19196653

Spoilers...

Le fait que, récemment (la semaine dernière), TF1 ait diffusé, pour la première fois en clair (et quelques semaines après qu'une autre chaîne ait diffusé l'autre volet, celui que j'aborde aujourd'hui, chapeau la cohérence), Independence Day : Resurgence, la tardive (fait 20 ans plus tard...et se passant, de toute façon, 20 ans plus tard, ce qui tombe bien) suite du film de 1996, m'a donné envie de revoir le premier film. Ca m'a aussi permis de me rendre compte que, nom de Zeus, cette suite, également signée Roland 'le Teuton fou' Emmerich, est absolument déplorable (malgré des effets spéciaux réussis, et encore heureux), et ne comptez pas sur moi pour l'aborder ici. Mais j'étais persuadé d'avoir abordé, ici, le premier volet, Independence Day, alias  ID-4 pour le titre anglophone raccourci, aussi qu'elle n'a pas été ma surprise, alors que j'effectuais une recherche dans la configuration du blog, de constater que...non. Non, je n'avais pas encore abordé ce film. Et que, donc, j'allais rattraper ce retard illico presto, maintenant, et même tout de suite si ce n'était right now. Bref, là. Je ne sais pas si vous vous souvenez de la sortie du film en 1996, tout dépend de votre âge, mais moi, je m'en souviens parfaitement. Je me souviens tout aussi parfaitement d'avoir loupé, comme un con, le film en salles, et de m'être rattrapé en achetant la VHS (oui, VHS, vous vous souvenez ?) au moment de sa très médiatique sortie. Le film avait cartonné, on en parlait comme d'une date dans le genre : effets spéciaux de malade, de l'action quasiment non-stop, un sens épique très marqué (et aussi, très patriotique), un vrai renouveau dans le genre catastrophe/SF. Avec un  casting plutôt étonnant : Will Smith était déjà connu pour la série TV rigolote (mais pas géniale) Le Prince De Bel-Air et Bad Boys, mais n'était pas encore une méga-star, il le sera après ce film ; Jeff Goldblum était déjà connu, via La Mouche et, bien des années après, Jurassic Park (et l'année suivante, il fera la suite de ce dernier film, Le Monde Perdu). Bill Pullman ? Lost Highway, oui, et quel film, mais sinon ? Pas vraiment une tête d'affiche. Et puis Randy Quaid, grand frangin de Dennis, et acteur de second rôle (Missouri Breaks, Midnight Express) essentiellement. Quant au reste de la distribution, on a certes le vétéran Robert Loggia, et un certain Adam Baldwin (la Brute Epaisse dans Full Metal Jacket), mais bon...

independence_day_still3

Bref, un casting assez courageux, si on met de côté Goldblum (qui n'a jamais eu l'aura bankable de Bruce Willis ou Tom Cruise, tout en étant un remarquable acteur) qui semble étonnamment plus jeune dans ce film que dans Le Monde Perdu alors qu'un an sépare les deux films, aucune tête d'affiche. Will Smith n'en sera une qu'après le film (ce qui ne l'empêchera pas, contrairement à Pullman et Goldblum, de refuser de jouer dans la suite en 2016), et on en bouffera, du Will, d'ailleurs, via Men In Black (et ses suites), ou encore Ali, Je Suis Une Légende, Hancock (ah, ce fameux dialogue de la tête de l'un dans le cul de l'autre !) ou Hitch. Le réalisateur, c'est Roland Emmerich, un Allemand, qui a démarré sa carrière, discrètement, chez lui (RFA à l'époque) avant de plonger à mort dans le cinéma hollywoodien avec Universal Soldier en 1992, qui marchera très très bien. Puis, deux ans plus tard, Stargate, qui a cartonné et entraînera une série TV ou deux. Puis, encore deux ans plus tard, Independence Day, qui a cartonné. La suite sera moins glorieuse : Godzilla en 1998 (faut que je vérifie si je l'ai fait ou pas, celui-là, et si la réponse est non, je l'aborderai), qui est assez comique malgré lui ; The Patriot, en 2000, et Le Jour D'Après, en 2004, marquent une rehausse de la qualité, mais 10 000, en 2008, est affreux comme tout, et 2012, en 2009, est trop  : trop long, trop chargé, trop caricatural, trop tout. Après un film oublié et pas terrible sur la controverse de l'identité de Shakespeare (Anonymous), il revient avec White House Down, film d'action sans prise de tête et sans intérêt, et avec notamment la suite d'Independence Day. Son prochain film devrait sortir l'année prochaine, et parlera de la bataille de Midway (Seconde Guerre Mondiale). Une filmographie en dents de scie, et pas vraiment digne de le faire figurer aux côtés de Kubrick, Scorsese ou Altman...

