Quentin-Tarantino

Pour ce deuxième article de la série "Un oeil sur...", place à un réalisateur touche-à-tout et complètement cinéphile sur les bords, j'ai nommé : Quentin Tarantino. Ah la la, que dire, que dire ? C'est bien simple, depuis le premier film que j'ai vu de lui (Pulp Fiction, au cours de son premier passage TV en clair, soit à peu près au moment de la sortie VHS - vous vous rappelez les VHS ? - de Jackie Brown, son film suivant, ou bien de sa sortie en salles, je ne sais plus), je suis tombé radicalement in love with le cinéma de ce réalisateur américain né à Knoxville, Tennessee (ça arrive) en 1963 (aucune honte à ça). Ce mec, amoureux fou du cinéma et notamment du cinéma de genre (westerns, films d'horreur, films noirs, films dits d'exploitation, films de kung-fu...), qui a travaillé dans un vidéo-club avant de se décider à se lancer directement dans l'industrie, ce mec, donc, n'a pas sorti beaucoup de films, depuis sont premier en 1992 : huit seulement, ou neuf, tout dépend si vous considérez les deux parties de Kill Bill comme un seul film (ce qui est le cas, en fait) ou deux. Tarantino a aussi réalisé des épisodes de séries TV (Urgences, Les Experts) et surtout écrit des scénarii pour pas mal de films, comme pour Une Nuit En Enfer, True Romance, et Tueurs-Nés (oui, le film polémique d'Oliver Stone ; c'est Tarantino qui a eu l'idée de base). Ca lui arrive aussi de faire l'acteur, souvent dans ses films (et dans ce cas, il a souvent un rôle qui finit mal), parfois dans les films de ses amis (Robert Rodriguez l'a dirigé dans Une Nuit En Enfer, Planète Terreur, Desperado). Enfin, QT est aussi producteur pour d'autres que lui (Robert Rodriguez, Roger Avary, Eli Roth).

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Bien que courte (Tarantino en est à huit films, donc, et il a un jour annoncé qu'il s'arrêterait après dix films ; il est en préparation du neuvième, qui devrait sortir courant 2019 si tout va bien), la filmographie de Tarantino est des plus incroyables. Aussi incroyable que le personnage de Tarantino lui-même, qui, au début de sa carrière dans le cinéma, dans les années 80, alors qu'il tentait de percer comme acteur (avant de se décider à passer à l'écriture et la réalisation seulement), n'hésitait pas à bidouiller son CV pour se rajouter des rôles dans des films qu'il inventait pour l'occasion ! Comme je l'ai dit, QT a un temps bossé dans un vidéo-club, il y a cotoyé Roger Avary, un autre employé des lieux, et y a découvert le cinéma européen (Melville, Godard) et asiatique (Kurosawa). Retravaillant le scénario de son pote Avary, il le transforme en True Romance, qui sera tourné par Tony Scott en 1993 (par la suite, Avary fera, lui, Killing Zoe, que QT produira). Il imagine, comme je l'ai dit plus haut, l'histoire de base du futur Tueurs-Nés d'Oliver Stone. 

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Il faudra attendre 1992 pour voir Quentin passer enfin derrière la caméra. Reservoir Dogs, ce premier film (le titre est une référence au film Au Revoir Les Enfants de Louis Malle, mal prononcé par un Américain, et aux Chiens De Paille de Peckinpah) était initialement prévu pour être tourné avec les employés du vidéo-club (qu'il a quitté en 1989 après y avoir bossé pendant 5 ans, 5 années de découverte du cinéma et de peaufinement de sa culture), et en 16mm. Mais QT est devenu ami avec un jeune producteur du nom de Lawrence Bender, qui fait tourner le scénario (déjà riche en dialogues ciselés et de qualité, une constante chez Tarantino), qui tombe entre les mains d'Harvey Keitel, un des acteurs fétiches de Scorsese, alors en légère perte de vitesse. Keitel adore le film, accepte de jouer dedans, se propose même de le coproduire, la totale. Tarantino a du crever le plafond de la salle où il se trouvait quand il a appris la nouvelle. Il sélectionne d'autres acteurs au cours d'une participation à un 'laboratoire' de réalisation au Festival de Sundance (festival de cinéma américain crée par Robert Redford) en 1991, il y rencontre Steve Buscemi, Michael Madsen, Tim Roth, qui joueront tous dans le film. Lequel film, distribution complètée (l'écrivain et ancien taulard Edward Bunker, et QT lui-même, jouent un tout petit rôle), est tourné en 1991 et proposé à Cannes, hors-compétition, l'année suivante, année de sa sortie. Humour décapant, violence sanglante, dialogues de dingues, musique géniale, histoire remarquable riche en rebondissements, minimalisme de la réalisation (quasiment un seul décor : un entrepôt), acteurs en état de grâce, et déjà des références au cinéma. Ce film, surpuissant, se fait remarquer. 

