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Spoilers...

Courir me semble une bonne idée. - Jean Reno (dans le film).

A ceux qui se demanderaient pourquoi j'ai appelé cet article ainsi, et qui ne verraient absolument pas ce que je veux dire par ce titre, je leur demande de pardonner à un grand fan d'Alice Cooper, dont une des chansons s'appelle quasi exactement pareil (remplacez juste le mot entre parenthèse par 'Hippo' plutôt que 'Dino'), et qui trouvait (le fan, pas Alice Cooper) assez marrant et surtout trop tentant d'appeler l'article ainsi, de cette manière légèrement détournée. Ah et puis merde, on s'en fout, après tout, parce que c'est pas d'un Kubrick ou d'un Altman qu'on va parler ici, mais de Godzilla, réalisé par Roland Emmerich (non, ne fuyez pas) en 1998, film qui a été rediffusé très récemment (le 29 novembre dernier) sur Paris Première et que j'ai revu à cette occasion, malgré le fait que je possède le film en DVD (rassurez-vous, je ne l'avais pas payé cher) et peux donc le revoir quand je veux, et même maintennt si je veux, car je suis un grand malade. Mais je me retiens, vous figurez-vous. Ce film, je ne l'ai pas vu en salles (un mec dans ma classe, j'étais au lycée à l'époque, qui l'avait vu et en disait du plus grand mal m'avait retenu de dépenser du pognon dans une place de cinéma pour aller le voir) à sa sortie mais que j'ai vu lors de sa première diffusion TV, sur Canal +, quelques mois plus tard, ce film donc, est l'oeuvre que Roland der verrücktes Deutsch Emmerich a réalisé après avoir connu le carton plein de son Independence Day que j'ai abordé ici récemment.

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Ca, c'est de l'empreinte de pas

Je n'ai pas vu ce film en salles à l'époque mais je me souviens parfaitement de sa sortie. Le film était attendu. Pensez-donc : le réalisateur d'Independence Day et de Stargate (deux gros succès commerciaux) s'offrant un remake de Godzilla, avec les effets spéciaux qui vont avec. Et en plus, avec Jean Reno, les mecs. Le film était attendu comme une mariée à l'église, et à sa sortie, la déception fut à la hauteur des attentes. Avez-vous déjà eu l'impression de vous faire avoir ? Si la réponse est non, c'est que vous n'avez pas encore vu ce film. A la base, il était prévu que ce film soit le premier opus d'une trilogie (et la fin du film est sans équivoque à ce sujet), mais le mauvais accueil, tant critique que commercial, fera enterrer profond, très profond, cette très mauvaise idée. Reste ce film, très long pour ce qu'il est (2h20), et interprété par Matthew Broderick, Jean Reno, Maria Pitillo, Hank Azaria, Kevin Dunn, Harry Shearer et Michael Lerner (ce dernier joue le rôle du maire de New York, qui s'appelle Ebert ; Ebert est le nom d'un fameux critique de cinéma, Roger Ebert, mort en 2013, qui, physiquement, ressemble beaucoup à Lerner dans le film, et ce dernier lui rend une sorte de petit hommage amusant). Le scénario est signé Emmerich et Dean Devlin (autrement dit, des auteurs d'Independence Day) et le concepteur graphique ayant conçu la créature, Patrick Tatopoulos, a prêté son nom de famille (aux consonnances grecques) au personnage principal du film, lequel film, coproduction avec le Japon, est le premier film sur Godzilla à être produit par un studio américain.

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Mais, attends, Roland...c'est quand que je dis "Mortecouille !" dans le script ?

L'action se passe de nos jours (1998 donc). Dans le Pacifique sud, un cargo japonais est attaquépar une créature monstrueuse, un lézard amphibie gigantesque issu, malgré lui, des séquelles des essais nucléaires français dans l'archipel des Tuamotu (Mururoa). Le seul rescapé du naufrage du cargo est doucement interrogé, à Papeete, par la DGSE (services secrets extérieurs français) et murmure le mot "Gojira", qui est le nom d'une créature mythique du folklore nippon. Parallèlement, Nick Tatopoulos (Broderick), un scientifique américain bossantpour la Commission de règlementation nucléaire, est appelé en urgence pour se rendre au Panama, avec un groupe de militaires américains : on a découvert sur les lieux d'immenses traces de pas, qui semblent provenir d'une tout aussi immense créature. Ce monstre a écrasé un village avant de plonger dans l'océan Atlantique, en direction des USA. Tatopoulos et les militaires, menés par le colonel Hicks (Kevin Dunn, qui campe une tête pleine d'eau de compète), arrivent à destination de New York, qui semble être le futur lieu de villégiature du super-lézard à côté duquel le T-Rex de Jurassic Park ressemblerait à un caniche constipé. A son arrivée à New York, le gros zazard se fait presque - presque ! - pêcher par un vieux con de retraité à casquette et gilet sans manches (pourtant, il pleut à torrent sur la Grosse Pomme durant tout le film, le tournage ayant eu lieu en partie durant une tornade) avant de foutre en l'air le pier et de débouler comme un gilet jaune en furie dans les rues de Manhattan. Un caméraman un peu foufou, Victor 'Animal' Palotti (Hank Azaria), sur place par chance, parvient à le filmer en contre-plongée et manque, pour récompense, de se faire piétiner (il passe entre les...euh, orteils ?... de Godzilla et en sort quelque peu hystérique, on le comprend).

