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 Spoilers !!

Il y à fort fort longtemps mais pas dans une galaxie fort lointaine, j'avais abordé, ici, en un long article (à l'époque, le plus long de mon blog et le premier à aborder, d'un coup, plusieurs films ; d'autres articles de ce genre, certains encore plus longs, suivraient par la suite), la trilogie du Seigneur Des Anneaux de Peter Jackson. Puis les autres films de Jackson (Les Feebles, Fantômes Contre Fantômes, Créatures Célestes), pas tous mais presque, ont suivi. Compte tenu que pendant des années, de 2012 à 2017 (mis à part un rapide retour en 2014), je n'ai pas touché à ce blog, il manquait forcément une autre trilogie, entamée en 2012 et achevée en 2014 : celle du Hobbit. Réjouissez-vous, je l'aborde enfin. Cette trilogie est elle aussi signée du Néo-Zélandais Peter Jackson, ce qui n'a pas manqué de me réjouir quand on l'a appris car, à la base, c'est Guillermo Del Toro qui devait la signer. Et à la base, ça ne devait pas être une trilogie, mais un dyptique (deux films, quoi). D'ailleurs ça se ressent dans la trilogie, le dernier volet étant nettement plus court que les deux autres (il dure 2h20, les deux autres font 2h45 ou 2h50 pièce ; dans leurs versions sorties en salles, car il y à depuis aussi une version longue en DVD/Blu-ray, comme pour l'autre trilogie ; je n'ai pas vu ces versions longues). Visuellement, graphiquement, la trilogie du Hobbit est pareille que celle du Seigneur Des Anneaux, elle va même encore plus loin car les films ont été tournés en 3D. 

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Ces trois films s'appellent respectivement Le Hobbit : Un Voyage Inattendu (sorti en décembre 2012) ; Le Hobbit : La Désolation De Smaug (sorti en décembre 2013) ; et Le Hobbit : La Bataille Des Cinq Armées (sorti en décembre 2014). On retrouve évidemment les mêmes acteurs dans les trois films du Hobbit, à savoir Martin Freeman, Richard Armitage, Ian Holm, Ian McKellen, Hugo Weaving, Cate Blanchett, Ken Stott, Adan Turner, Graham McTavish, James Nesbitt... Holm, McKellen, Weaving et Blanchett reprennent leurs rôles respectifs de Bilbon âgé, Gandalf, Elrond et Galadriel. Andy Serkis reprend le rôle de Gollum. Elijah Wood apparaît dans le prologue dans le rôle de Frodon, qu'il reprend aussi. Quand je dis 'reprend' c'est bien entendu parce que cette trilogie a été faite après celle du Seigneur Des Anneaux. Mais l'histoire du Hobbit en elle-même se passe avant.

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Cette nouvelle trilogie est l'adaptation du roman Bilbo Le Hobbit que J.R.R. Tolkien a publié en 1937, soit 17 ans avant son roman-fleuve Le Seigneur Des Anneaux qui en est la suite directe. Si Le Seigneur Des Anneaux est un roman-fleuve qui imposait d'être adapté en longs films (et en trilogie, car il est constitué de trois livres), Bilbo Le Hobbit est, lui, un court roman de 300 pages à peu près (selon les éditions, il peut aller jusqu'à 350 pages, mais rarement plus à moins d'être imprimé en gros caractères) et c'est là le souci de cette nouvelle trilogie : elle ne s'imposait peut-être pas vraiment en tant que telle. Mais ne serait-ce que pour être raccord avec l'oeuvre, Jackson a sans doute pensé qu'il valait mieux faire, encore une fois, trois films, tournés en même temps. 

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Mais l'action du roman est tellement mince que la trilogie s'embarrasse de plein de choses qui ne s'y trouvent pas (dans le roman). Par exemple, tout ce qui, dans la trilogie, concerne Lacville et ses intrigues politiques ne se trouve pas dans le roman. Bard (joué dès le second volet par Luke Evans) s'y trouve, ainsi que la ville et le fait qu'elle soit attaquée par Smaug le dragon, mais ça s'arrête là, Tolkien ne brode absolument pas sur les intrigues politiques dans la ville et les différents traquenards auxquels Bard et ses amis échappent...ou pas. Tauriel, une elfe jouée, dès le second volet là aussi, par Evangeline Lilly (à la beauté littéralement elfique), n'existe pas dans le roman (on notera que dès le second volet, Orlando Bloom reprend son rôle de l'elfe Legolas). De même, Azog, le chef de la bande des orques, a une importance considérable dans la trilogie, mais dans le roman, oubliez-le. Dans le roman, on a Bilbon (orthographié à l'anglaise tout du long, soit Bilbo) qui part à l'aventure avec Gandalf et 13 nains (dont leur chef Thorin) afin de déloger Smaug le dragon qui, depuis des années, vit dans la Montagne Solitaire d'Erebor, ancien royaume des Nains de la Montagne que Smaug a délogés. Les Nains entendent récupérer leur royaume et l'Arkenstone, le joyau des Nains, et ont engagé Bilbon, sur conseil de Gandalf (afin de sortir Bilbon de sa routine), en tant que voleur pour l'Arkenstone. En cours de chemin, la troupe va affronter des trolls, des araignées, et Bilbon va y découvrir, gardé par une hideuse créature du nom de Gollum, un curieux anneau doré qu'il va empocher...

Et oui, il s'agit bien du même anneau.

