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 Spoilers...si vous n'avez jamais vu le film, attention !

En 1968, Franklin J. Schaffner réalise, avec un scénario de Rod Serling et Michael Wilson librement inspiré du roman de Pierre Boulle, La Planète Des Singes, avec Charlton Heston. Contre toute attente (le genre SF étant pour le moins en désuétude depuis quelques années, à l'époque), le film remporte un immense succès de par le monde, et le producteur du film, Richard D. Zanuck (de la 20th Century Fox), passant tous les jours devant des salles de cinéma affichant complet et de belles queues de spectateurs venus voir le film, a eu une commotion cérébrale dans sa p'tite tête : et si on faisait une suite, les gars ? Pensez donc, une suite, ça n'a jamais été imaginé, l'idée de génie, hein ? Bon, sincèrement, en 1968/69, ce n'était pas encore complètement une habitude, de faire une suite à un film à succès, alors on peut rendre ça à César Zanuck...Et suite, il y eut, en 1970. Une suite réalisée par Ted Post (Magnum Force, Pendez-Les Haut Et Court, Le Merdier, un épisode de La Quatrième Dimension...) et dans laquelle Charlton Heston reprend, rapidement, son rôle de Taylor. Il ne voulait pas, mais on l'a persuadé. Unique condition : que son personnage meurt dans le film, afin que, si jamais l'idée venait à Zanuck ou autres de faire un troisième volet, on ne vienne pas le chercher à nouveau ! Donc, maintenant c'est fait, vous le savez même si vous n'avez jamais vu le film : Heston meurt dans ce deuxième volet, intitulé Le Secret De La Planète Des Singes. Beneath The Planet Of The Apes, en titre original. 

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C'est James Franciscus (que je connaissais pour deux films, tous deux abordés ici, avant de le voir dans ce deuxième volet de la saga : La Vallée De Gwangi, western préhistorico-fantastique très sympathique (sorte de Jurassic Park avant l'heure) de 1969 et Le Chat A Neuf Queues de Dario Argento (sorti la même année que ce film de Ted Post), un giallo remarquable où il partageait l'affiche avec le grand Karl Malden. Ici, il partage l'affiche avec Kim Hunter (qui reprend son rôle de Zira), Linda Harrison (qui reprend son rôle muet de Nova), Maurice Evans (qui reprend son rôle de Zaïus), Roddy McDowall (qui reprend son rôle de Cornélius, même si, en fait, c'est un extrait du premier film qu'on aperçoit, dans le prologue ; pour le reste du film, Cornélius est joué par David Watson, McDowall étant pris par un autre tournage), Paul Richards, Jef Corey, Don Pedro Colley, Victor Buono et Natalie Trundy. Le film sera suivi, les trois années suivantes, de trois autres suites : Les Evadés De La Planète Des Singes, La Conquête De La Planète Des Singes et La Bataille De La Planète Des Singes, avant de laisser la place à deux séries TV (1974 et 1975) et, en 2001, à un remake raté par Tim Burton. Puis depuis 2011 et jusqu'à très récemment, trois films, en réalité des sortes de remakes des trois dernières suites de la saga originelle, ont été faits. 

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Le titre de mon article, un peu nébuleux, est compréhensible pour quiconque ayant vu ce film et qui se souvient de comment il se termine (ce qui n'est pas difficile à se souvenir, le final du film étant vraiment marquant). Quand on regarde la saga initiale, dans l'ordre, pour la première fois, arrivé à la fin de ce deuxième volet, on se demande vraiment comment ils ont réussi à en faire trois autres derrière : la fin du film, en effet (SPOILERS ! IL EST PREFERABLE D'AVOIR VU LE FILM, CAR LA FIN EST REVELEE !! VOUS AUREZ ETE PREVENUS !!!), ne montre rien d'autre que la totale et définitive destruction de la Terre par une explosion atomique souterraine, l'ultime bombe H. Tout le monde meurt ; il n'y à plus rien, comme le chantait Léo Ferré. Et au début du troisième volet, on voit Cornélius (repris définitivement par McDowall), Zira et un autre singe parvenir à grimper dans une machine à voyager dans le temps et à revenir bien loin dans le passé, quand la Terre était  encore dirigée par les Hommes, et quand les singes n'étaient que des animaux sans parole, bref, à l'époque contemporaine de la sortie des films. Et la suite de la saga raconte en réalité ce qui se passe avant les évênements des deux précédents opus. Voilà en quoi les films récents ne sont ni plus ni moins que des remakes déguisés, modernisés, des vieux films, avis à ceux qui pensaient que les films récents étaient originaux dans leurs intrigues : non !

