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 Spoilers !

Je me souviens encore du jour où j'ai regardé Batman Begins de Christopher Nolan pour la première fois. Pas en salles au moment de sa sortie en 2005, car j'avais été tellement échaudé par les deux films de Joel Schumacher (Batman Forever et Batman Et Robin) que je m'étais juré, comme le corbeau de Poe, jamais plus, persuadé qu'après un tel massacre (et surtout Batman Et Robin, dans lequel rien ne va comme il faut : acteurs en roue libre et ne correspondant pas aux personnages, scénario débile, montage foiré, surabondance de tout pour arriver à rien...), la saga était morte, enterrée, en train de pourrir six pieds sous terre. Et Nolan est arrivé. Pas encore considéré comme un des plus grands réalisateurs de son temps à l'époque (il avait certes fait Memento, mais c'était à peu près tout), Christopher Nolan a réussi l'impossible : ressusciter la saga. En fait, il en a carrément inauguré une autre, son Batman Begins étant le premier volet d'une trilogie qui redéfinit la saga (on y découvre comment Bruce Wayne est devenu Batman). Christian Bale y interpréte le double rôle avec une aisance et une efficacité impressionnantes. Le seul reproche, à la rigueur, pouvait être cette voix très sépulcrale et profonde donnée à Batman, mais ça en rajoute au côté sombre du personnage, un super-héros plutôt torturé. Et quand j'ai découvert ce film, en DVD, environ deux ans après sa sortie, j'ai été vraiment emballé, même s'il reste le moins bon de la saga Batman by Nolan. 

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Forcément, le deuxième volet de la saga de Nolan, The Dark Knight, sorti en 2009, j'ai été le voir en salles (et le troisième volet aussi). Une claque absolument grandiose, avec notamment un Heath Ledger tragiquement immense, l'acteur étant mort peu de temps avant que le film ne sorte (il tournait alors dans le film de Terry Gilliam L'Imaginarium Du Docteur Parnassus, qui sera fini avec plusieurs autres acteurs, en plus de Ledger, dans le rôle qu'il tenait). Un chef d'oeuvre total qui renvoyait l'ensemble des Batman précédents, même les deux de Burton, même le premier de Nolan, derrière lui. Faire mieux était un challenge, une gageure. En 2012, Nolan a réussi ce challenge avec The Dark Knight Rises, sur l'affiche duquel il est indiqué : la légende s'achève. Une trilogie, donc. On se souvient que la sortie (en été) de ce film a été entachée, malgré elle, par l'attaque d'un fou criminel se prenant pour le Joker et ayant attaqué une salle de cinéma. Le film n'en a pas moins été un succès au box-office, et un succès critique, même si certains ont reproché certains petits trucs (pas aussi quintessentiel que le précédent volet, un poil long - il dure 2h40 ! - et une prestation assez critiquée de Marion Cotillard à la fin du film). 

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Car Marion Cotillard joue dans le film. La distribution est d'ailleurs de Christian Bale, Morgan Freeman, Tom Hardy, Marion Cotillard, Anne Hathaway, Gary Oldman, Joseph Gordon-Levitt et Michael Caine. Bale, Oldman, Freeman et Caine sont les habitués de la saga, présents depuis Batman Begins dans les rôles respectifs de Wayne/Batman, du commissaire Gordon, de Lucius Fox et d'Alfred, le majordome de Wayne. Les autres en sont à leur entrée dans la saga, et sont dans l'ensemble juste remarquables. Enfin, sauf Marion Cotillard. Attention, ça va spoiler, mais j'ai prévenu en haut d'article alors ne venez pas gueuler dans les commentaires à ce sujet, merci : Cotillard n'est pas une mauvaise actrice : elle a campé une Edith Piaf incroyable dans La Môme, elle était excellente dans Inception (de Nolan) et Public Enemies de Mann, sans oublier Les Petits Mouchoirs de Canet. Et ici, dans The Dark Knight Rises, elle est correcte...sauf dans la scène de sa mort. Qui est tellement ridicule qu'elle a été parodiée des tonnes de fois sur le Ouèbe. Voilà, je voulais le dire ici. Après, il y à Tom Hardy, un acteur dont j'ai pas mal parlé ici récemment (via mes articles sur Legend, Dunkerque et Mad Max : Fury Road, dans lesquels il joue), et qui joue ici le méchant of ze film, j'ai nommé Bane (qui était déjà présent dans Batman Et Robinou, joué par un autre acteur évidemment, mais c'était un Bane aussi éloigné du Bane initial du comic-book et du Bane du film de Nolan que, disons, le sucre est éloigné du sel). Tétanisant, au même titre que Ledger en Joker, dans le précédent film (et je ne voudrais pas critiquer la performance de Nicholson en Joker dans le Batman de Tim Burton, il était immense dans le rôle, mais Ledger est meilleur encore, car totalement flippant et imprévisible).

