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Spoilers...

Encore un petit rappel en guise d'introduction : Jurassic Park, roman de Michael Crichton, sort en 1990 (1992 chez nous) et casse la baraque. Steven Spielberg en achète les droits et adapte le roman en 1993 : son Jurassic Park est une bombe, un de ses meilleurs films dans la catégorie des blockbusters spielbergiens, et le grand public est en droit d'en exiger une suite. Spielberg demande à Crichton d'écrire une suite à son roman, que Spielberg adaptera à son tour : Le Monde Perdu (roman publié en 1995, et 1996 chez nous, roman dans lequel il ressuscite le personnage de Ian Malcolm, qui, dans son premier roman, mourait, ce qui n'était pas le cas dans le film de 1993, où il était joué par Jeff Goldblum). Le film (Le Monde Perdu : Jurassic Park) sort en 1997 et est un ratage quasi total, on s'emmerde à le regarder, il y à des incohérences grosses comme le bras d'un catcheur professionnel, seuls les effets spéciaux valent carrément le coup. Une deuxième suite, Jurassic Park III, sortie en 2001 et réalisée par Joe Johnston (mais en partie produit par Spielby), d'une durée rikiki (1h35, générique de fin compris !), sera accueilli à peu près aussi bien que les supporters de l'OM au Parc des Princes un soir de match crucial pour le classement (pourtant, le film, qui fait revenir Sam Neill et Laura Dern qui jouaient dans le premier volet, est plutôt correct dans son genre, et je le préfère au second Spielberg) et les frais seront stoppés nets...

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...jusqu'à 2015 et la sortie de ce quatrième volet, qui fait en fait plus penser au premier volet d'une nouvelle franchise (comme les Batman de Nolan et les Spiderman de l'après-Tobey Maguire) qu'à un quatrième volet : Jurassic World. Le film est encore une fois, via Amblin Entertainment, en partie produit par un Steven Spielberg qui n'a, sinon, que peu de choses à voir avec le projet (le scénario a été signé par quatre personnes différentes dont Colin Trevorrow, qui a réalisé le film, mais aucune n'est tonton Steven). Le naufrage commercial intersidéral était annoncé, comme couru d'avance...mais, contre toute attente, Jurassic World marchera très très très fort au box-office international, à tel point qu'une suite est annoncée pour 2018. Le film est interprété par  Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Omar Sy, Irrfan Khan, Vincent D'Onofrio, Ty Simpkins et Nick Robinson, entre autres, et dure la bagatelle de 2h05. La musique est signée Michael Giacchino (mais il me semble qu'on entende le fameux thème de Jurassic Park, de John Williams, à un moment donné) et les décors de Roger Hart (non, là, je déconne ; et je ne sais pas si cette petite blagounette finale a été comprise de beaucoup de gens...). L'affiche du film est évidemment typique de celles de la saga (au fait, je pousse ici un petit coup de gueule : la multiplication éhontée de ces affiches dites teaser, celles qui sont faites avant la sortie du film et ne servant qu'à annoncer sa sortie à venir dans plusieurs mois, fait que les affiches définitives du film sont devenues difficiles à trouver sur le Net, celle en haut d'article est donc un de ces teasers et pas l'affiche définitive française). 

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Le film (et le roman de Crichton) original se passait dans un parc d'attractions révolutionnaire du nom de Jurassic Park, avec de vrais dinosaures recrées par un miracle de la science, mais le parc n'était alors pas encore ouvert au public, seuls des invités triés sur le volet avaient la chance (pas sûr que ce mot soit justifié, ici...) de le tester en avant-première...et la fête commença alors. Différence majeure dans Jurassic World (outre le nom du parc qui a lui aussi changé, il a le même nom que le film) : le parc est ouvert au public. Et ce, depuis un petit moment, comme on le juge au départ, le dresseur  de vélociraptors Owen Grady (Chris Pratt) et son collègue soigneur Barry (Omar Sy) ayant apparemment posé leurs marques depuis un bail, Grady ayant réussi à se faire obéïr et accepter (là encore, si ce terme est justifié en parlant de vélociraptors) de ces charmantes bestioles, et ça ne se fait pas en quelques jours. Bref, dans le film, le parc est ouvert et on n'assiste pas à son premier jour d'ouverture, il est ouvert et accueille du public en masse depuis un moment. 

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Ce qui ne va pas empêcher, évidemment (sincèrement, le film serait chiant sinon, pas vrai ?) des emmerdes d'arriver progressivement. Dans le film, les deux neveux de Claire Dearing (Bryce Dallas Howard, aussi rousse que son papounet de Ron Howard), qui est la chef des scientifiques du parc, arrivent en visiteurs, et doivent être sous sa tutelle, mais elle a tellement de boulot qu'elle sous-traite ce rôle à une employée qui va rapidement les perdre de vue. Une des nouveautés du parc, l'Indominus Rex, tellement imposant qu'à côté le T-Rex ferait penser à un caniche royal quelque peu obèse et hargneux, va poser quelques gros soucis : la créature s'échappe et va errer dans le parc, causant une panique totale...

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Bon. Niveau effets spéciaux, rien à dire, Jurassic World est aussi réussi, et même mieux encore, que les précédents volets (la technologie ayant évolué). Les acteurs ne sont pas tous géniaux (arrêtons de critiquer Omar Sy parce que c'est le Frenchie qui, comme Marion Cotillard quelques années plus tôt, se fait une place, petite mais certaine, à Hollywood ; ici, il n'est vraiment pas mauvais), mais Chris Pratt est plutôt correct dans le rôle principal, et Irrfan Khan (dans le rôle du directeur du parc) a quelques scènes qui font sourire (il ne sait pas piloter un hélicoptère mais s'amuse quand même de le piloter, ça va, je gère étant sa réplique favorite dans le film). La réalisation est correcte, Trevorrow (qui c'est ?) n'est pas Spielberg, mais c'est pas Bruno Mattéi non plus, c'est plutôt compétent et solide. 

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Le point faible du film réside dans son scénario qui accumules les incohérences comme un collier accumule les perles, et qui possède des ficelles grosses comme celles qui, justement, serviraient à relier entre elles les perles du collier dont je viens de parler. Passons sur les vélociraptors dressés comme de bons petits chiens-chiens, mais quand le T-Rex se transforme lui-même en sauveur du parc, surgissant comme un cavalier dans la nuit pour foutre sa misère à l'Indominus Rex sous le regard terrifié des survivants, avant de se barrer, mission accomplie, après avoir échangé ce que je n'espère pas (pour ma santé mentale) être un putain de clin d'oeil à un vélociraptor, là je dis : non. Le film n'est pas mauvais, il se laisse regarder sans problème, mais franchement, la cohérence a foutu le camp aux Baléares ou je ne sais où, mais elle n'était sûrement pas présente dans le bureau le jour où les scénaristes ont écrit le script. Mais c'est pas grave. Jurassic World reste un très bon divertissement, meilleur que les deux précédents opus, et meilleur que les cinq suivants, vous pouvez me croire. Autrement dit, c'est le deuxième meilleur opus de la saga derrière l'original. Oui, je sais, ça en dit long sur le niveau des deux précédents opus, mais il n'empêche que, bourré de défauts ou pas, ce film reste quand même vraiment pas mal !