Sur%20la%20piste%20du%20Marsupilami

Comme je l'ai dit ici à plusieurs reprises (et je le redirai notamment demain, pour ma prochaine chronique), je suis fan de BD. Aussi, quand j'ai appris qu'Alain Chabat envisageait de faire une adaptation cinéma du Marsupilami, amusante et originale bestiole inventée par André Franquin, je me suis dit chouette, Chabat + BD + Marsupilami, ça va promettre. A la base, Chabat (un grand fan de BD, ça se sent : il faut voir le traitement loufoque, et au final très proche de l'esprit de la BD, qu'il avait fait à Astérix Et Cléopâtre) devait, voulait, faire un film sur Spirou & Fantasio, mais pour des problèmes de droits, il n'a pas pu. Il s'est rabattu sur le Marsupilami, crée par Franquin quand celui-ci repris la série Spirou (qu'il n'a pas crée, mais bien popularisé), et qu'aucun autre repreneur de la série (Fournier, Nic & Cauvin, Tome & Janry, Morvan & Munuera, Yoann & Vehlmann) n'ont repris, pour des raisons de droits, justement (le premier album dessiné et scénarisé par Fournier propose certes le Marsu, mais c'est Franquin qui le dessina, par amitié pour Fournier, et pour faire une transition). Faisant un peu son James Cameron, Chabat a attendu un peu pour faire le film (apparemment, il envisageait déjà de le faire quand il s'attaquait à Astérix), ne voulant probablement pas proposer un Marsupilami médiocrement réalisé. Qu'on se rassure : le rendu visuel est ici vraiment bluffant, on en serait limite prêts à croire Chabat quand, durant la campagne de promotion du film, il annonçait, avec tout le sérieux du monde (pour ça, il est très fort), que trouver un vrai Marsupilami fut difficile, l'apprivoiser encore plus, mais qu'au final, ce fut un acteur adorable et facile à diriger, bref, que le Marsu existe vraiment et n'est pas une créature faite par ordinateur !

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Le film s'appelle Sur La Piste Du Marsupilami, se base sur un scénario original (qui reprend cependant des éléments des albums, des détails, allusions...) est interprété par Alain Chabat, Jamel Debbouze, Fred Testot, Lambert Wilson, Géraldine Nakache, Patrick Timsit, Aïssa Maiga, Jacques Weber, Liya Kebede et The Great Khali. Plus le Marsupilami, une fouine hilarante, un chihuahua dévastateur et un perroquet tuant. Le film reprend des détails, petites allusions, à l'univers de la BD popularisée par Franquin, entre le nom d'un joueur de base-ball du nom d'Andréo Franquino, le pays fictif dans lequel se passe l'action (la Palombie), le personnage, évidemment, du Marsupilami, celui du dictateur d'opérette dont le look et le symbole rappelle furieusement le Général Zantas (Le Dictateur Et Le Champignon, septième tome de Spirou) alias Zantafio... Mais dans l'ensemble, c'est comme pour Astérix Et Obélix : Mission Cléopâtre : Chabat a bien détourné, perverti la base pour en faire son truc. Si son film sur Astérix, de 2001, reste son meilleur, Sur La Piste Du Marsupilami n'en demeure pas moins une belle réussite dans son genre, un film hilarant, servi par des acteurs qui se sont super éclatés et livrent bien souvent des prestations juste à se pisser dessus : Patrick Timsit est impayable en chef de la sécurité fort peu avare en coups d'aiguillon à bestiaux, Lambert Wilson, en ex-dictateur déchu fan de Céline Dion, livre une scène d'anthologie tout simplement ahurissante (les critiques, généralement, à la sortie du film, n'en parlaient pas trop, de cette scène, pour laisser la surprise, et je ferai donc de même dans le cas où vous n'auriez pas encore vu le film), Fred Testot est génial dans le rôle de ce vieux scientifique (un botaniste) qui trouve le secret de l'éternelle jeunesse et devient un dictateur d'opérette, et le duo Jamel/Chabat fonctionne parfaitement.

