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Après le succès monumental (c'est le mot qui convient le plus, vraiment) de Bienvenue Chez Les Ch'tis en 2008, inutile de dire que Dany Boon, dont ce n'était que le deuxième film en tant que réalisateur (le premier, c'était La Maison Du Bonheur, film vraiment sympa et rigolo, mais pas grandiose, en 2006), était attendu au coin du bois avec des branches d'arbres enflammées et des fourches, dans le cas où le successeur de ce succès public ahurissant s'avérait être un bide. Deux ans après son film sur le Nôôôôôôrd, Boon nous offre son troisième film, donc, un film dans lequel il co-tient la vedette avec Benoît Poelvoorde, fameux acteur belge. Poelvoorde n'est d'ailleurs pas le seul acteur d'outre-Quiévrin à jouer dans le film, et c'est bien logique, car Rien A Déclarer, tel est son titre, se passe en partie en Belgique, et plus précisément, se passe dans un petit poste-frontière (fictif) entre la France et la Belgique. Le tout, au moment précis de l'ouverture des frontières, espace Schengen, 1993. Le film est aussi interprété par François Damiens, Olivier Gourmet, Julie Bernard, Bouli Lanners, Eric Gaudon (acteurs belges), Karin Viard, Laurent Gamelon, Bruno Lochet, Philippe Magnan, Nadège Beausson-Diagne, Guy Lecluyse, Zinedine Soualem et Bruno Moynot (acteurs français), et est basé sur un scénario signé Dany Boon. Parmi les acteurs, notons aussi Jérôme Commandeur, Laurent Capelluto (acteur belge jouant le petit truand dit "La Balle", parce qu'il percute) et Jean-Paul Dermont (acteur belge jouant le père Vandevoorde).

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A sa sortie, le film sera un rès très très beau succès commercial (plus de 8 millions d'entrées), et s'il n'atteindra pas le nombre d'entrées de Bienvenue Chez Les Ch'tis, il n'en sera pas moins le succès de 2011...du moins, jusqu'à ce qu'un certain film du nom d'Intouchables arrive, et le détrône assez rapidement. D'autant plus facilement qu'il détrônera Bienvenue Chez Les Ch'tis ! Les critiques seront dans l'ensemble sévères : entre ceux qui n'aimeront pas le film parce que Dany Boon (son précédent film aussi fut critiqué, parfois) et ceux qui ne feront que le comparer avec le film précédent,et jamais à l'avantage du nouveau, Rien A Déclarer aura eu du mal avec la presse (des critiques seront positives quand même, faut pas croire !). Le film, comme je l'ai dit, se passe dans un lieu fictif, un poste-frontière franco-belge, du nom de Courquain (pour la France), alias, pour la Belgique, Koorkin. Mathias Ducatel (Boon) et Ruben Vandevoorde (Poelvoorde) sont deux douaniers, l'un est Français, et l'autre, Belge. Et, surtout, Vandevoorde est, et c'est, chez lui, de père en fils, totalement et irrémédiablement francophobe, il hait ceux qu'il appelle avec mépris les 'Frouzes', il ne supporte pas la France, ne voit que par la Belgique... Comme on pourrait s'en douter, son zèle anti-Français lui cause souvent des soucis auprès de son supérieur, Willems (Eric Godon), et comme, là aussi, on pourrait s'en douter, il n'est vraiment pas ami avec sees collègues de France, et surtout avec Ducatel, qu'il déteste (lui, en revanche, n'a rien contre Vandevoorde, il n'est pas belgophobe).

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Le problème, pour Ducatel, c'est qu'il est amoureux de Louise (Julie Bernard), jeune soeur de Ruben. Ce dernier ne le sait pas, et il ne vaut mieux pas qu'il le sache. Mais Louise, elle, en a marre des rendez-vous en cachette, et veut absolument clarifier la situation auprès de sa famille. Hors de question, pour elle, de quitter sa famille comme ça, mais elle aime Mathias aussi, et Mathias doit, donc, annoncer à Ruben la nouvelle... Parallèlement, on approche, en cette fin d'année 1992, de 1993 (fatalement...), et ainsi de l'ouverture des frontières, plus de douanes, et pour les douaniers des deux pays, la réorganisation s'avère difficile. Pour les commerçants de Courquain/Koorkin aussi, comme Jacques (François Damiens, Belge comme son personnage) et Irène Janus (Karin Viard, Française comme son personnage), bistrotiers du coin, qui sont dans une merde financière pas possible, et se demandent bien comment ils vont pouvoir gagner correctement leur vie maintenant que Courquain va devenir un trou perdu, sans même les douanes pour animer un peu le coin... Arrive Duval (Laurent Gamelon), un trafiquant de came que le passage à la libre-frontière perturbe aussi quelque peu...

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Riche en scènes drôlatiques (notamment le passage en douane de Jérôme Commandeur, automobiliste français admettant sans honte à Vandevoorde qu'il vient faire son plein d'essence en Belgique parce que c'est moins cher et qui, ainsi, récolte les fruits de sa colère francophobe), Rien A Déclarer n'est certes pas la meilleure comédie de Dany Boon réalisateur, ni la meilleure comédie française, ni au monde, mais, sincèrement, c'est vraiment réussi. Mention spéciale à François Damiens, humoriste belge (spécialisé en caméras cachées) qui, dans le rôle d'un restaurateur con comme la Lune (et l'admettant sans problème, quoique, aussi, sans vraiment s'en rendre compte), est à se pisser dessus ; mention spéciale, aussi, à un Poelvoorde déchaîné dans son rôle de francophobe, un personnage totalement ahurissant qui va jusqu'à trouver que l'eau minérale française est dégueulasse, qu'elle a un goût sec (pour de l'eau, c'est quand même bizarre) par rapport à de l'eau belge, vous dire jusqu'où va sa francophobie ! A côté, Boon est bien dans le rôle de Ducatel, mais en retenue. Les autres acteurs secondaires sont très bons, comme Laurent Gamelon et Bruno Lochet, impayables en passeurs de came (chaque scène avec eux, comme celle avec l'"amblance", ou celle avec les petites boules de came à s'insérer dans le fion, est géniale), et si certaines scènes peuvent sembler faciles (sans parler de la fin qui se traîne un peu en longueur), dans l'ensemble, Rien A Déclarer est une très bonne comédie qui se regarde avec plaisir, à moins d'être réfractaire à Dany Boon et/ou à Benoît Poelvoorde (qui, clairement, est le rôle principal ici, on passe plus de temps avec lui qu'avec Dany Boon) !