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SPOILERS...

Adaptation d'un roman de Pierre Magnan, La Maison Assassinée est un film datant de 1988. Le film est réalisé par Georges Lautner, plus connu pour ses comédies plus ou moins policières (Les Tontons Flingueurs, Ne Nous Fâchons Pas, Laisse Aller...C'Est Une Valse) que pour réaliser des films dramatiques. Et pourtant, La Maison Assassinée en est un beau, de film dramatique. C'est probablement un des films les plus aboutis de Lautner, film qui aura un certain succès à sa sortie, grâce notamment à un acteur qui s'y révèle vraiment épatant, Patrick Bruel. A l'époque, il venait tout juste de vraiment se lancer dans la chanson (mais le succès viendra en 1989, juste après La Maison Assassinée). Ce n'est pas son premier film, loin de là (Le Coup De Sirocco d'Arcady, 1979, l'était, et par la suite, il jouera dans P.R.O.F.S. de Schulmann, Le Grand Carnaval d'Arcady, Attention Bandits de Lelouch...), mais c'est sans doute son premier vrai rôle, premier grand rôle.

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Le film est aussi interprété par Anne Brochet, Yann Collette (et son physique si particulier, qui n'est pas de sa faute), Ingrid Held, Agnès Blanchot, Martine Sarcey, Christian Barbier, Yves Vincent, Jean-Pierre Sentier, Roger Zendly et Maria Meriko. La musique est de Philippe Sarde, le scénario, adapté de Magnan, est signé Lautner et Jacky Cukier. C'est un drame qui se passe en Provence (tourné dans les Alpes de Haute-Provence et dans le Gard), après la Première Guerre Mondiale. Séraphin Monge (Bruel), rescapé de la guerre, revient sur les lieux de sa naissance, où il n'était jamais venu depuis. 20 ans plus tôt, sa famille a été massacrée, dans leur maison dans la garrigue, à la sortie du village, par trois inconnus, en pleine nuit. Seul Séraphin, alors bébé, a survécu.

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L'image persistante de sa maman en train de l'allaiter le hantant, il arrive au village afin de découvrir la vérité, car l'affaire, classée, est trouble. La maison, inhabitée, réputée maudite, est toujours là, intacte (malgré les 20 ans d'usure et de poussière accumulées). La maison est, légalement, sa propriété, et il en prend justement possession, sans pour autant l'habiter. On voit son arrivée dans le village d'un très très mauvais oeil, car ça réveille d'anciens souvenirs. Séraphin, afin de pouvoir vivre en paix avec lui-même, commence à démolir, seul, sa maison, mais un homme, un jour, vient le rencontrer, et va le devancer sur le chemin de sa vengeance. L'homme, apparemment, semble en savoir long sur cette affaire...

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Le film baigne dans une ambiance sépulcrale, oppressante, glauque, accentuée par les quelques flash-backs (et le prologue) abordant le terrifiant et sanglant fait divers. A l'opposé des films de (ou basés sur l'oeuvre de) Marcel Pagnol, qui se passent au même endroit, La Maison Assassinée est à la fois un thriller, un film dramatique et un film de suspense, interprété par de très bons acteurs, et réalisé avec efficacité, même si Lautner n'a jamais été, et ne sera jamais un ténor en la matière. On suit avec intérêt et passion ,a quête tragique de Séraphin, mal vu dans le village car unique rescapé d'un drame horrible dont l'ensemble du village semble connaître le ou les coupables. Qui plus est, Séraphin revient vivant de la Grande Guerre, là où, sans doute, d'autres personnes originaires du village ou du coin ne sont pas revenues. Doublement rescapé, donc.

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Bref, avec son ambiance lourde et poisseuse, ses secrets enfouis qu'un homme veut réveiller, La Maison Assassinée est un grand film, aujourd'hui sans doute un peu oublié, mais qui fait sans aucun doute parti des meilleurs films français depuis la fin des années 80, rien que ça ! Le meilleur film de Bruel avec K d'Arcady, et un des sommets, un des rares sommets, de Lautner. Remarquable.