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Spoilers !

Edward Zwick... Sous ce nom moyennement prononçable se cache un réalisateur ayant signé quelques films vraiment corrects : Légendes D'Automne, Le Dernier Samouraï, Blood Diamond, A L'Epreuve Du Feu. Mais aussi le détestable (pour moi, en tout cas) Couvre-Feu. Son meilleur film, Zwick l'a réalisé en 1989, et il s'agit de son deuxième film par ailleurs. Compte tenu qu'il en a signé une douzaine (plus des oeuvres pour la TV) en tout et pour tout depuis son premier en 1986, c'est un peu dommage, pour lui, d'avoir quasiment démarré sa carrière par son chef d'oeuvre, mais c'est comme ça. Et puis il faut dire que ce film, Glory donc, a à peu près tout ce qu'il faut, là où il le faut, pour que cela soit un vrai classique : histoire intéressante (et de plus, une histoire vraie) ; période de l'histoire qui n'est pas si souvent que ça abordée au cinéma ; casting trois-étoiles avec notamment deux acteurs qui n'en étaient certes pas à leur coup d'essai (surtout pour le premier que je vais citer) mais ont vraiment explosé suite à ce film : Morgan Freeman (qui faisait du cinéma depuis les années 60, mais dans des petits rôles) et Denzel Washington (même chose, mais depuis le début des années 80). On a aussi Matthew Broderick, Cary Elwes, Jihmi Kennedy, Cliff DeYoung, Bob Gunton et Andre Braugher (des acteurs, donc, moins connus, pour ceux que je cite après Elwes) dans ce film.

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 L'action de ce film se passe aux USA pendant la tristement célèbre guerre de sécession (la seule  fois que les ricains ont eu une guerre sur leur territoire, l'attaque japonaise de Pearl Harbor mise de côté, ce fut contre eux-mêmes qu'ils se sont battus, ce qui est assez ironique). Le capitaine Robert Gould Shaw (Matthew Broderick), blessé à la bataille d'Antietam, est ramené chez lui, à Boston, pour convalescence, en attendant qu'il puisse regagner le front. Il reçoit et accepte une promotion lui faisant passer le grade de colonel, et un poste de commandement du 54ème régiment de l'infanterie volontaire du Massachussetts, qui aura la particularité d'être un des premiers régiments de l'armée américaine à n'être constitué que de soldats (engagés volontaires) de couleur. Shaw demande à son ami, Cabot Forbes (Cary Elwes), de l'assister, avec rang de major, dans son commandement, et Forbes, qui partage les idées anti-esclavagistes de Shaw, qui ne veut voir aucune différence entre les Blancs et les Noirs. 

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Alors que l'armée confédérée (les Sudistes, ségrégationnistes et esclavagistes) annonce que tout soldat nordiste de couleur sera immanquablement exécuté s'il est trouvé, et qu'en cas de victoire (à laquelle ils ne doutent évidemment pas) de leur part, les USA entiers retourneront à l'esclavagisme, les soldats volontaires du 54ème régiment, parmi lesquels John Rawlins (Morgan Freeman), l'ami de Shaw et Forbes Thomas Searles (Andre Braugher) et Silas Tripp (Denzel Washington), ne font que renforcer leur volontarisme, leur patriotisme vis-à-vis de l'Union, et leur motivation. Mais entre ceux qui n'ont jamais tenu d'armes entre leurs mains et doivent tout apprendre de la discipline militaire et les soldats Blancs qui se moquent d'eux ou les méprisent carrément pour leur couleur de peau, sans parler des injustices auxquelles ils ont droit (pas de chaussures de qualité, moins de nourriture et de moins bonne qualité, etc), Shaw et Forbes auront beaucoup de travail pour prouver que leurs soldats sont aussi méritants que les soldats Blancs. Surtout qu'au combat, ils ne seront pas les derniers à attaquer... 

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En à peine deux heures, Glory est une réussite à ranger aux côtés du très beau film Indigènes de Rachid Bouchareb, même si les deux films ne se passent pas au cours de la même guerre. Mais le message est le même : pour sa patrie, pour la liberté, il n'y à pas de différences raciales. Il n'y en à même pas, en réalité, le concept de races étant une aberration vu qu'il n'y en à qu'une seule : la race humaine. Dans Glory, on voit ces soldats de couleur qui se battent avec encore plus d'ardeur que leurs compatriotes blancs-becs, contre les Confédérés avec lesquels ils ont très certainement de vilains comptes (esclavage) à régler. Tous les acteurs de ce film sont prodigieux, mention spéciale à Denzel Washington et Matthew Broderick. Si Washington a su prouver, très rapidement, qu'il était un excellent acteur (Malcolm X, Philadelphia, Hurricane Carter, Man On Fire, USS Alabama, Inside Man, American Gangster) même si ses derniers films (le remake épouvantable des 7 Mercenaires...) ne tendent pas trop à le prouver, pour Broderick, c'est un peu différent. Le mec, avec sa bonne bouille ronde, a plus souvent qu'à son tour joué dans des films plus ou moins sympathiques, mais ne mettant pas trop son talent en valeur, des trucs comme La Folle Journée De Ferris Bueller, Wargames, Premiers Pas Dans La Mafia, Disjoncté, Godzilla de Emmerich, Inspecteur Gadget ou le remake des Producteurs, comme on le voit, ça fait peur tout ça. Glory est clairement son meilleur film, son meilleur rôle. Enfin, Morgan Freeman est égal à lui-même : remarquable. Bref, voici un sublime film plein d'émotion, d'action et de fureur, un film sur l'Amérique, la Guerre civile et sur le patriotisme, un film qui montre que la couleur de peau n'est strictement rien, que les seules couleurs de la peau américaine sont le rouge, le blanc et le bleu (dans cet ordre), c'est à dire les couleurs du drapeau américain.