HOOK-ou-la-revanche-du-capitaine-Crochet-Affiche-du-film

Spoilers...

Faut que je revérifie, mais avec cet article, l'ensemble des films de Steven Spielberg ont été abordés sur le blog. Celui-là, comme Le Monde Perdu (abordé ultra récemment) et Le Terminal (fait l'an dernier), je ne voulais, à la base, pas l'aborder. Pourquoi ? Les fans de Spielberg savent pourquoi je ne voulais pas les faire, ces films, et surtout celui que j'aborde aujourd'hui : ils ne sont pas bons, et ce blog est censé parler de mes films préférés, et aussi des meilleurs films. Ces trois films de Tonton Steven ne sont ni parmi mes chouchous de lui, ni parmi ses meilleurs. A mon avis, Spielberg doit même penser, du film qui nous intéresse aujourd'hui, qu'il s'agit de son pire, et de loin ! Pourtant, il lui tenait à coeur, ce projet d'adapter Peter Pan, sublime roman de James Barrie qui fut, on le sait, l'objet d'un des meilleurs Grands Classiques de Disney (inoubliable crocodile Tic-Tac) dans les années 50. Cette histoire de gamin qui refuse de grandir et qui vit dans le Pays Imaginaire, volant dans les airs, se battant avec le Capitaine Crochet, cotoyant une féé minuscule et charmante et des bambins débrouillards, avait, sur le papier, de quoi faire un bon film. Mais voilà : sur le papier, ça semblait une bonne idée. Mais entre la rédaction du script et le tournage du film, il y à eu, je ne sais pas, quelque chose qui a planté sévère, et le film en est devenu un gros tas de merde. Hook, Ou La Revanche Du Capitaine Crochet. Le pire bide commercial de la carrière de Spielby. Même si un jour il réalisait un biopic de Martin Luther King avec Bradley Cooper dans le rôle-titre et des extra-terrestres armés de rayons gamma à la place du tireur James Earl Ray, pas sûr que le bide serait pire que celui de ce film sorti en 1991. 

hook-ou-la-revanche-du-capitaine-crochet-photo-1015941

Pourtant, comme je l'ai dit, sur le papier, ça semblait une bonne idée : Robin Williams, pas encore auréolé de son rôle de Madame Doubtfire, mais déjà un acteur populaire, dans le rôle d'un Peter Pan adulte qui retrouve ses sensations d'avant ; Julia Roberts en féé Clochette ; Dustin Hoffman en Capitaine Crochet ; Bob Hoskins dans le rôle de Monsieur Mouche ; et Spielberg à la réalisation, boudiou de merde. Oui, Hook (on va cesser de l'appeler de son ronflant et interminable titre français complet, j'en ai classe de l'écrire) aurait pu être quelque chose de bien. Pas de grandiose, non, mais de bien. Je sais cependant que le film a ses aficionados, si si, j'en suis sûr, une chose aussi improbable ne peut être que vraie, si non e vero, e ben trovato. Mais je n'ai jamais adhéré à ce fan-club, même un soir de cuite en juillet ou en avril. J'aurais résilié vite fait. Je ne me souviens pas d'avoir vu ce film à l'époque de sa sortie (j'avais 9 ans), mais sans doute à sa première diffusion TV. Moi qui ai découvert le cinéma de Spielberg avec Indiana Jones Et Le Temple Maudit, vu alors que je devais me payer tout seul mes 8 ans (je fus quelque peu marqué par le visionnage du film et le lendemain en cour de récréation, avec les potes, ce fut tu l'as vu ? Rhaaaa, t'as vu le coeur arraché ? Le mec qui s'fait aplatir comme une merde ? Trop cool !!), et E.T. L'Extra-Terrestre, vu à peu près à la même période, moi qui ait donc vu ces grands crus spielbergiens (et quelques autres - Rencontres Du Troisième Type et le premier Indiana Jones - avant mon premier visionnage de Hook) à un âge assez jeune, mais qui en fut tout de même directement devenu fan, imaginez ma stupeur et mes tremblements lors du premier visionnage de Hook.

