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Spoilers...

En 1979, un film réalisé avec relativement peu de budget (par rapport à d'autres productions du même genre, et surtout aux suivants de la future saga) va cartonner et, justement, même s'il faudra attendre 7 ans avant d'en voir le second volet, lancer une des plus fameuses sagas de l'histoire du cinéma : Alien, Le Huitième Passager, deuxième film de Ridley Scott et celui qui va littéralement le révéler. Suivront Aliens, Le Retour (1986) de James Cameron ; Alien 3 (1993) de David Fincher ; Alien, La Résurrection (1997) de Jean-Pierre Jeunet. Puis des films qui ne s'imposeront pas (selon moi, malgré des qualités, le film de Jeunet ne s'imposait pas non plus), crossovers entre la saga Alien et celle de Predator. Enfin, en 2012, Ridley Scott revient à la charge, réalisant pour la première fois (depuis 1979) un film de la saga, et parvenant enfin, par la même occasion, à accomplir un voeu depuis longtemps énoncé : faire un film qui expliquerait comment est né l'Alien, ce qu'est cette créature. Un prologue, donc. Ce film, c'est Prometheus, belle réussite, mais un film assez complexe. Une fois le film visionné, on commence à avoir une petite idée de ce qu'est l'Alien, mais c'est pas encore ça. Une suite s'imposait donc. Ca sera chose faite en 2017 avec Alien : Covenant, qui marque en quelque sorte la fin du prologue de la saga. Rien qu'à voir l'affiche, on pense direct au premier volet : non seulement le lettrage est stricto sensu le même mais le visuel fait furieusement penser à l'affiche du premier film (on y voyait un oeuf presque éclos sur fond de noir espace ; ici, une tête d'Alien, bavante, sur fond de noir espace). 

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Comme une manière de boucler la boucle. De même, le film, qui ne mise pas vraiment sur des têtes d'affiche (OK, on a Michael Fassbender et Billy Crudup, mais bon, comparé à Prometheus qui montrait, outre Fassbender, Charlize Theron, Idris Elba et Noomi Rapace, là...) mais sur des seconds couteaux de qualité (comme le premier volet, où les acteurs étaient Tom Skerritt, Yaphet Kotto, Harry Dean Stanton, Ian Holm, John Hurt, sans oublier une Sigourney Weaver pas encore connue), est le plus proche de l'horreur depuis le premier volet. Et le personnage principal, joué par Katherine Waterston, est à rapprocher totalement de Helen Ripley, héroïne des quatre premiers volets, et jouée par Sigourney Weaver, justement. Matez la photo ci-dessus : on ne dirait pas une photo du Aliens de James Cameron, quelque part ? Alien : Covenant est sorti en 2017 donc, et à sa sortie, ne sera pas un triomphe au box-office, au point que la suite (car il est prévu de faire une suite) aurait été, temporairement ou définitivement, mise de côté par la 20th Century Fox. On peut le regretter comme on peut penser qu'une suite de la préquelle n'est pas vraiment de la plus grande utilité. En effet, si dans Prometheus on était encore pas mal dans le schwartz à la fin du film, avec Alien : Covenant, on apprend vraiment ce qu'est l'Alien, comment il est né, et on le voit quasiment tel qu'il apparaîtra dans le film de 1979. A ce titre, si vous n'avez pas encore vu le film, sachez qu'il y aura ici des spoilers, mais je le précise toujours en début d'article, donc ne vous en prenez qu'à vous-mêmes si vous lisez jusqu'au bout !