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Sincèrement, j'ai adoré ces trois films, surtout en salles où je les ai vus en 3D. Je les ai adorés, surtout que les acteurs sont excellents (Martin Freeman, acteur britannique alors peu connu, est juste génial dans le rôle-titre, il a vraiment su capter tout ce qui fait la mentalité des Hobbits : le dégoût total pour l'aventure et l'extraordinaire, l'envie et même le besoin de se retrouver chez soi, dans son cocon, sans rien faire d'autre que de profiter de la vie), la réalisation à tomber par terre, les effets spéciaux inoubliables et le sens de l'épopée, aussi total que dans la précédente trilogie. Plus le plaisir absolu de retrouver la Terre du Milieu, ses créatures, ses personnages... et la musique de Howard Shore. Et ce plaisir de fan devant cette sublime et courte scène où Gloin, un des Nains, discute un peu avec l'elfe Legolas et lui apprend qu'il a un fils du nom de Gimli...le même Gimli qui, dans la trilogie du Seigneur Des Anneaux, fera partie, avec Legolas, de la Communauté de l'Anneau ! Allusion amusante qui rajoute encore un peu plus de piquant. 

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J'ai aimé ces trois films que j'aborde ici en un gros tas, sans rentrer dans les détails (sinon, je ne m'en sortirai pas), mis j'ai quand même pris moins de plaisir à les voir et revoir (dernier visionnage de la trilogie du Hobbit : aux environ de Noël dernier, en deux jours) que je n'en prends à revoir, inlassablement, en versions cinéma ou longues, celle du Seigneur Des Anneaux. Pourquoi ? En grande partie parce que, pour les romans, j'ai toujours moins aimé Bilbo Le Hobbit au Seigneur Des Anneaux, même si j'aime bien ce court roman qui pose les bases de l'univers crée par ce génie de Tolkien (il a tout inventé, histoire, langues, alphabets, royaumes, personnages, géographie...de cette Terre du Milieu). Et puis parce que la trilogie du Hobbit en rajoute pas mal afin de s'étirer sur ses trois films. Le projet initial de Guillermo Del Toro (crédité parmi les scénaristes car il a longuement préparé le projet avant de l'abandonner et que Jackson ne le reprenne) était sur deux films, ce qui était correct pour adapter le roman, que cela soient des films de 2h30 ou de 3 heures. Même si le dernier volet de la trilogie est le plus court et qu'il ne s'y passe pas grand chose (une gigantesque bataille pendant quasiment tout le film), ça rend l'ensemble assez longuet et boursouflé, surtout que comme je l'ai dit, on y a rajouté pas mal de choses (personnages, évênements) inexistants dans le roman.

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Tout ça, évidemment pour faire du métrage, pour que cette nouvelle trilogie soit aussi pharaonique que l'autre. C'est pour ça que je n'ai pas vu (et n'ai pas l'intention de le faire) les versions longues de la trilogie du Hobbit. Je ne les possède d'ailleurs pas, m'étant contenté, en Blu-ray, des versions cinéma, amplement suffisantes. J'ai franchement aimé (même adoré) cette trilogie aussi bien en salles que chez moi, mais il n'empêche que je m'ennuie ferme devant ces séquences d'intrigues politiques dans Lacville, entre le Maître de la ville et son éminence grise Alfrid (de toute ma mémoire de cinéphile, je n'ai jamais vu une aussi épouvantable tête à claques, excepté peut-être Jar-Jar Binks dans la 'nouvelle' trilogie Star Wars), ainsi qu'avec la majeure partie des séquences mettant en scène Azog, personnage crée uniquement pour apporter un méchant dans la trilogie. Il y à bel et bien un méchant dans le roman, mais c'est le dragon Smaug, qui n'apparait qu'à la fin du roman (enfin, vers la fin). Dans la trilogie, il n'apparait que dans les deux derniers volets, et surtout le second (il se fait tuer très rapidement après le début du troisième film, tellement rapidement qu'en fait, on aurait très bien pu montrer sa mort dans le second volet), c'est d'ailleurs une vraie prouesse visuelle, chaque séquence avec Smaug étant une pure merveille. Mais si on supprime Azog et sa horde, il n'y aurait aucun méchant dans le premier opus, et dans la majeure partie des deux autres (une fois Smaug tué, le roman se finit, pas de bataille des cinq armées, et, donc, le troisième volet n'adapte quasiment rien du roman).

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En guise d'adaptation, la trilogie du Hobbit se pose donc là : si tout ce qui fait la force du roman est présent (rien n'a été négligé des diverses péripéties), on a quand même beaucoup trop de rajouts qui, globalement, ne servent qu'à rallonger la durée et à apporter de la viande, de l'action...mais au détriment de l'histoire en elle-même, qui fonctionne parfaitement sans ces rajouts destinés au grand spectacle. Contrairement à la trilogie du Seigneur Des Anneaux qui ne proposait pour ainsi dire aucun rajout par rapport au roman, juste des aménagements (dans le roman, le passage avec Arachné apparaît dans la deuxième partie, pas la troisième comme c'est le cas dans la trilogie ; et Boromir meurt au début de la deuxième partie, pas à la fin de la première) destinés au suspense mais ne gâchant rien de l'histoire, et ne m'ayant personnellement pas choqué. Les divers rajouts, dans Le Hobbit, m'ont, en revanche, désagrablement surpris, et dès le premier volet, dans la salle, en 2012, je me suis demandé si le fait d'aborder ce roman en trilogie était une bonne idée.

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Si les trois films sont visuellement splendides et qu'on prend plaisir à les regarder, le fait est que, non, finalement, avoir fait une trilogie de ce si court roman n'était pas une si bonne idée que ça. Jackson a succombé (ou on l'a forcé à succomber) aux sirènes du box-office, mais il aurait mieux valu ne faire que deux films. Mais ne boudons pas notre plaisir : telle qu'elle est, la trilogie du Hobbit est tout de même un sacré bon moment de cinéma, remplie d'action, de suspense, d'humour et d'effets spéciaux à tomber par terre. C'est juste que l'autre trilogie est meilleure.