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Spoilers...

Comme je l'ai dit ici il y à quelques semaines en abordant Le Mans de Lee H. Katzin et avec Steve McQueen, je ne suis vraiment pas fan de sport automobile, ce qui ne m'avait pas empêché, le film étant réalisé avec maestria dans ses nombreuses (quasiment tout le film) scènes de course, de vraiment beaucoup aimer. J'en avais profité, je crois, pour citer un autre film du même genre et que j'aime aussi beaucoup (en fait, je l'aime encore mieux, même s'il n'a pas, contrairement au film avec McQueen, été tourné dans les conditions réelles d'une vraie course) : Rush, réalisé en 2013 par Ron Howard. Ce film est interprété par Chris Hemsworth (qui jouera dans un autre film de Howard par la suite, Au Coeur De L'Océan) et Daniel Brühl, et on a aussi Alexandra Maria Lara, Olivia Wilde, Pierfrancesco Favino et David Calder. C'est une coproduction entre les USA, l'Angleterre et l'Allemagne qui raconte une histoire vraie, et est une sorte de double biopic, consacré à deux des plus grands pilotes de Formule 1 des années 70 à maintenant : James Hunt (de nationalité britannique) et Niki Lauda (de nationalité autrichienne et héritier d'une famille bourgeoise d'entrepreneurs). 

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Les deux (Hunt est joué par Hemsworth, et Lauda par Brühl) se rencontrent au tout début des années 70 sur des circuits de Formule 3. Tous deux sont de vrais virtuoses de la course, adorent ce qu'ils font, n'aspirent qu'à devenir le meilleur et à passer en Formule 1 (ça sera chose faite dès 1973), la catégorie-reine du sport automobile. Tous deux ont des personnalités diamétralement opposées : si Lauda est un pilote mortellement sérieux et professionnel, obsédé par le détail et par les limites à ne pas dépasser pour ne pas se mettre en danger, Hunt, lui, est un trublion, un chien fou, qui adore les pirouettes (s'il le pouvait, il ferait des loopings avec sa bagnole), un vrai trompe-la-mort doublé d'un fêtard infidèle. Dès la première rencontre, une certaine rivalité (doublé, au départ, de mépris de Lauda pour Hunt) s'installe, rivalité qui durera jusqu'à la fin et ne se transformera en amitié que très tardivement (à moins que ça ne soit une amitié vache dès le départ, mais si c'est le cas, elle n'est pas très démonstrative).

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Les vrais Lauda (après son accident) et Hunt, 1977

Au cours de la saison de Grand Prix de 1976, et plus précisément au cours du Grand Prix d'Allemagne sur le circuit du Nürbugring (1er août), Lauda (qui, compte tenu des mauvaises conditions météo, refusait de prendre le départ et tentera de faire annuler la course, avant de céder face aux autres coureurs, Hunt en tête, qui ne voyaient pas en quoi une pluie allait empêcher la compétition) est victime d'un terrible accident de course : sa Ferrari tape le rail de sécurité, s'enflamme et est percutée par deux autres bolides. Gravement brûlé, il est emmené aux urgences et on lui administre même les derniers sacrements. Mais le bonhomme est increvable : il survit (Lauda est, en 2017, toujours de ce monde), certes défiguré et brûlé, souffrant le martyre, mais à force de convalescence et de réadaptation, il reprendra (contre avis médical) la course au bout de seulement six semaines, finissant 4ème au Grand Prix d'Italie (à Monza), alors que Hunt, lui, abandonnera pendant la course. Au sujet de Hunt, quelques heures avant la course, il s'en prendra violemment à un journaliste ayant attaqué Lauda sur son physique défiguré pendant une conférence de presse, ce qui en dit long sur le respect (et l'amitié) qu'il ressent pour l'Autrichien.

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Hunt finit par gagner le championnat en 1976, et cessera la compétition en 1979. Il ne cessera en revanche pas sa vie de playboy fêtard et, en 1993, décèdera, à 45 ans, d'une crise cardiaque (entre temps, il était devenu consultant à la TV pour les retransmissions des courses de F1). Lauda, plus proche de Hunt vers la fin que vers le début de leur relation, est lui toujours de ce monde, retiré de la course depuis 1985. Il a remporté le championnat en 1975, 1977 et 1984. Il a servi de consultant pour Ron Howard  pour le film, et a estimé que Rush était très très fidèle à la réalité de l'histoire et des relations qu'il y avait entre Hunt et lui. Le film possède de remarquables scènes de course, pas aussi nombreuses qu'on pourrait le croire (ce n'est pas, comme Le Mans, un film uniquement basé sur la course, loin de là), une grande partie du film se concentrant sur la relation amitié/haine entre Hunt et Lauda, tous deux remarquablement bien interprétés, et sur leur vie professionnelle et privée (assez chaotique pour Hunt, dont la femme Suzy, jouée par Olivia Wilde, le quittera pour l'acteur Richard Burton ; plus traditionnelle et posée pour Lauda, pas du genre infidèle, ni sa femme). 

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Visuellement très réussi, doté d'une efficace bande-son (signée Hans Zimmer), Rush est un passionnant double biopic qui parviendrait limite à convertir en aficionado de la Formule 1 quelqu'un qui, à la base, n'aime pas du tout ce domaine. En l'occurrence, si je n'ai pas été converti, je dois dire que j'ai vraiment adoré ce film, et adoré le revoir (ce qui est encore mieux), je ne me suis pas ennuyé un seul instant. A la base, le sujet du film a fait que j'ai mis un certains temps avant de le voir, mais une fois le visionnage terminé, je me suis dit que j'étais vraiment con d'avoir mis Rush de côté pendant tout ce temps. La réalisation de Ron Howard est super efficace, et Howard est quand même un excellent réalisateur. Les acteurs sont géniaux, aussi crédibles qu'il soit possible de l'être, et il suffit de regarder la photo noir & blanc plus haut dans l'article, montrant les vrais pilotes, et n'importe quelle autre photo de l'article, pour se rendre compte de l'incroyable ressemblance physique. Et la reconstitution du monde de la Formule 1 dans les années 70 est apparemment très bien foutue, ce qui ne gâche rien. Bref, voici un super film, un excellent divertissement, 2 heures de grand spectacle à voir absolument !