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Juste après, QT reprend un vieux scénario qu'il avait imaginé avec Avary : un film-gigogne, constitué de trois histoires qui se percutent, s'entremêlent, pour n'en former qu'une seule. Pulp Fiction, car il s'agit de ce film, voit son scénario achevé début 1993, et pour pouvoir le mener à bien, QT et Bender constituent leur propre maison de production, A Band Apart (d'après le film La Bande A Part de Godard). La distribution se réunit apparemment assez facilement (Keitel est de nouveau de la partie, comme Roth, QT joue encore une fois un petit rôle), et est un régal. Le film va notamment permettre à John Travolta de revenir sur le devant de la scène après des années de vaches étiques. Il va aussi permettre de révéler Uma Thurman, Samuel L. Jackson et Ving Rhames. Bruce Willis, Christopher Walker, Maria De Medeiros, Amanda Plummer, Eric Stoltz, Rosanna Arquette, pour ne citer que les plus importants, complètent la distribution, et le film est projeté à Cannes en 1994. Coup de tonnerre : il remporte la sacro-sainte Palme d'Or, faisant ainsi entrer QT dans la légende dorée du cinéma. Violent, drôle, inventif, jubilatoire, s'inspirant des histoires présentes dans les pulp magazines (magazines d'histoires noires imprimés sur du papier de mauvaise qualité, pulpeux), rempli de scènes et de dialogues cultissimes (rien que le speech d'intro de Tim Roth dans le coffee shop est grandiose), avec une musique d'enfer et un montage de folie, le film a beau durer 2h30, on ne s'emmerde pas un seul instant tout du long, il semble ne durer que 30 minutes. Chef d'oeuvre !

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Le film permet à QT de se faire vraiment un nom : il joue dans Une Nuit En Enfer de son pote Robert Rodriguez, et en a écrit le scénario, ainsi que dans Desperado, du même Rodriguez. Il produit le film de Roger Avary, Killing Zoe. Il lui faudra attendre 1997 (trois ans d'attente ! Ses premiers fans sont haletants) pour revenir à la réalisation avec un film s'inspirant de la blaxploitation des années 70 (Superfly, Truck Turner, Blackula, Shaft...), dont il engage d'ailleurs (lui permettant de revenir un temps sur le devant de la scène) une des figures de proue, Pam Grier (Coffy, La Panthère Noire De Harlem). Egalement interprété par Samuel L. Jackson, Robert De Niro, Michael Keaton, Bridget Fonda, Robert Forster et Chris Tucker, le film, Jackie Brown, se base sur le roman Punch Créole d'Elmore Leonard et dure la bagatelle de 2h35 minutes. Musique d'enfer 70's, acteurs épatants, sens de la réalisation et des dialogues, et histoire remarquable (et plutôt bien adaptée du roman), mais il n'empêche : tout en étant excellent, le film n'est pas aussi marquant que les deux précédents (et que pas mal des suivants), et la durée étendue se fait, ici, un peu ressentir parfois. Le film marche bien, mais moins bien quand même que Pulp Fiction. Au vu de l'ensemble de la filmographie de Quentin, c'est probablement un de ses moins bons (tout en restant relatif : Jackie Brown est mille fois meilleur que le meilleur film d'un réalisateur moins chevronné que QT), mais le film est attachant, on l'aime quand même. Mais ce n'est pas vers lui qu'on reviendra le plus souvent. 

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Entre 1997 et 2003, aucun film ne sortira. QT en produira, mais il passera le plus clair de son temps à imaginer deux scénarii : un film de guerre, qu'il fera plus tard, et un film inspiré par le kung-fu et le cinéma asiatique, qui sera son oeuvre suivante, qu'il commencera à tourner en juin 2002 (suite à une indisponibilité d'Uma Thurman, qu'il engage pour le rôle principal, et qui tombe enceinte en 2001, peu de temps avant que le tournage ne démarre initialement). Kill Bill, car c'est de ce film qu'il s'agit, est doté d'un scénario tellement dense, fourmillant de personnages, de détails et de rebondissements, que pour le mener à bien sans rien omettre, Tarantino décide de le couper en deux parties, qui sortiront en 2003 et 2004 respectivement. Kill Bill, Vol. 1 sort donc en 2003. Le film possède un casting de dingues (Uma Thurman, Lucy Liu, Daryl Hannah, Michael Madsen, Julie Dreyfus, Vivica A. Fox, Sonny Chiba, Michael Parks, et bien entendu, David Carradine), une musique d'enfer, un scénario incroyable, des dialogues sublimes, des références en-veux-tu-en-voilà (films de kung-fu, westerns, films de rape and revenge, mangas...). Cette histoire d'ancienne tueuse rescapée d'une tentative de meurtre de la part de ses anciens complices et de leur boss Bill, et qui va chercher à se venger et à retrouver son enfant, est imparable. Le premier film est d'une violence irréelle (une fameuse séquence montrant Uma Thurman dézinguer à coup de katana une horde de yakuzas surnommés les Crazy 88's, parce qu'ils sont au nombre de 88, et aucun ne survit, est hallucinante), sanglant au possible, et totalement jubilatoire.

