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Spoilers...

En 2011, un 'petit' roman (quand je dis 'petit', je ne veux pas parler de son nombre de pages, car il fait quand même largement ses 400 pages, mais je veux parler du faible impact médiatique qu'il est censé obtenir selon toute logique) est publié sous la forme d'un livre électronique, puis, trois ans plus tard (en 2014, bravo), sous la forme d'un livre lambda. C'est un roman de science-fiction du nom de The Martian, écrit par un certain Andy Weir dont c'est le premier roman (et toujours son seul livre à l'heure actuelle). 2014 est aussi l'année de sa traduction et publication française, sous le titre de Seul Sur Mars. Je n'ai lu le livre qu'après avoir vu le film qui en a été tiré, sorti en 2015 sous le même titre, et réalisé par Ridley Scott et, oui, bravo encore une fois, c'est bien de ce film que je vais parler aujourd'hui. Je ne parlerai d'ailleurs plus du roman ici, juste pour dire qu'il est très correct mais pas immense, et que je préfère amplement le film, ce qui est assez rare pour être signalé. Seul Sur Mars, le film, date donc de 2015 et est un film du grand (même s'il a eu un ou deux passages à vide dans les années 90 et 2000 : A Armes Egales, Hannibal, Les Associés) Ridley Scott.

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Je me souviens d'avoir vu l'affiche du film à un abribus (à ce moment-là, même si je savais à peu près de quoi parlait le film, j'ignorais qu'il s'agissait d'une adaptation de roman, car je n'avais tout simplement pas encore entendu parler du roman en question) et de m'être dit, en voyant le large visage casqué de Matt Damon, en orangé, sur fond rouge-orangé bien martien, que le film risquait d'être pas mal. Déjà, Ridley Scott. Ensuite, Matt Damon n'est vraiment pas un mauvais acteur, je n'ai notamment adoré dans le rôle de Jason Bourne dans la fameuse trilogie d'espionnage, et il était vraiment bon dans Monuments Men, Ocean's Eleven (le premier film, hein...), Les Infiltrés et Green Zone, sans oublier Contagion et, évidemment, Will Hunting. En plus, un film de SF ! Scott n'y a que rarement touché, à ce genre, mais à chaque fois (Alien, Prometheus), ce fut une réussite. Bref, ça promettait. Et ça a tenu ses promesses, car le film, tout du long de ses 140 minutes qui passent comme s'il durait deux fois moins longtemps, est une spendide réussite. 

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On trouve donc Matt Damon dans le rôle principal, entouré de notamment Jessica Chastain, Jeff Daniels, Kristen Wiig, Sean Bean et Sebastian Stan. L'action se passe en alternance entre Mars, l'espace et la Terre. Une équipe de scientifiques et d'astronautes de la NASA sont sur Mars, à faire des prélèvements et expériences, quand une tempête d'une très forte intensité se déclare. Le risque que leur fusée soit détruite par le vent martien est si fort que l'équipage doit se barrer illico presto. L'un d'entre eux, Mark Watney (Matt Damon), un botaniste, est frappé par une antenne décrochée, et s'écroule, inanimé. Ne pouvant rien faire pour lui sans risquer, eux aussi, d'y rester, ses collègues et amis, sous le commandement de Lewis (Jessica Chastain), le prenant pour mort, grimpent dans la fusée et décollent. Ils informent la NASA, à bord, de leur situation, de leur décollage précipité et du fait qu'un d'entre eux a laissé sa vie et son corps sur Mars. 

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Le lendemain, la tempête est passée, et Mark se réveille, encore un peu sous le choc, et constate que si les installations (un petit complexe habitable, une buggy) sont encore là, la fusée, elle, ne l'est plus. Il comprend tout de suite la situation et ne peut pas en vouloir aux autres d'être partis, l'ayant cru mort. Il constate aussi, désabusé, que les systèmes de communication Mars/Terre ayant été détruits, il ne peut plus communiquer, et ainsi dire qu'il est vivant, et il ne lui reste plus beaucoup de vivres, pas assez en tout cas pour attendre la prochaine mission martienne. S'enregistrant sur un journal intime filmé, il va commencer  sa survie, tentant notamment de faire pousser des légumes sur le sol martien, à l'intérieur de l'habitat. Parallèlement, pendant que la fusée Ares III est en route vers la Terre, le centre de la NASA découvre, via des photos satellite, qu'il reste quelqu'un de vivant sur Mars, en l'occurrence Watney. Décidant de ne rien révéler aux astronautes dans leur fusée afin de ne pas miner leur moral déjà atteint, le directeur de la NASA, Teddy Sanders (Jeff Daniels) va tout faire pour récupérer Mark Watney pendant que, de son côté, Watney va essayer de réparer  la liaison entre Mars et la Terre...

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On pourrait s'attendre à un film sombre et dur sur la survie dans un milieu hostile, à une sorte de The Revenant de l'espace. Il n'en est rien. Seul Sur Mars, tout du long, installe une ambiance assez optimiste, et même légère, et on n'a que peu de doutes sur l'issue finale, qui est la même dans le film que dans le roman (attention, je vais raconter la fin, mais comme j'ai prévenu en haut d'article qu'il y aurait des spoilers...) : oui, Mark Watney va parvenir à regagner la Terre grâce à une mission de secours. Peu de doutes, durant le film, sur cette issue heureuse, l'ambiance du film étant suffisamment optimiste tout du long. On a même quelques passages franchement drôles, comme celui où Mark se fait surprendre par une explosion dans son habitat, ayant mis trop d'oxygène pour chauffer la surface de sol propice à faire pousser ses patates. Une petite explosion sans gravité qui le fait quand même bondir ; quand il s'installe sur son siège pour enregistrer sa mauvaise expérience, il fume encore et dit, simplement : bon, ça, c'est fait. Ca fait très cartoon et franchement sourire. Comme quand, dans la buggy, Mark découvre la playlist MP3 laissée par sa chef Lewis, et est atterré de découvrir qu'il n'y à que de la musique disco 70's, qui ne semble pas être son absolu musical (entendre "Waterloo" d'ABBA sur Mars est sans doute une expérience intéressante, ceci dit), mais c'est tout ce qu'il a à écouter, alors...

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Visuellement, le film est une splendeur. Il a été tourné en Jordanie pour tous les paysages martiens, et entre les décors naturels de toute beauté et une teinte orangée apportée aux images, l'effet est renversant, on a l'impression que le film a réellement été tourné sur Mars. Matt Damon est juste excellent dans le rôle de ce Robinson Crusoë moderne qui ne se laisse franchement pas abattre (mis à part à un ou deux moments, comme lorsque une forte dépressurisation de l'habitat entraîne presque la mort de Watney, qui parvient de justesse à rétablir la situation, sauvant sa vie mais pas ses patates en culture) et fait de ce film un des plus légers et optimistes (troisième fois au moins que j'utilise ce terme ici, terme que je n'aurais jamais imaginé utiliser pour décrire un film de Ridley Scott, mais pourtant c'est le cas) de son réalisateur. Un de ses meilleurs aussi, tout du moins depuis la glorieuse époque de Gladiator. Sublime !