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Spoilers...

En 1978, Brian DePalma est déjà mondialement réputé. Pourtant, sa filmographie n'est pas encore riche de films tels que Pulsions, Blow Out, Les Incorruptibles ou L'Impasse. Mais quand il sort Furie en cette année 1978, sa réputation de nouveau maître du suspense et de l'angoisse est déjà établie, via Carrie Au Bal Du Diable, son précédent film, première (et une des meilleures) adaptation de l'univers de Stephen King (mais aussi via Obsession, Soeurs De Sang et Phantom Of The Paradise). Deux ans après avoir adapté Stephen King (qui n'hésitera jamais à clamer que le film de DePalma est meilleur que son propre roman), DePalma adapte un autre roman fantastique, signé John Farris celui-là (et Farris a même signé lui-même le scénario adapté de son propre roman), et c'est donc ce film : Furie. Dans la filmographie du réalisateur, ce film possède une place assez à part, étrange, presque fantômatique, coincé entre Carrie Au Bal Du Diable et Pulsions, deux jalons du réalisateur. Furie n'a clairement pas le même statut culte, et s'il marchera bien au cinéma, il ne cassera cependant pas la baraque que Carrie

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Le film possède un casting trois étoiles, ceci dit : quand on aligne Kirk Douglas et John Cassavetes, pardon, mais c'est du lourd sur l'affiche ! Amy Irving (qui jouait Susan dans Carrie Au Bal Du Diable, un des rarissimes personnages féminins positifs du film), Dennis Franz, Charles Durning et William Finley (des fidèles du réalisateur) et Carrie Snodgress complètent la distribution de ce film qui m'a toujours un peu fait penser, par moments, au roman de Stephen King (adapté au cinéma en 1983 ou 1984, par Mark L. Lester, un navet portant le titre original du roman, Firestarter) Charlie, dans lequel une gamine capable de foutre le feu par la force de sa pensée est pourchassée par une organisation gouvernementale, roman datant de 1980, donc on ne peut pas accuser DePalma (et avant ça, John Farris) de s'en être inspiré ne serait-ce qu'un peu. On peut aussi penser au classique de David Cronenberg, Scanners, sorti en 1981, qui s'est très certainement inspiré de Furie par moments. Tout ça pour dire que le film aborde l'esprit humain et les pouvoirs psychiques et médiumniques. On proposera à DePalma d'adapter ce roman de Farris car son sujet se rapproche de celui de Carrie, mais à la base, DePalma voulait adapter le classique de la SF L'Homme Démoli d'Alfred Bester. 

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Peter Sandza (Kirk Douglas) est un ancien agent de la CIA, dont le fils Robin (Andrew Stevens) possède des dons télépathiques. Un jour, sur une plage au Moyen-Orient, tous deux sont victimes d'une attaque qui laisse Peter pour mort. Quand il reprend connaissance, son fils a disparu, et Peter ne va pas mettre longtemps avant de se rendre compte que les responsables de cette attaque ne sont pas des terroristes, mais une organisation gouvernementale secrète du nom de PSI, située au sein de la CIA, et chargée d'enlever les sujets psychiques afin de s'en servir comme armes. Cette organisation est dirigée par un certain Ben Childress (John Cassavetes), qui était autrefois un collègue  et ami de Peter. Peter, avec l'aide de Gillian Bellaver (Amy Irving), une adolescente possédant le même type de pouvoirs que son fils (télékinésie, perception extra-sensorielle), va se lancer à la recherche de Robin. Pour ce faire, Gillian va se proposer comme volontaire pour intégrer une organisation du nom de Parangon, dirigée par un certain McKeever (Charles Durning), une relation de Childress...

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Trois acteurs qui par la suite deviendront célèbres font ici leur première apparition au cinéma : Dennis Franz (qui jouera dans d'autres films de DePalma, ainsi que dans la série TV New York Police Blues), Daryl Hannah et Laura Innes (Urgences). Le film possède plusieurs scènes franchement très réussies, notamment une (je ne dirai pas à quel moment du film elle intervient, ni quel personnage est concerné) qui a bien marqué son temps (et a été une galère à tourner) : l'explosion, littérale, d'une personne par la simple force de l'esprit. Dans Scanners, on voit une tête exploser de la même manière ; ici, c'est le corps entier ! Impressionnant et assez gore, cette scène est aujourd'hui presque plus célèbre que le reste du film. Furie, sinon, est bien joué, bien réalisé, bien écrit (je n'ai pas lu le roman de Farris, mais il a lui-même signé son adaptation, j'imagine donc que c'est assez fidèle au roman), mais ce n'est pas non plus le meilleur film du réalisateur, et ce n'est pas non plus un de ses plus connus. Cependant, c'est une des premières tentatives, pour DePalma, de faire autre chose que le suspense pur et dur. Par la suite, entre films noirs, polars, film de SF ou film de guerre, Brian DePalma se dispersera, avec plus ou moins de bonheur. Dans la catégorie fantastique pur et dur, Furie est une très bonne surprise, et je le conseille aux fans.