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La bonne trogne d'azaria d'Hank Ahuri...euh, non, c'est l'inverse !

Les militaires, qui posent leur camp de base, commencent à prendre de très mauvaises décisions en attaquant le monstre un peu n'importe comment. Si le Chrysler Building et le Flatiron Building, deux des icônes de l'architecture de Nouillorque, partent en morceaux dans le film, c'est grâce à eux. Le maire Ebert (Michael Lerner, à la fois horripilant et hilarant), en campagne de réélection, prend assez mal les choses. Bon, OK, Godzilla (surnommé ainsi par les Américains qui ont du mal à bien prononcer Gojira) fout la merde dans la ville, et sans s'excuser, mais les militaires aussi, en tirant un peu partout sauf sur lui (et il à la très mauvaise habitude de se baisser quand on lui envoie un missile, le p'tit salopiau). Tatopoulos, qui ne sait pas que des agents de la DGSE menés par Philippe Roche (Jean Reno) surveillent tout ça de près en buvant du mauvais café, en lisant le journal et en bouffant des donuts à la place de croissants, Tatopoulos donc, à l'idée d'appâter le mégadino en déversant des tonnes de poissons dans la rue, près d'une station de métro où le monmonstre s'est caché. Commotion cérébrale pour les militaires qui oublient, dans un premier temps, d'ouvrir les bouches d'égout pour que l'odeur alléchante (ça dépend pour qui) se répande mieux, et qui ne comprennent pas quand Tatopoulos leur demande de le faire. Quand Tatopoulos dit à un des sous-officiers (le sergent O'Neal, joué par Doug Savant, qui ne mérite pas son nom tant il semble con, et la VF en rajoute dans le côté neuneu) que la pêche a appaemment été bonne, ce dernier le regarde faire ce trait d'esprit sans rien dire, c'est trop fort pour lui. Ce dernier, par la suite dans le film, dit au colonel, par talkie-walkie, que l'opération se déroule comme prévu, y'à pas de lézard. Pas de lézard ! L'humour du film me fout à terre à chaque visionnage. 

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Tatopoulos, qui découvre que le monstre est enceinte (et du genre asexué, hermaphrodite, car il n'y à pas de monsieur et madame Godzilla), retrouve une ancienne petite amie, Audrey (Maria Pitillo, l'épitomé de la blondasse conne et trop gentille qui tente de réussir dans une ville impitoyaaaaaableeeuuu), qui bosse pour une chaîne de TV (la même qu'Animal) et parvient, presque malgré elle, à lui soutirer des informations. Elle lui vole même une VHS (à deux ans près, elle lui aurait volé un DVD) d'images top secret sur Godzilla, qu'elle fait passer à l'antenne (et le surnom de Godzilla vient de là, la vidéo montrant le vieux rescapé nippon dire "Gojira"), et en visionnant cette vidéo top secret sur une télévision, les militaires pètent un câble (télévision, câble...je sais, c'est pas drôle) et virent Tatopoulos qui, avant de partir, clame à qui veut l'entendre que Godzilla a très certainement pondu des oeufs, qui ne vont pas tarder à éclore, quelque part dans la ville, et que si on ne détruit pas le nid, ça va être la merde. Prenant un taxi, il est en fait, sans le savoir, 'enlevé' par la DGSE, c'est en effet Roche qui conduit le tacos, et qui l'emmène à leur QG de campagne, sur le port. Animal, qui a suivi le taxi afin de ramener Tatopoulos pour qu'il pardonne à Audrey son petit coup de pute (on lui a dit que pour survivre à Nougayork, il fallait être salope...leçon retenue !), voit Tatopoulos et Roche (qu'il ne connaît pas) entrer dans un entrepôt. Roche propose à Tatopoulos (que je vais appeler Nick, c'est son prénom, à partir de maintenant, j'en ai marre d'écrire son nom de famille) de les aider à trouver et détruire le nid. Après tout, c'est à cause de la France, et de ses essais nucléaires passés, que tout ça est arrivé. Nick accepte. Il sait même où commencer, car Godzilla (qui, entre temps, a regagné l'océan et est torpillé, apparemment avec succès, par des sous-marins, le péril semble donc terminé) se cachait vers la 23ème rue, et a emmagasiné plein de poissons dans les sous-sols vers cette rue, comme pour préparer à nourrir ses futurs enfants. Tandis qu'Animal et Audrey les suivent, Nick et Roche (et ses hommes, qui s'appellent tous Jean-Quelque-chose, Jean-Pierre, Jean-Luc, etc) découvrent qu'en guise de lieu de nidification, le gros lézard a choisi le Madison Square Garden, fameuse arena. Et il a pondu largement de quoi constituer plusieurs équipes de hockey ! Alors qu'ils posent des charges explosives sur les nids, ceux-ci commencent à éclore... 

