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Adapté d'un roman de Irvine Welsh portant le même nom, Trainspotting est un film réalisé par Danny Boyle en 1996. Le film est interprété par Ewan McGregor, Robert Carlyle, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller, Kelly MacDonald, Irvine Welsh lui-même (dans un rôle de dealer fourguant de l'opium en suppositoires au héros...) et Kevin McKidd. Interdit aux moins de 16 ans en France, le film est une comédie dramatique (plus proche de la comédie que du drame, mais il y à des passages durs) que l'on a assimilé à une sorte de version moderne d'Orange Mécanique. En remplaçant la violence par les drogues dures. C'est une bonne adaptation du roman, bien que cloisonnée : des parties entières manquent, des personnages aussi. Le film se concentre sur six des nombreux personnages du roman de Welsh (qui en tirera une suite tardive, non adaptée au cinéma, le très réussi Porno).

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Rythmé par une bande-son implacable mêlant Lettfield, Blur, Pulp, Lou Reed, New Order, Iggy Pop, Underworld et Brian Eno, Trainspotting est un sommet dans son genre. Le film montre une bande de jeunes désoeuvrés et drogués vivant en Ecosse, dans la banlieue d'Edimbourg. Le speech rageur de Mark Renton (Ewan McGregor), dans une scène anthologique, résume assez bien la vie dans cette banlieue-dortoir : On est les rebuts de l'humanité, le peuple écossais, c'est la merde la plus pitoyable qui ai jamais été chiée depuis la nuit des temps.

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Renton et ses amis (enfin, amis...relations droguées, disons plutôt) Sick Boy (Jonny Lee Miller), Spud (Ewen Bremner) et deux amis non drogués, Begbie (Robert Carlyle) et Tommy (Kevin McKidd) arpentent les rues et les pubs d'Edimbourg, sans boulot, sans avenir. Sick Boy est un fanatique absolu de Sean Connery et de James Bond 007. Spud est naïf, un vrai loser gentil, trop gentil peut-être. Tommy est fleur bleue, il a une amie, il ne se came pas, règlo. Begbie, pas drogué mais totalement alcoolo, est un psychopathe en puissance, un mec à qui il ne faut pas la raconter, un amateur de bastons vicelardes. Il fait peur à ses amis.

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Renton, lui, veut arrêter la drogue, commencer une nouvelle vie. Il tente de stopper sa consommation d'héroïne (car lui et ses potes sont héroïnomanes), se rend chez un dealer qu'il déteste, Mickey (Irvine Welsh), qui lui refile de l'opium en suppositoires (Vu l'effet que ça me fait, autant me les foutre au cul !), suppositoires qu'il chie quasi instantanément, car si l'héroïne constipe, la dissolution de ses effets fait qu'on n'est plus constipé, autrement dit, c'est la merde. Une scène totalement surréaliste montre Renton, dans les pires chiottes écossaises qui soient (même un porc refuserait d'y chier), s'immerger littéralement dans la cuvette pour y récupérer ses suppositoires d'opium. Le fait qu'il rentre trempé chez lui fait qu'on se demande s'il n'a pas vraiment vécu ça !

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Entre magouilles et délires, la vie de Renton et de ses amis se prolonge, tranquille. Ami qui plonge dans la came après que sa petite amie l'ait plaqué, magouilles diverses, overdose légère entraînant une cure de désintox, connaissance filant en prison...Rien ne sera épargné au groupe, qui se dissout lentement, au fil du temps. Trainspotting, rempli de dialogues cultes (le monologue introductif de Renton, sur fond de cavale dans les rues d'Edimbourg et avec le Lust For Life d'Iggy Pop en musique de fond), magistralement interprété, avec sa bande-son d'enfer et ses scènes cultes (l'overdose comme vue au travers d'un cercueil, le réveil merdeux de Spud...) est un film choc et choquant, drôle et subversif, détonnant et cynique. Un électrochoc absolu, jouissif et faisant, aussi et surtout, réfléchir sur la drogue. Un peu comme le Requiem For A Dream d'Arronofsky, mais en mode 'léger'. Je précise que je déteste Requiem For A Dream, au passage. Trainspotting est un sommet !