous l'eau.

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La réalisation est solide, les effets spéciaux incendiaires sont très réussis pour l'époque et ont assez bien vieilli. Le scénario est con comme la lune mais on est en présence d'un film catastrophe, pas d'un film policier ou d'un film d'aventures. D'une durée très correcte (115 minutes, générique de fin compris), le film est donc un simple et honnête divertissement à voir un soir où il n'y à rien d'autre à la TV, et dans la catégorie des films catastrophe, ce n'est vraiment pas un mauvais représentant. Certes, c'est caricatural, convenu (à chaque fois qu'il y à un chien dans un film de ce genre, vous pouvez parier votre Ferrari contre un panini qu'il sera vivant à la fin, car ça ne fait pas politiquement correct de tuer un chien dans un film hollywoodien), rempli de clichés (le traditionnel flic, noir de plus, amoureux d'une employée du tunnel mais qui n'ose pas le lui dire ; les sempiternels vieux qui s'aiment encore malgré les coups du sort ; l'inévitable responsable officiel des opérations de secours au caractère à la con qui est contre l'idée de Latura, qui est pourtant la seule idée convenable), mais on passe un bon moment, c'est déjà ça. Pas un chef d'oeuvre, ni du genre, ni surtout en général, mais ça se laisse vraiment regarder sans problème.