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L'histoire ? Dan Geraldo (Alain Chabat) est un journaliste-reporter qui, autrefois, fit sensation avec un reportage tourné sur le vif en pleine guerre civile en Palombie, petit pays d'Amérique du Sud. Depuis, Geraldo a fait son chemin, mais le problème, c'est que son émission ne marche plus trop. Pour sa patronne (Aïssa Maiga), il est temps de passer à autre chose, aussi lui donne-t-elle son ultimatum : il repart pour la Palombie, afin de faire un reportage sur la tribu des Payas, qui auraient découvert, depuis longtemps, le secret de la longévité et de la jeunesse éternelle, et s'il refuse de partir, il passe à la trappe. Geraldo accepte, à contrecoeur. A son arrivée à Chiquito, capitale de la Palombie, il est immédiatement arrêté par le chef de la police (Timsit) du pays, qui l'embarque au palais du Général Pochero, le dictateur du pays (Lambert Wilson). Il est enfermé dans les geôles du palais, suite à une série de méprises ayant fortement énervé Pochero. De son côté, Hermoso (Fred Testot), un vieux botaniste travaillant au palais, et Pétunia (Géraldine Nakache), son assistante, découvrent, en forêt, une nouvelle variété d'orchidée. En travaillant dessus, de nuit, alors qu'il est fatigué, Hermoso fabrique, sans le savoir, un élixir à partir de la plante, et, s'étant mis de cet élixir sur le visage, se réveille, le lendemain matin, rajeuni, la trentaine environ, en pleine force de l'âge. Se rendant compte de sa découverte, il pète les plombs, fait renverser Pochero et prend sa place de dictateur.

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Parallèlement encore, Pablito Camaron (Jamel), vétérinaire raté et accessoirement celui qui devait servir de guide à Geraldo, apprend que ce dernier est emprisonné. Ayant besoin de l'argent que devait lui donner Geraldo pour payer des dettes auprès de truands locaux, il va essayer de sortir Geraldo de prison, afin de l'aider dans son reportage. Encore parallèlement, une petite créature bien connue des palombiens est à la recherche de la fleur qu'Hermoso a trouvé, fleur qui est sa nourriture quotidienne : le Marsupilami. Tout ceci (Geraldo/Pablito, Hermoso, le Marsupilami) va bien finir par se retrouver à un moment donné...

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Chose amusante : le film se visionne sans problème, on suit l'intrigue sans souci, mais à raconter, c'est difficile ! Plein de détails ont été oubliés dans mon résumé : Pablito a déjà vu le Marsupilami autrefois, mais personne ne le croit, surtout pas ses enfants, qui le traitent de menteur (ce qu'il déteste par dessus tout), et il a envie de leur prouver qu'il a dit la vérité, et, donc, il veut à tout prix essayer d'avoir une preuve tangible que le Marsu existe ; Geraldo, aussi, a des trucs à cacher ; et on y parle, aussi, d'une certaine prophétie paya, qui est très importante dans l'intrigue. Mais résumer correctement le film en parlant de tout ceci entraînerait a) que l'on révèle des tas de choses qui, une fois sues avant le visionnage, rendraient le film moins drôle, et b) un résumé interminable et pesant. Donc, oui, j'ai moyennement réussi le résumé, mais ne m'en voulez pas trop ! Sinon, le film est une mine de scènes hilarantes, voir le passage (photo ci-dessus) où Jamel négocie son évasion avec...une fouine, ou bien la séquence de la prophétie, en film rigolo projeté on ne sait comment par les Payas. Sans oublier cette inénarrable séquence avec Lambert Wilson, celle entre Timsit et le Marsu, et, enfin, last but not least, la scène du chihuahua érotomane (pauvre Jamel). Celle-là, j'en ai pleuré, au cinéma !

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Sur La Piste Du Marsupilami, aussi et surtout, offre un régal de séquences avec le Marsu, justement, adorable petite bestiole à la longue queue et au cri des plus mythiques (Houba !), et le simple fait d'enfin voir évoluer, dans un film autre que d'animation, cette créature tenant du singe et de la fantaisie pure, est un bonheur. On a enfin la possibilité de voir cette créature qu'on pensait qui n'existait pas, mais qui n'existe, comme il est dit dans le film. Sublimement bien foutu (chaque poil du Marsu est visible à l'écran comme s'il existait vraiment), attachant, craquant, hilarant, c'est la raison principale, évidemment (mais pas la seule : Chabat, Jamel, Testot, Wilson et Timsit se livrent à des prestations terribles) de voir ce film vraiment réussi, peut-être pas le meilleur de Chabat, mais sincèrement, on n'en est pas loin. S'il n'avait pas réalisé Astérix Et Obélix : Mission Cléopâtre, ça serait le cas ! C'est la deuxième fois que Chabat adapte une BD, et quand on voit que ses deux meilleurs films sont ces adaptations, on espère vraiment qu'il ne s'arrêtera pas là.