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SPOILERS...

Ceux qui ont lu ma chronique concernant Avatar, présente sur le blog d'EELSOliver (cliquez ICI) savent que je n'aime pas ce film. Enfin, ma relation avec Avatar est conflictuelle. D'abord, ce n'est pas un film que j'attendais spécialement, avec le slip tendu, contrairement à d'autres. J'ai nettement plus attendu des films comme les Seigneur Des Anneaux de Jackson, ou comme le dernier Indiana Jones, les deux Mesrine de Richet, ou, dernièrement, Les Petits Mouchoirs de Canet. Avatar est le genre de film que je me devais d'aller voir en salles, évidemment (un tel film ne s'ignore pas), mais je n'en bavais pas d'avance, et je n'ai pas été à l'Avatar Day fait en août 2009, quatre mois avant la sortie salles (décembre de la même année), pour en voir 20 minutes gratuitement, en 3D.

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Bon, j'ai vu le film. En salles. Deux fois. Une fois en 3D, et une fois en version normale, 2D. J'ai adoré la version 3D, j'ai aimé le film en le voyant en salles, la première fois. Une claque visuelle, rien à dire, surtout en 3D. En 2D, ça le fait aussi (je me suis, depuis, payé le DVD, qui ne propose évidemment que la 2D). Mais au second visionnage salles, je me suis rendu compte du gros problème du film (et c'est ce qui a fait que sur le blog d'EELSOliver, j'ai d'abord donné une note, avant de la baisser nettement) : le scénario. Cul-cul-la-praline et totalement écolo, bien dans la norme 'sauvons la planète avant qu'il ne soit trop tard', une sorte de version SF/avec plein d'effets spéciaux du Home de Yann Arthus-Bertrand.

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Bon, parlons du film (de son scénario, de quoi il parle, décrivons-le, quoi) avant de continuer la polémique, car je sens que cet article sera polémique. Le film date donc de 2009, James Cameron, son réalisateur (qui s'est probablement acheté une caisse entière de couilles en or massif depuis) l'a fomenté dans son cerveau pendant 14 ans et même plus (au moment de Titanic, il y pensait déjà ; probablement même au moment de True Lies aussi, d'ailleurs !), il en a signé le scénario tout seul comme un grand, et il a confié l'interprétation à Sam Worthington, Sigourney Weaver, Zoë Saldana, Stephen Lang, Giovanni Ribisi et Michelle Rodriguez. Il y à aussi, par exemple, Joel Moore, Wes Studi et C.C.H. Pounder. Le film, produit par Cameron et Jon Landau et mis en musique par James Horner, est, visuellement, une bombe atomique.

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L'action se passe en 2154. Jake Sully (Sam Worthington), un ex-Marine paraplégique, coincé dans un fauteuil roulant, accepte de participer au programme Avatar à la place de son frère jumeau, mort tragiquement. Il est envoyé sur la planète Pandora, une des lunes de Polyphème, à 4,4 années-lumière de la Terre. Pandora est une planète extrêmement riche en ressources naturelles, une vraie mine d'unobtamium, un minerai inconnu sur Terre, et que les Terriens espèrent bien exploiter pour résoudre un grave problème énergétique sur la Terre (aucune image du film ne montre la Terre, qu'on imagine vraiment dans la merde). Pandora est recouverte d'une jungle luxuriante et dangereuse, remplie d'une faune et flore inimaginable, et habitée par un peuple d'humanoïdes plus grands que les humains, les Na'avis, à la peau bleue, qui vénèrent un arbre-dieu et la Nature, qu'ils appellent Eywa.

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Pour les Terriens, les Na'avis constituent un frein, ils sont considérés comme primitifs et hostiles, et le programme Avatar consiste à créer des faux Na'avis, enveloppes charnelles creuses, qui sont ensuite 'habitées' par l'âme des volontaires, qui se font endormir dans un caisson et se téléportent, mentalement, dans leur corps de Na'avis, leurs Avatars. Le but du programme est de convaincre les Na'avis de quitter leurs villages dans la jungle, pour laisser la place à la propsection d'unobtamium (le plus gros du minerai est sous l'arbre-dieu Eywa). Jake Sully reçoit de la part du colonel Quaritch (Stephen Lang) la mission de déloger les Na'avis, mission qu'il accepte et se garde bien de révéler au docteur Grace Augustine (Sigourney Weaver), chef du projet Avatar (et dont les objectifs de mission sont, eux, nettement plus pacifiques : sympathiser avec les Na'avis, sans aucune violence ni opression), et qui possède elle aussi son Avatar.