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Retour au Secret De La Planète Des Singes. L'action démarre, via le prologue, exactement là où le précédent film se finissait, sur la vision tétanique de la Statue de la Liberté à moitié enfouie dans le sable et d'un Taylor fou de rage, maudissant la race humaine pour avoir déclenché l'holocauste nucléaire. Taylor vit sa vie, avec Nova, dans le désert de la Zone Interdite. Aperçevant une crevasse s'ouvrant dans le sol, Taylor s'approche de ce phénomène et disparaît subitement, devant les yeux d'une Nova terrifiée. Ailleurs dans cette même Zone Interdite, une navette spatiale s'écrase. A son bord, et unique survivant, Brent (James Franciscus), qui fut avec ses compères morts dans le crash chargé de retrouver Taylor et de le ramener sur Terre. Brent est persuadé d'avoir atterri sur une autre planète, il ne peut se douter qu'il s'agit de la Terre, et on serait en l'an 3955. Arpentant la Zone, il découvre Nova, qui porte sur elle des éléments de l'uniforme de Taylor, et il découvre ainsi qu'il est sur la bonne piste. Grâce à elle, il arrive jusqu'à la cité des Singes, et découvre, horrifié, l'horrible situation de la planète, ce retournement de situation entre les civilisations humaines et simiesques. Il est blessé par un gorille et Nova parvient tant bien que mal à le conduire chez Cornélius et Zira, qui aidèrent Taylor auparavant et ne seront pas étonnés de voir un autre humain parler. Brent apprend tout de la bouche de Zira, qui le soigne.

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Alors qu'il espère, avec Nova, s'enfuir de la ville, il est arrêté, avec Nova, et doit servir de cible pour des entraînements, mais Zira parvient à les faire s'échapper. Traqués, ils trouvent refuge dans un abri souterrain qui s'avère être une station de métro new-yorkaise, Queensboro Plaza, et c'est ainsi que Brent découvre où il se trouve, et ce qui s'est passé sur la Terre bien des siècles auparavant. Arpentant plus en amont la station, il découvre, en en sortant, les ruines, désormais sous la terre suite à un affaissement, de New York : la cathédrale Saint-Patrick, notamment. En y entrant, il va découvrir que plusieurs humains, pouvant parler (contrairement aux Hommes avilis par les Singes, comme Nova, qui sont muets et retournés à l'état sauvage), et dotés de pouvoirs télépathiques, vivent dans les ruines, vénérant ce qui s'avère être une authentique bombe atomique. Défigurés sous des masques, par les radiations, ils n'attendent qu'une seule chose pour déclencher leur dieu de colère, que les Singes ne fassent irruption parmi eux...

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Sincèrement, j'aime énormément cette première suite au classique de Schaffner. OK, Le Secret De La Planète Des Singes (un film plutôt court, comme les autres suites : 95 minutes, les autres durent même encore moins longtemps) n'est pas aussi quintessentiel que le film originel de 1968, ce n'est pas comparable, mais c'est quand même une très bonne suite, largement supérieure aux suivantes (encore que le quatrième volet, La Conquête De La Planète Des Singes, soit très bon), et qui renferme son lot de très bons moments : la découverte de la station de métro et des ruines de New York sont presque aussi remarquables que le final du précédent film, et le final du film, littéralement apocalyptique (et pour cause), est du genre qui ne s'oublie pas. Comme je l'ai dit plus haut, difficile de se dire qu'un troisième volet (suivi encore de deux autres !) a pu être fait par la suite, difficile d'imaginer une suite à un film se terminant par la destruction de la Terre par explosion atomique ! Ce film, qui passe peu souvent à la TV (comme les autres suites), est donc vraiment à voir, James Franciscus est excellent, le scénario est des plus corrects, la réalisation assez calibrée, mais efficace... Vraiment une suite de qualité, ce qui est plutôt rare, quand on y pense !