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Kill Bill, Vol. 2, en 2004, suite directe (il est plus que vivement conseillé, malgré les 4 heures de projection que ça représente, de regarder les deux films à la suite, ou en tout cas, avec le moins d'espace possible entre les deux visionnages si vous les regardez séparément) du premier volume, possède une ambiance plus lente (certes, le film est violent, mais moins : interdit aux moins de 12 ans, alors que le premier volet était interdit aux moins de 16 ans), plus terre-à-terre et réaliste, et insiste pas mal sur le passé du personnage principal (une longue et grandiose séquence d'entraînement dans une sorte de monastère asiatique faisant penser à Dragon Ball ou Karate Kid) et sur celui de Bill, joué par un David Carradine impérial. Le film est aussi abouti que le premier volet, ce qui est dans un sens normal : c'est juste la deuxième partie de Kill Bill, pas une suite, pas un autre film, tout a été tourné en même temps et juste découpé en deux films au montage. Aussi réussi que le premier volet, ce deuxième fait de Kill Bill une des pièces maîtresses de Tarantino, et peut-être même son meilleur film au final. On notera que comme Pulp Fiction et plusieurs autres films de QT (tous les autres, en fait), ce film est découpé en chapitres, comme un roman visuel. 

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La même année 2004, QT est Président du Festival de Cannes, et fait décerner la Palme d'Or à un film politique, le documentaire Fahrenheit 9/11 de Michael Moore, qui dézingue George W. Bush et son mandat alors en cours. Une conférence de presse pour expliciter ce choix (cas alors unique dans les annales cannoises) est organisée le lendemain. 2005 : Robert Rodriguez réalise Sin City, adapté de la série de romans graphiques de Frank Miller. Uns des séquences, mettant en scène Clive Owen et Benicio Del Toro dans une voiture, est tourné par Tarantino, quasiment pour rien (QT l'a faite pour un dollar symbolique), et la même année, il écrit et réalise le double épisode final de la saison 5 des Experts. Il produit Hostel d'Eli Roth. Et avec l'aide de son ami Robert Rodriguez, il imagine un projet un peu fou : un double programme de films (un réalisé par lui, et l'autre par Rodriguez) inspirés par le cinéma d'exploitation des années 70 (ces films tournés rapidement, avec trois fois rien, des scénarii basiques, des acteurs de seconde zone, et diffusés en double programme dans les cinémas), les films dits Grindhouse. Le concept va même encore plus loin : une série de bandes-annonces de faux films est tournée. Les deux films (Planète Terreur de Rodriguez, dans lequel QT joue un petit rôle, tout comme dans son propre Boulevard De La Mort) sortent en 2007 (le QT sort avant le Rodriguez). La France les a sortis séparément plutôt qu'en double programme comme aux USA, alors que c'était justement le concept, tué dans l'oeuf par l'exploitation internationale. Le film de Rodriguez est génial, celui de QT est amusant, avec un Kurt Russell génial et une poignée d'actrices charmantes (QT joue à fond la carte de son propre fétichisme pour les pieds nus féminins, de film en film, et ici, c'est le paroxysme) mais que l'histoire du cinéma ne retiendra pas jouent les rôles principaux. Dialogues parfaits, réalisation et montage volontairement bancaux (pour faire style 'film d'exploitation', on a même des taches et déchirures sur l'écran), musique efficace, mais le film reste son moins bon à ce jour. Ceci dit, le concept même du film (un film volontairement basique, mal foutu, de série B) est passé au-dessus de pas mal des fans et critiques qui n'ont pas pigé que si le film semblait moyen, c'était totalement volontaire !