hook-1991-24-g

A l'époque, j'étais encore trop jeune pour m'intéresser plus particulièrement aux détails du désastre (ces Enfants Perdus au look néo-punk à la Tokio Hotel avant l'heure, le casting incroyablement opportuniste avec Julia Roberts qui est aussi convaincante en fée Clochette que ne l'aurait été Dustin Hoffman dans ce rôle, les décors qui font très parc d'attractions fermé depuis 30 ans et qu'on n'a pas dépoussiéré depuis - le budget du film, important, est pourtant passé en bonne partie dans ces décors...-, Hoffman qui en fait des tonnes malgré un look convaincant, Williams qui semble ne pas y croire une seconde, et une durée épuisante de 140 minutes), seule l'histoire m'intéressait. Et pardon, mais cette histoire de Peter Pan ayant renoncé à l'enfance éternelle et qui, (re)devenu Peter Banning, un working-man débordé qui ne passe pas assez de temps avec ses enfants et a tout oublié de la magie d'antan, est forcé, parce qu'on a volé ses enfant pour les emmener au Pays Imaginaire, de rempiler malgré ses 40 balais, sa maturité gagnée et son peut-être mauvais taux de cholestérol, cette histoire est poussive. Pourquoi ne pas avoir fait une adaptation stricto sensu du roman, avec un Peter Pan enfant (quitte à le montrer, dans un épilogue, devenu adulte et, là, joué par Williams) plutôt que...que...que ça ?

hook-ou-La-Revanche-du-Capitaine-Crochet-steven-spielberg-film-critique-dustin-hoffman-robin-williams

Le pire, dans tout ça, c'est qu'on sent que, très vite, Spielby se désintéresse du bouzin. Il a sans doute dû se rendre compte, rapidement, pendant le tournage, qu'il allait droit dans le mur, un beau mur de béton armé, et qu'il y fonçait à 100 à l'heure, freins bloqués. Et qu'il était trop tard pour sauter en marche et arrêter les frais. Lui qui revenait en partie d'un échec (Always, en 1989, bien qu'intéressant, ne marchera pas ; Indiana Jones Et La Dernière Croisade, la même année, cartonnera, en revanche ; ce sont ses deux précédents films avant Hook) avait besoin d'un film commercial, d'un blockbuster (la présence de telles stars, Roberts, Hoffman, Williams, est sans équivoque) pour ne pas se faire oublier. Ca sera chose faite deux ans plus tard avec son film suivant, Jurassic Park (et La Liste De Schindler la même année 1993), mais en attendant, en 1991, pour ses fans et la presse, sans doute pour ses confrères aussi, Spielberg n'est pas en forme du tout. C'est le premier coup d'épée dans l'eau (et en guise d'épée et d'eau, ce fut en fait Excalibur balancée dans l'océan) du réalisateur, le premier vrai bide, sans doute son seul vrai bide, commercialement et artistiquement parlant. On notera pour finir que, chose curieuse, jusqu'à la trilogie de Gore Verbinski avec Johnny Depp et Orlando Bloom, qui a cartonné comme chacun le sait, à chaque fois qu'un film sur des pirates était fait, le bide fut au rendez-vous : le très très bon Pirates de Polanski, ce film de Spielberg, ou bien L'Île Aux Pirates de Renny Harlin. C'est amusant, c'est peut-être une coïncidence, mais en tout cas, pendant longtemps, au cinéma, les pirates ne faisaient pas recette. Alors un film avec le Capitaine Crochet (clairement le personnage principal du film, d'autant plus que Hoffman est mis en premier sur l'affiche et que le film porte le nom anglophone de son personnage), même réalisé par le mec ayant fait toutes ces merveilles, avait-il une chance de s'en sortir ? Si au moins le film était agréable à regarder, mais non, vraiment, Hook est une purge, un ratage à tous aspects.