San_Andreas

 Spoilers...

Je ne sais pas vous, mais moi, j'aime bien les films catastrophe. Certains sont purement géniaux (L'Aventure Du Poséïdon, de 1972 ; La Tour Infernale), d'autres franchement médiocres (surtout pour le scénario, car pour les effets spéciaux, ceux que je vais citer juste après sont vraiment réussis), comme évidemment 2012, et dans une moindre mesure, Le Jour D'Après. Mais tous sont vraiment excellents à regarder quand on a envie de se déconnecter le cerveau pendant 2 heures ou plus, des films pop-corn sans aucune autre prétention que de vous en montrer plein la vue. Dans la catégorie des films d'action catastrophe qui déconnectent bien le cerveau pendant deux heures, ce film, sorti en 2015, et d'une durée de 115 minutes, se place là. Réalisé par Brad Peyton (aussi le réalisateur de, euh, de...je ne sais pas, Voyage Au Centre De La Terre 2 ? Comme Chiens Et Chats : La Revanche De Kitty Galore ? On n'est donc pas exactement en présence d'un cador du cinéma), un réalisateur canadien pour ce qu'on s'en fout, ce film s'appelle San Andreas, et est interprété par Dwayne 'The Rock' Johnson, Carla Gugino, Paul Giamatti, et on a aussi Ioan Gruffud, Archie Panjabi, Alexandra Daddario, Hugo Johnstone-Burt et Kylie Minogue, oui, z'avez bien lu, Kylie putain de Minogue. 

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La tronche de Hugo Johnstone-Burt, en bleu, est symptomatique de la réflexion suivante : pourquoi j'ai signé pour jouer dans ce film ?

Il y à une chose très facile à comprendre, et une autre assez difficile à comprendre, concernant ce film : il a été assez moyennement accueilli par la presse (facile à comprendre) et a été un gros succès commercial (hein ?) à sa sortie, en 2015, malgré tout. C'est le genre de film que l'on trouve facilement en DVD ou BR à prix réduit, et même, des fois, en pack avec d'autres films. Croyez-le ou pas, mais j'ai acheté ce film en pack (un fourreau de carton, avec les deux Blu-ray séparés glissés dedans, le tout pour 10 €) avec...Mad Mad : Fury Road. Le seul point de comparaison entre les deux films est leur année de sortie ! San Andreas est un film bourrin de chez bourrin, en même temps, avec Dwayne Johnson dedans, c'est difficile de faire du Godard. Je ne critique pas Dwayne Johnson, hein, il fait ce qu'il peut, et à un moment donné, dans le film, il sort même plus de trois phrases d'affilée, ce qui en dit long sur le fait que son personnage est très lettré et fouillé.

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Putain, dire que je vais devoir ranger tout ça, moi...

Vous avez peut-être remarqué (ou pas : la précision de la catégorie étant en bas d'article...), mais j'ai classé ce film dans les nanars de chevet. Nanar, ç'en est un, pour moi du moins. De chevet, en tout cas, il l'est presque : tout en ayant immédiatement cerné le salopard, j'ai quand même vraiment aimé ce film, et le second visionnage, tout aussi bonnard que le premier, a confirmé ma première impression : San Andreas est un nanar génial dans la catégorie du plus c'est gros, plus c'est con, plus c'est bon. Tout du long du film, les scènes de catastrophes, de destructions, sont tellement énormes qu'elles en sont hénaurmes, larger than life, out of this world, über de chez über, ce que vous voulez comme superlatifs. Comme son titre l'indique, le film utilise le postulat suivant : et si la faille de San Andreas (une faille géologique située en Californie passant aussi bien par San Francisco que Los Angeles, ce qui en dit long sur sa taille), responsable de puissants et réguliers séismes, s'ouvrait totalement, et définitivement, ce qu'elle menace de faire un jour ? Et si l'imprévisible et pourtant probable catastrophe arrivait, enfin ?

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Passera ? Passera pas ?

Ray Gaines (Dwayne Johnson) est un pilote d'hélicoptère de secours en montagne, et il vit séparé de son ex-femme, Emma (Carla Gugino). Alors que leur fille Blake (Alexandra Daddario) est à San Francisco, la faille de San Andreas s'ouvre complètement, entraînant dans son sillage catastrophes diverses telles que glissements de terrain, crevasses gigantesques, effondrements de buildings, éventrements de routes, chutage de pylones électriques, black-out, renversements de verres d'eaux et chutes en rollers. Complètement paniqués face à une situation des plus imprévisibles et catastrophiques, Ray et son ex vont arpenter la Californie pour essayer de retrouver leur fille (laquelle, à Frisco, est accompagnée d'un ami et de deux adolescents et va tenter de s'en sortir), dans le chos ambiant. 

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Un joyeux bordel d'effets spéciaux diverzévariés, donc, que ce San Andreas qui utilise à fond la carte du plein la vue, camarades. Vous pensiez que dans le genre, 2012 de Roland Emmerich allait vraiment très loin ? Rassurez-vous, ce film de Brad Peyton va encore plus loin dans la surenchère. C'est tellement gros que ça en devient improbable, même si on sait qu'un jour, la faille de San Andreas s'ouvrira peut-être (pendant une visite de Trump, espérons-le ; et qu'elle se referme immédiatement après qu'il ait chuté dedans, si possible), et que ça occasionnera quelques dégâts, je ne pense pas que ça ira aussi loin que dans ce film. On dit toujours que la réalité est pire que la fiction, OK, mais là, c'est pousser le bouchon un peu loin, Maurice ! Il n'empêche que ce film est, dans son genre, très fendard, pas réaliste pour un sou, mais visuellement super bien foutu, et on s'éclate tout du long devant ce spectacle de destruction décérébré (ne cherchez pas la psychologie des personnages : durant le premier jour de tournage, elle a pris sa voiture pendant la pause syndicale, a eu un accident et est morte sur le coup). Oui, San Andreas est un nanar ; mais un vraiment bon nanar. Tout y est : dialogues irrésistibles de connerie, situations ubuesques, personnages idiots, clichés en abondance (le vrai petit enculé de salopiaud qui ne pense qu'à sa gueule, le brave adolescent trop jeune pour voter mais assez intelligent pour sauver tout le monde, la fille rebelle du héros, la femme divorcée du héros, le héros musclé, etc, il me semble même qu'il y à une histoire avec un chien, quelque part), surmultiplication des effets spéciaux destinés à te dire à quel point le film a coûté cher et va t'en faire prendre plein les mirettes pour le prix de ton billet (soit dit en passant, vu le prix des billets, claquer autant pour le voir en salles m'aurait quand même fait bien chier)... Plaisir coupable !