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Spoilers...

Je ne sais pas si vous connaissez Caryl Férey, mais cet écrivain, français (et même breton !), a signé quelques polars vraiment bluffants : Mapuche, Condor et, en 2008, Zulu, qui obtiendra un grand succès et sera adapté au cinéma en 2013. Oui, par le biais de ce film que j'aborde aujourd'hui. Zulu est un film réalisé par Jérôme Salle, et scénarisé par Salle et Julien Rappeneau d'après le roman de Férey, et il s'agit d'une coproduction entre la France et l'Afrique du Sud, tournée en anglais et en Afrique du Sud, avec des acteurs anglophones. Etant donné que l'action du roman se situe en Afrique du Sud avec des personnages locaux, ce n'est vraiment pas plus mal. Le film devait à la base être interprété par Djimon Hounsou et Orlando Bloom. Si Bloom a conservé son rôle, Hounsou (vu dans Gladiator, Amistad, Blood Diamond) a été remplacé par Forest Whitaker, et malgré que Hounsou soit un très bon acteur, je suis vraiment content que ça soit, au final, Whitaker qui ait obtenu le rôle (pour quelle raison ce remplacement, je ne sais pas), car c'est un acteur exceptionnel qui est, la majeure partie du temps, un indéniable atout pour les films dans lesquels il joue. Imaginez Le Dernier Roi D'Ecosse avec un autre acteur que lui dans le rôle d'Amin Dada : personnellement, j'ai du mal, tant il a crevé l'écran dans ce film de 2006 !

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Les autres acteurs du film sont notamment Sven Ruygrok, Conrad Kemp, Adrian Galley, Inge Beckmann et Tinarie Van Wykk-Loots, autrement dit, pas des acteurs et actrices connu(e)s. Beaucoup ont des noms à consonnance néerlandaise, il s'agit d'acteurs sud-africains, afrikaners. Comme je l'ai dit, l'action du film (et du roman, qui à sa sortie, a reçu quelques prix littéraires) se situe exclusivement en Afrique du Sud, et fait référence à un projet secret-défense que le gouvernement de l'Apartheid a organisé, le Projet Coast, consistant en l'armement en armes biologiques et chimiques du pays. L'objectif était, on s'en doute, d'utiliser ces armes biologiques contre les révoltes Noires du pays. Ce projet fut découvert après la fin du régime. Le film ne parle pas que de ça, c'est essentiellement la traque d'un tueur. A sa sortie, le film sera très bien accueilli par la presse et marchera bien, et il obtiendra le Prix Jacques-Deray du film policier français. C'est également ce film qui, au Festival de Cannes 2013, sera projeté en clôture du festival (hors-compétition). 

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L'action se passe en 2013, en Afrique du Sud donc (au Cap), après un prologue se passant plusieurs dizaines d'années plus tôt, et dans lequel on voit un gamin noir assister, caché, à une scène qui va le traumatiser toute sa vie durant : son père, se faisant torturer par des Blancs, qui le garottent. Un des hommes aperçoit le gamin, qui s'enfuit. Le gamin, plusieurs dizaines d'années plus tard, deviendra policier, et il s'agit d'Ali Sokhela (Forest Whitaker), lequel est le chef de la police criminelle. L'atroce scène vue dans son enfance l'a traumatisé à vie et il souffre de problèmes psychologiques (des flashes douloureux, une très forte tendance à ne pas vraiment faire confiance aux Blancs, malgré que le pays ait été unifié). On le charge d'enquêter sur le meutre d'une jeune étudiante, enquête qu'il va mener en compagnie d'un jeune flic Blanc au comportement un peu borderline, Brian Epkeen (Orlando Bloom), à la vie privée un peu chaotique. Leur enquête va les mener sur un trafic de drogue (une nouvelle drogue, très dangereuse), mais va obliquer, peu à peu, sur une étrange et sinistre affaire ayant eu lieu au cours des sombres heures de l'Apartheid : un dossier secret concernant un projet d'armement chimique du gouvernement ségrégationniste de l'époque, en vue de l'utiliser contre les révoltés Noirs...

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Scénario impeccable (ceci dit, le roman est encore meilleur, comme souvent), réalisation très correcte de Jérôme Salle (également réalisateur de L'Odyssée et des deux Largo Winch, notamment), interprétation ultra efficace du duo Whitaker/Bloom (Whitaker est génial comme à son habitude, et Bloom est nettement meilleur que dans la majeure partie de ses films, ceux adaptés de Tolkien exceptés, il y campe en effet un Legolas inoubliable), Zulu, qui a été renommé City Of Violence en Afrique du Sud, est un excellent thriller à voir à tout prix si vous aimez ce genre cinématographique. Cette histoire de meurtre et de trafic qui vire ensuite au complot politique et aux secrets inavouables (les deux flics, tout du long de leur enquête, remuent la merde, ce qui n'est pas sans incidents) est vraiment une très très bonne surprise !