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S'ils aiment le pop-corn, alors ils ne peuvent pas être totalement mauvais, non ?

On pensait donc que c'était fini, mais non, la merde redémarre. Mais la merde se lave, et ça tombe bien, il pleut durant tout le film. Film qui, il faut le reconnaître, est sauvagement hilarant du début à la fin, entre des militaires cons comme des balais sans manche, des personnages secondaires stéréotypés au possible (le maire ronchon amateur de sucreries et également très con, son adjoint qu'il juge incapable ; le reporter-vedette de la chaîne TV qui est prêt à tout pour avoir le scoop ; la blondasse trop bonne trop conne ; le caméraman crâmé de la tête) et ces caricatures de Français qui passent le plus clair du film à râler sur le mauvais café vendu aux zuhéssa et à bouffer des donuts... Les acteurs sont soit mauvais, soit ne correspondent pas aux rôles. Broderick est un bon acteur, mais qui a dit qu'il était l'acteur idéal pour jouer dans un film de ce genre ? Il traîne comme un boulet sa brave gueule d'ahuri post-pubère durant tout le film. Reno fait son Reno ronchon, on l'attend presque à gueuler Montjoie ! Saint-Denis ! Que trépasse si je faiblis ! à tout moment. Quand il imite Elvis Presley, chewing-gum en action, pour se faire passer pour un soldat américain (lui et ses sbires ont apparemment trop vu Le Jour Le Plus Long tant ils semblent être prêts à combattre sur la Pointe du Hoc), c'est drôle, mais dans le genre embarrassant. Pour lui. Pour la France. Connard d'Emmerich ! Vengeance allemande tardive ?

(Arrêtez, je déconne)

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L'inévitable allusion à King Kong

Le scénario du film ? Jusqu'à maintenant, je n'avais pas vraiment remarqué s'il y en avait un, en fait, de scénario. Un monstre déboule à New York, fout la merde, faut le détruire, point barre. Et il ressemble foutralement trop au T-Rex des films de Spielberg (à ce titre, Le Monde Perdu date de 197, Godzilla de 1998, et à la fin du film de Spielby, le T-Rex fout sa merde à San Diego ; un des reproches faits à Godzilla sera de calquer un peu trop les films de Spielberg) pour être honnête. Reconnaissons (c'est le seul point fort du film) qu'il est bien foutu, que les effets spéciaux sont bien foutus. Le film a 20 ans cette année, il reste, pour ses effets spéciaux, parfaitement regardable. Heureusement, parce que pour tout le reste, putain, c'est un sacré nanar. Mais je l'aime, ce con. Je le regarde de temps à autre, pas souvent (je l'ai revu hier, et ça faisait genre deux ans que je ne l'avais pas revu), et à chaque fois, même si ses défauts me hurlent au visage j'suis là ! J'suis là ! Et là aussi ! T'as vu ?, je ne peux m'empêcher de bien l'aimer, ce con. Parce qu'il est si drôle ! Ses personnages à la con ! Ses figures d'autorité qui, toutes (militaires, flics, maire de la ville, reporter-vedette de la chaîne de TV), sont connes ! Ses raids aériens dans les rues de la ville, qui font que les militaires causent plus de dégâts, limite, que la bestiole qu'ils doivent tuer et qu'une fois sur deux, ils ne parviennent pas à toucher ! Sa course-poursuite dans les allées du Madison Square Garden ! Ses tonnes de poisson ! Et sa VF insupportable et géniale en même temps (la voix française de Kevin Dunn, qui fait très badass dans un nanar d'action ; celle du sergent O'Neal, qui accentue le côté niais du personnage) ! Et Jean Reno qui en fait des tonnes  ! Que dis-je, des tonnes, des hectolitres ! Non, vraiment, Godzilla est un nanar, mais c'est aussi un plaisir coupable !