independence_day_still8

Le film, est-il nécessaire que j'en rappelle l'histoire ? Qui ne l'a toujours pas vu ? Toi ? Tu sors. Plus sérieusement, le film aborde, avec toute la subtilité emmerichienne qui s'imposait, une attaque extraterrestre. 2 juillet. Un peu partout sur le globe (au-dessus de New York, Washington, Los Angeles, Moscou, Paris, au-dessus de l'Irak, en Inde...), de gigantesques vaisseaux spatiaux surgissent. Tous ont été transportés, depuis l'espace (un signal sonore capté par le SETI semble provenir de la Lune), par un encore plus gigantesque mothership resté en orbite. Les autorités ne savent pas quoi faire, la panique s'installe. David Levinson (Goldblum), un réparateur du câble qui en a dans la calebasse, découvre, alors que les satellites ne marchent lus et que personne ne sait pourquoi, qu'un code étrange semble provenir des liaisons satellites, et que ce code est un compte à rebours. Il alerte son ex, Connie, qui travaille comme assistante pour le Président des USA, Whitmore (Bill Pullman), et parvient tant bien que mal à prouver ses dires. La Maison-Blanche est évacuée en urgence (Levinson et son père, qui l'accompagnait, sont du voyage dans Air Force One) et le compte à rebours prend fin au moment du décollage. Partout dans le monde, là où les vaisseaux étaient disposés, de puissants rayons surgissent et font tout péter, Empire State Building, Maison-Blanche, etc.

Independence Day

Les survivants (parmi eux, un pilote de chasse de l'armée, Steve Hiller (Will Smith), sa fiancée (Vivica A. Fox), un pilote agricole alcoolique vétéran du Vietnam et ayant été, autrefois, enlevé par des aliens, Russell Case (Randy Quaid) et ses enfants) vont se regrouper. Ceux que je viens de citer vont, par un concours de circonstances, se retrouver, tous, dans le Nevada, dans la fameuse Zone 51, la mythique base secrète de l'armée américaine qui cacherait le vaisseau spatial extraterrestre crashé à Roswell dans les années 50. Parallèlement, Air Force One s'y pose aussi. Dans cette base se trouve en effet, pour de bon, le vaisseau de Roswell, encore en assez bon état, ainsi que des spécimens d'extraterrestres, conservés dans le formol. La résistance vis-à-vis des extraterrestres, qui risquent fort d'attaquer à nouveau, va alors s'organiser, autour d'une idée complètement folle, mais intéressante, de Levison (de son père, en fait)...

independencedaywillsmithcigar

Le film possède un scénario basique qui accumule les poncifs patriotiques (les aliens attaquent le monde, mais on ne voit que les USA ; comme par le plus grand des hasards, l'action se passe à deux jours de la fête nationale ricaine, et le final, le jour-même, 4 juillet ; la première image du film est le drapeau américain, celui présent sur la Lune ; on a le fameux personnage de l'Américain moyen dont tout le monde, au début du film, se moque, et qui deviendra, on s'en doute, un authentique héros du monde libre à la fin ; le discours du Président, ancien pilote de chasse de l'armée qui reprend du service actif dans le final, est un bel exemple de discours de badass bien patriotique du genre ensemble, on est plus nombreux que tout seul et on va leur foutre au cul, ils n'avaient qu'à envahir Saturne), mais les acteurs sont franchement bons, la réalisation est solide et les effets spéciaux sont, pour l'époque et pour maintenant, excellentissimes. J'avais un peu peur, en revoyant le film récemment (pour la première fois depuis pas mal d'années), qu'il ait mal vieilli. Il a en fait plutôt bien vieilli. Les effets spéciaux des films de maintenant sont encore meilleurs, mais ceux d'Independence Day ne font pas rougir de honte et certaines séquences, comme la poursuite entre l'avion de chasse de Will Smith et un petit vaisseau alien qu'il fera se crasher dans le désert (quand il arrive en Zone 51, il trimbale avec lui un alien dans les vapes, emmitoufflé dans son parachute, ce qui fera avancer les recherches dans la base), ou bien la première attaque, évidemment. De même que l'histoire, les personnages sont, aussi, caricaturaux (on a l'inévitable personnage issu d'une minorité ethnique ; le quasiment aussi inévitable père juif bougon ; le politicien obstiné et de mauvais conseil ; le vieux militaire vétéran bougon à qui on ne la fait pas ; le paumé alcoolo et sa famille, qui vit dans un trailer ; le scientifique chevelu, mal rasé, un peu geek, un peu cinglé ; les enfants en bas âge, pour attendrir le spectateur ; le chien, aussi, l'inévitable chien, nécessairement un golden retriever). Mais ce n'est pas grave. C'est même un des éléments de base du film catastrophe, genre dont Independence Day fait partie (la SF aussi). Et dans le genre, c'est une belle réussite, même si, dans le genre catastrophe, il y à eu mieux, et même si, du même réalisateur, Le Jour D'Après (qui parle du réchauffement climatique) est plus réussi. Mais ne boudons pas notre plaisir : en tant que pur divertissement du samedi soir, Independence Day accomplit parfaitement son office.