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Sully, qui redécouvre grâce à son Avatar la possibilité de marcher, prend beaucoup de plaisir à évoluer sous sa forme de Na'avi. Un jour, il se perd dans la jungle, et fait la connaissance de Neytiri (Zoë Saldana), une Na'avi, qui va, d'abord à contrecoeur, puis plus chaleureusement, l'accueillir dans sa tribu et lui faire découvrir la vie de son peuple. Sully va, progressivement, perdre l'envie de réussir sa mission secrète, et prendre fait et cause pour les Na'avis, au grand dam de Quaritch (et de Parker Selfridge, joué par Giovanni Ribisi, représentant, sur Pandora, de la compagnie énergétique qui finance la présence terrienne sur la planète), bien décidé à envoyer les Na'avis se faire foutre au-delà d'Alpha du Centaure...

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Avatar est un film sensationnel, niveau visuel. C'est clair, ce film, fait à 99% en images de synthèse (les forêts et jungles de Pandora, si réelles, sont fictives) est une réussite formelle, servie de plus par une musique magistrale et des acteurs au sommet. Clairement, Stephen Lang assure en salaud de première qui, "Mad Movies" dixit, bouffe du Darth Vador tous les matins au petit déjeuner. Worthington et Saldana sont excellents. Après, Ribisi fait trop souvent penser au personnage de Burke, joué par Paul Reiser dans Aliens, Le Retour (tiens, déjà de Cameron !). Les deux personnages sont des types plus intéressés par le profit que par autre chose (celui d'Avatar est cependant moins extrèmiste). Quant au personnage de Grace Augustine, joué par Sigourney Weaver, elle peut faire penser à une Ripley (saga Alien) scientifique, mais plus par le fait que ça soit la même actrice, en fait. Niveau réalisation, le film assure.

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Après, c'est niveau scénario. Un blockbuster sans envergure scénaristique, malgré le tour de force de Cameron, qui a littéralement crée un univers entier à lui tout seul (comme J.R.R. Tolkien l'a fait avec Le Seigneur Des Anneaux, comme J.K. Rowling l'a fait avec la saga Harry Potter), créant faune, flore, peuple, mythologie, langage, morphologie, tout seul comme un big boy. Mais l'histoire, à part ça ? Grosso merdo, des Terriens déboulent sur une planète éloignée, mystérieuse et riche, vivante presque (Eywa, la divinité-arbre, est un peu comme Gaïa pour la Terre, la Déesse-Nature de Pandora), afin de la coloniser, de l'avilir, de lui voler ses ressources, de la souiller, bref, de l'humaniser. Les méchants Terriens, tous militaires en plus (sauf des industriels) contre les gentils Na'avis martyrisés, aux looks de tribus Noires ou indiennes (d'Amérique) sous leurs aspects bleus. Cowboys contre Indiens, colonisateurs contre zoulous. On accusera le film de racisme. C'est presque (presque seulement) le cas.

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Mais le film est surtout un salmigondis d'écologisme bien dans le ton de maintenant, entre Grenelle de l'environnement, réchauffement planétaire, prise de conscience collective, réduisons-vite-nos-déchets-ça-déborde et autre Une Vérité Qui Dérange. Avatar, en dépit de ses FX du tonnerre de Dieu, de ses acteurs qui en veulent, de sa réalisation classe (des scènes époustouflantes : le combat aérien, le final, le premier vol de Jake Sully, l'ouverture du film aussi) et de son univers entier crée de toute pièces et laissant le champ libre pour des suites (Cameron, de plus, a affirmé que faire des suites coûtera moins cher, les logiciels et bases sont déjà là, ça prendra aussi moins de temps), Avatar, donc, en dépit de ça, n'est qu'un blockbuster de plus, moins idiot que les autres, mais en rien original, niveau histoire. Cameron aurait pu essayer de trouver un scénario plus original, à la hauteur du monde qu'il a crée.

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J'ajoute, pour finir, que j'ai quand même nettement plus apprécié Avatar en le revoyant à la TV qu'à mon deuxième visionnage en salles. De là à dire que j'adore ce film, non, clairement pas, mais je le trouve plus appréciable désormais, moins écoeurant de minimalisme scénaristique (ce qui m'avait franchement déçu, et même choqué). Je n'ai pas spécialement hâte d'en voir une suite, même si j'irai sans aucun doute la voir quand elle sera faite (patience, les fans : Cameron n'a pas encore commencé à la faire !), mais en attendant, je prends du plaisir à revoir ce film, malgré son gros défaut. J'ajoute vraiment en guise de conclusion que jusqu'à preuve du contraire, un film, ce n'est pas que des effets spéciaux ; donc, ceux qui pensent que ce film est un triomphe du septième art ont tort, ou plutôt, je pense vraiment que ce film est surestimé. Avec un scénario totalement original, Avatar aurait, en effet, pu être un triomphe du cinéma ; il n'est, en fait, qu'un triomphe des effets spéciaux, car il y à clairement un avant et un après ce film. C'est déjà pas mal, non ?