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Spoilers !

Après avoir abordé tous les classiques de Steven Spielberg, ainsi que ses films les plus récents, il ne me restait plus qu'à aborder ses films secondaires. Certains l'ont été (Cheval De Guerre, Munich, Always, A.I. ou Empire Du Soleil, que j'ai cependant du mal à qualifier de film secondaire, mais c'est le cas pour pas mal de monde), d'autres le seront un jour (La Couleur Pourpre : je n'en reviens toujours pas que ce film n'ait pas été abordé ici depuis le temps ! Et là aussi, je ne le vois pas comme un cru secondaire ; et Amistad). En revanche, je n'aborderai probablement pas (certainement pas, même) Hook Ou La Revanche Du Capitaine Crochet, car il y à des limites au mauvais goût. Bref, tout ça pour dire qu'il ne reste plus grand chose à aborder de la part de Spielby, et Le Terminal, sorti en 2004, troisième de ses collaborations avec Tom Hanks, en fait partie. Et ce film, je ne voulais tout simplement pas l'aborder, ni ne voulais plus en entendre parler, jusqu'à ce que je le revoie, un jour, récemment (il y à quelques mois), et tout en le revoyant, je me suis dit que le film n'était pas si mauvais que ça. Et qu'il méritait peut-être (j'ai bien dit : peut-être) d'être réévalué. 

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Dans la filmographie de Spielberg, ce film se situe entre Arrête-Moi Si Tu Peux (un régal de comédie au charme parfait, sorti en 2003, avec Tom Hanks et un Leonardo Di Caprio qui commençait vraiment à devenir intéressant) et La Guerre Des Mondes (sorti en 2005, une excellente et très sombre adaptation de l'oeuvre de H.G. Wells, avec Tom Cruise, un film méconnu et à voir absolument). Entre les deux, donc, Le Terminal, un film aussi interprété par Catherine Zeta-Jones, Stanley Tucci, Chi McBride, Diego Luna, Zoe Saldana, Corey Reynolds et Kumar Pallana. Le film se base sur une histoire vraie, celle d'un Iranien, Mehran Karimi Nasseri, qui a passé 18 ans dans le terminal 1 de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle (de 1988 à 2006) pour des raisons de papiers absents, de droit d'asile refusés par plusieurs pays d'Europe et d'une grande confusion. Pour le film, Spielberg a changé pas mal de choses, en fait, quasiment tout, il s'est juste inspiré de cette histoire vraie qui, au moment du tounage et de la sortie du film, était encore en cours. Le film se passe intégralement à l'aéroport JFK de New York, et le personnage principal n'est plus iranien, mais originaire d'un petit pays proche de la Russie, un pays fictif du nom de Krakozie. Le personnage, joué par Hanks, s'appelle Viktor Navorski.

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Il arrive à l'aéroport JFK comme un simple touriste, venu cependant dans un but bien précis, qui sera explicité par la suite dans le film. Mais le problème est que son pays, la Krakozie, vient de sombrer dans la guerre civile, c'est le bordel intégral là-bas, son gouvernement a été renversé, la situation diplomatique internationale est compromise. Au moment de se faire enregistrer, à la douane de l'aéroport, comme touriste sur le territoire américain, Viktor se voit refuser l'accès à cause du putsch dans son pays. Il ne sait quasiment pas parler anglais, et a du mal à comprendre pourquoi on lui retire son passeport et son billet de retour pour la Krakozie. Le directeur par intérim de l'aéroport, Frank Dixon (Stanley Tucci), a du mal à lui faire comprendre la réalité de sa situation. Viktor finit par comprendre, en regardant les écrans de TV du terminal, que son pays a sombré dans la guerre et qu'il est bloqué ici, dans l'aéroport, dans cette zone internationale. Il décide donc, après quelques heures d'errance, de s'installer dans une section fermée du terminal. 

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Dixon, qui aspire à être nommé définitivement directeur de l'aéroport, n'apprécie absolument pas que Viktor reste à résidence dans son terminal, grapillant de la monnaie çà et là (récupérant des chariots abandonnés pour les raccrocher et récupérer les pièces, terminant les plateaux-repas abandonnés par les touristes à la cafétéria...), et va tout faire pour le faire pousser la porte de l'aéroport, afin qu'il pénètre par effraction sur le territoire américain et soit, ainsi, pris en charge par une autre administration que la sienne. Mais Viktor est un gars honnête et droit, et il préfère attendre que ça se décante. Il va ainsi, au fil de ses pérégrinations dans le terminal, rencontrer toute une faune : les agents de nettoyage (dont Gupta - Kumar Pallana -, un vieillard de près de 80 ans, acariâtre et parano, recherché dans son pays - l'Inde - et ayant toujours peur qu'on ne le dénonce à la police de l'air), et une charmante hôtesse de l'air, Amelia (Catherine Zeta-Jones), souvent de passage rapport à son métier, et avec qui il va bien sympathiser...

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Le Terminal est un Spielberg atypique, une pure comédie sentimentale que l'on n'aurait probablement jamais attendue de sa part. C'est un film à la fois charmant et drôle (un des films les plus légers du réalisateur, malgré la gravité de la situation dans laquelle se trouve Viktor, temporairement apatride), dans lequel Tom Hanks prouve une fois de plus qu'il peut absolument tout jouer. Dans le rôle de ce touriste étranger au très fort accent de l'Est (la VF est de ce côté-là particulièrement réussie) et complètement dépassé par la situation, il est juste excellent, et je ne vois pas quel autre acteur aurait pu jouer ce rôle. Tucci est très bon en parfait salopard (ne vous fiez pas à son allure débonnaire et aux premières scènes avec lui, ce personnage est tout simplement imbuvable ; encore plus salopard que son rôle dans la série TV Urgences), et les acteurs secondaires sont très bons aussi, mention spéciale à Kumar Pallana, à la fois drôle et touchant dans le rôle de ce vieil Indien parano. Catherine Zeta-Jones fait sa Zeta-Jones, rien à dire ni en positif, ni en négatif. 

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Le film est très appréciable tout en étant, c'est clair, un des films les moins aboutis et réussis du réalisateur, son deuxième film le moins réussi derrière Hook. L'ambiance générale est très agréable et au fil du film, on prend de plus en plus d'aise avec le décor inhumain de ce gigantesque aéroport (l'essentiel a été tourné à l'aéroport Montréal-Mirabel au Québec, et en studio), au même titre que le personnage principal prend de plus en plus ses aises, s'installant dans son petit coin isolé, travaillant ici et là pour gagner un peu d'argent pour manger, etc... The Terminal est, au final, un film sympathique mais mineur, surprenant de la part de Spielberg (mais pas de la part de Tom Hanks), un film au casting efficace mais sans surprise, un film très calibré, une comédie romantique aux ressorts un peu gros...Mais ça marche quand même assez bien grâce à son acteur principal, vraiment excellent, et à un humour plutôt présent (sans qu'il ne bouffe le film non plus).