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L'action du film se passe 8 ans après les évênements de The Dark Knight. Batman a cessé d'intervenir depuis la mort d'Harvey Dent, alias Double-Face, dont il assume la responsabilité (malgré que le commissaire Gordon (Gary Oldman), son seul allié dans la police, sache que Batman n'y est pour rien, Dent ayant été, à la fin de sa vie, un pur psychotique, mais Gordon ne peut rien dire de ce secret). Il est désormais passé du statut de héros à celui de criminel en fuite. Ca fait donc 8 ans que Bruce Wayne (Christian Bale) n'a pas enfilé le costume de Batman. La criminalité a sensiblement baissé à Gotham City. Mais un jour, un terroriste terrifiant, étrange et quasiment invulnérable, Bane (Tom Hardy), arrive à Gotham City, et va commencer, avec sa horde de criminels, à semer la terreur. Son plan ? Transformer Gotham en un pandémonium, une ville livrée à l'anarchie la plus totale. Face à cette menace, et tout en sachant que s'il ressort le bout de son nez la police va immanquablement le traquer, Bruce Wayne ressort son costume, et Batman reprend du service.

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Mais après un premier affrontement avec Bane, Batman, sérieusement amoché durant le combat, commence à se demander si ce nouvel adversaire ne pourrait pas être le dernier, Bane étant nettement plus fort que lui. Parallèlement, une jeune monte-en-l'air, Selina Kyle (Anne Hathaway), parvient au cours d'une soirée au manoir de Bruce Wayne (où elle était engagée comme serveuse en extra), à pénétrer dans le bureau de Bruce et à forcer son coffre-fort, lui dérobant des bijoux de famille. Elle a aussi réussi à lui voler ses empreintes digitales...

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Oui, je sais, le résumé n'est pas complet, pas très précis, aussi. Le scénario de The Dark Knight Rises est au moins aussi fouillé, dense et riche que celui du précédent opus, avec ses mutiples intrigues qui s'entremêlent (et qui concernent, pour certaines d'entre elles, plus Bruce Wayne et sa société que Batman), que le raconter est difficile, surtout quand on n'a pas revu le film depuis un moment, ce qui est mon cas (mais j'ai bien l'intention de me le refaire, ainsi que les deux précédents opus, dans l'ordre, évidemment). Le film est remarquable, et si je lui préfère The Dark Knight, c'est de peu. Dès le jour du premier visionnage, en salles, j'ai préféré le précédent opus, mais ce fut de peu, dès ce premier jour. Un peu critiqué, dans plusieurs pays, pour un côté très conservateur (c'est ainsi qu'on l'a vu en France) ou au contraire trop anarchiste (les ricains l'ont vu ainsi), le film est visuellement une bombasse atomique, certaines séquences (celle du stade, par exemple, ou le premier affrontement entre Batman et Bane) sont remarquables, et Tom Hardy campe un Bane juste surpuissant, aussi iconique d'un point de vue visuel que génial en tant que méchant. Si ce troisième volet est un chouïa moins grandiose que le précédent (et encore, je chipote), Bane est égal au Joker en terme d'impact. Le seul reproche à faire concerne la VF du personnage : la voix française de Bane est assez ratée, avec ses intonations assez à côté de la plaque !

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Ce troisième et ultime volet (vu le final, à la fois apocalyptique et en happy end, difficile d'imaginer que Nolan fasse un quatrième volet) est donc une réussite, un des meilleurs films de super-héros qui soient avec le précédent opus, les deux Batman de Burton, la trilogie Spiderman de Raimi, Watchmen et le second Hellboy. Ce qui fait neuf films en tout, et pour faire un classement Top 10, je rajoute le Superman de Donner, qui reste, malgré son âge, une référence en la matière. Me demandez pas pour l'ordre en revanche, même si j'ai bien envie de mettre The Dark Knight en premier, The Dark Knight Rises en deuxième et Hellboy II : Les Légions D'Or Maudites en troisième. Ce troisième Batman de Nolan est une claque, un blockbuster imparable, certes assez long, mais on ne s'ennuie pas. Et on note le retour dans la saga de Catwoman, de l'Epouvantail (le méchant de Batman Begins) et de Robin. Le final est génial, totalement dans l'esprit de cette trilogie de Nolan : sombre et lumineux en même temps, apocalyptique et plein d'espoir, et iconique au possible. Une référence dans le genre !