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En fin d'année 2008, Tarantino commence le tournage de son film suivant, Inglourious Basterds (fottes d'aurtograffe volontaires pour le titre du film), un film de guerre, dont il avait imaginé le scénario quelques 8 ou 10 ans plus tôt, et qui s'inspire notamment d'une série B de guerre italienne portant le même titre (pour l'exploitation internationale), sans les fautes d'orthographes volontaires, et réalisé par le spécialiste de la série B transalpine de merde : Enzo G. Castellari. Au casting de ce film-fleuve (2h40 à peu près) imparable : Brad Pitt, Mélanie Laurent, Christoph Waltz (récompensé à Cannes pour ce rôle de nazi terrifiant et glaçant), Eli Roth, Michael Fassbender, Diane Kruger, Til Schweiger et Daniel Brühl. Film qui prend énormément de libertés avec la réalité historique de la Seconde guerre mondiale (le film se termine par un massacre dans une cinéma, au cours duquel Hitler est tué par les Américains !), et totalement jubilatoire aussi bien par ses dialogues, acteurs, histoire et bande-son (comment mettre "Cat People" de Bowie dans un film se passant dans les années 40...et faire en sorte que ça marche !). Le film est génial, il faut bien le dire, mais les critiques commenceront à sérieusement pointer du doigt un des éléments les plus importants du cinéma de Tarantino : sa propension à écrire des scènes de dialogues bien fournies et longues, qui ne semblent parfois ne pas avoir une importance dans le déroulement de l'intrigue, et ne servent qu'à balancer des punchlines et échanges bien sentis. Voir, dans le film, la scène de la partie de cartes entre Diane Kruger et des soldats allemands, et dans une moindre mesure le prologue du film, entre Christoph Waltz et Denis Ménochet. Mais rien n'est laissé au hasard, notamment, dans cette scène de prologue, l'utilisation alternée de l'anglais et d'autres langues. Tout sert à faire monter la tension.

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2010 : QT préside le Festival de la Mostra, de Venise. Sofia Coppola, avec qui QT a un temps eu une liaison en 2003/2004, se voit récompensée pour son Somewhere. QT vante le film, en fait des louanges. On l'accuse de favoritisme. Les gens sont cons, même s'il est vrai qu'il aurait pu être un peu plus discret pour le coup. L'année suivante, 2011 donc, il annonce son prochain film, qui sera un western, et sortira en janvier 2013 (en France ; aux USA, ça sera fin 2012), Django Unchained. Au programme de ce film violent, sensationnel (son deuxième meilleur film derrière Kill Bill pour moi), Jamie Foxx, Christoph Waltz, Kerry Washington, Leonardo Di Caprio (terrifiant et génial en esclavagiste cruel), Samuel L. Jackson (hilarant en vieil esclave nègre dirigeant les autres esclaves de la maisonnée)...et Franco Nero, le Django initial du western des années 70, dans un caméo court mais excellent. Brutal comme c'est pas permis (des scènes vraiment dures et sanglantes), le film est porté par des acteurs en état de grâce et une réalisation monumentale. QT apparaît rapidement dans un rôle très secondaire et, comme toujours, excellent.  Le film remporte deux Oscars : le scénario, et l'acteur de second rôle (pour Christoph Waltz). Fin 2013, QT annonce son film suivant, qui sera aussi un western.

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Mais le film, Les Huit Salopards, est victime d'un gros coup du sort peu après que son scénario soit achevé : il a fuité sur Internet et Tarantino, dépité, en colère, déprimé même, décide de ne pas faire le film et de passer à autre chose. Mais le projet lui tenant vraiment à coeur, et bien décidé au final à ne pas laisser ce coup du sort régler sa vie, il réécrit le scénario et le film est tourné quand même, et sortira en fin d'année 2015. Long (2h40, et même encore plus long dans sa version director's cut qui sortira dans quelques salles), le film est sublime, excellent, jubilatoire (je l'utilise souvent, ce mot, hein ? Mais avec Tarantino, il convient parfaitement, je trouve), mais encore une fois, et même plus que pour les précédents films, on critiquera la propension de Quentin à mettre de très longues scènes de dialogues. La première partie du film est assez lente, beaucoup de dialogues, peu d'action. Mais quand ça démarre, putain, ça ne s'arrête plus ! Huis-clos se passant dans un relais de poste encerclé par une violente tempête, et dans lequel huit personnages ne se connaissant pas devront coexister, le film est interprété par une brochette d'acteurs immenses : Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Walton Goggins, Tim Roth, Jennifer Jason Leigh, Michael Madsen, Demian Bichir et un revenant, Bruce Dern. Film excellentissime, à la fois drôle et brutal, parfois malsain (le passage où Samuel L. Jackson raconte son expérience avec le fils du vieillard joué par Bruce Dern est à la fois drôle et révoltante), Les Huit Salopards (le titre est aussi bien une allusion au fait que c'est le 8ème film de QT qu'aux 7 Mercenaires de John Sturges) est encore une fois un chef d'oeuvre, en attendant son prochain film, qui devrait, selon toute logique, aborder un sujet tout à fait différent : Charles Manson et sa tarée de Famille... Film qui, je l'espère, sera une nouvelle preuve du génie cinéphilique et cinématographique de ce réalisateur totalement hors concours, faisant les films qu'il a toujours rêvé de voir !