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L'action se passe en 2104, ce qui ne nous rajeunit pas. Le vaisseau spatial Covenant, avec à son bord un équipage d'une quinzaine de personnes (dont un androïde du nom de Walter - Michael Fassbender -, construit sur le même modèle que David, l'androïde du vaisseau Prometheus, vaisseau dont plus personne n'a eu de nouvelles depuis une dizaine d'années), transporte à son bord, en hibernation, 2000 colons et 1140 embryons humains. La mission de Covenant, dirigé par le capitaine Jacob Branson (James Franco, non crédité dans le générique), est d'implanter une colonie humaine afin de terraformer la planète Origae-6, considérée comme habitable. Une éruption stellaire entraîne une importante avarie dans le vaisseau : Branson, en hibernation comme le reste de l'équipage, le voyage durant longtemps, est tué, sa capsule d'hibernation s'étant brisée. D'autres personnes sont tuées. Les survivants réparent le vaisseau. Ils reçoivent un appel mystérieux provenant d'une planète située non loin, et inconnue. Contre l'avis de Daniels Branson (Katherine Waterston), veuve de Jacob et premier officier de Covenant, le capitaine en second, Oram (Billy Crudup), décide de changer la destination de Covenant afin de se rendre sur cette planète. Une équipe est organisée pour arpenter la planète, qui semble parfaitement habitable elle aussi, tandis que trois membres de l'équipage restent à bord du vaisseau posé. l'équipe découve les vestiges d'une navette spatiale ayant appartenu au vaisseau Prometheus (le signal reçu venait de cette navette). 

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Pendant l'exploration de la planète, deux des membres de l'équipage sont attaqués par une sorte de spore extra-terrestre noirâtre, qui se propage en eux. L'un d'eux est ramené au Covenant, mais il meurt, brutalement, dans l'enceinte du vaisseau, une créature s'expulse de son corps et durant la lutte armée pour détruire le monstre, le vaisseau est entièrement détruit par une explosion des réservoirs de carburant. Parallèlement, les membres de l'équipage à terre sont sauvés, in extremis, d'une situation similaire par un homme vêtu d'une capuche, qui n'est autre que David (Michael Fassbender, qui joue deux rôles dans le film), l'androïde du Prometheus, seul survivant. Celui-ci leur explique que lui et le docteur Shaw (Noomi Rapace) avaient trouvé refuge sur cette planète, mais que leur arrivée a entraîné la destruction de toute la vie organique (humanoïdes, animaux) par un mystérieux spore qu'ils ont malgré eux embarqué avec eux de la planète LV-223 (la planète où se situe l'action du précédent opus). De mutations en mutations, les habitants de cette planète sont devenus des monstres xénomorphes avides de sang. Autrement dit, l'Alien, quelque part, découle de l'humain, monstrueusement modifié...

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Ce résumé n'aborde pas tous les rebondissements et détails de l'intrigue, et est, de plus, assez, comment dire, raccourci. Sachez cependant que le scénario est franchement super bien écrit, et que le film, de bout en bout de ses deux heures, est un régal, souvent très gore (de nombreuses séquences d'attaque d'Alien, très graphiques, notamment une séquence sous la douche, en font incontestablement le film le plus violent de Ridley Scott), plus gore que les précédents opus de la saga, je pense. Pour tout dire, à certains passages, j'ai vraiment sursauté dans mon siège (et j'ai vu le film pour la première fois dans mon salon, en Blu-ray, pas en salles), ce qui était très certainement le but recherché par Ridley Scott. Comme je l'ai dit plus haut, le film n'a pas affolé les foules, il a rapporté de l'argent, mais pas autant qu'espéré. Mais les critiques furent, en revanche, très positives, plus que pour Prometheus (dont le côté assez complexe, presque mystique parfois, pouvait dérouter et décevoir). Super bien foutu (les effets spéciaux sont géniaux), bien interprété, super bien écrit et réalisé, Alien : Covenant est un successeur idéal et une bonne porte d'entrée pour le reste de la saga. On en apprend vraiment beaucoup plus sur la fameuse créature conçue par Giger en 1979. Flippant, gore, rempli de suspense et d'action (le final n'est pas sans rappeler celui du premier volet), ce film est un divertissement parfait pour spectateurs avertis (interdit aux moins de 12 ans seulement, mais vraiment très sanglant par moments). A voir !