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SPOILERS !

 

 

 

 

 

 

 

Réalisé en 1995, ce film est incontestablement un des plus gros chocs cinématographiques de la décennie 90, et un des plus grands thrillers jamais réalisés. Meilleur film de David Fincher (avec son thriller épatant Zodiac et son brûlot Fight Club), Seven (aussi orthographié Se7en) est une bombe totale, un film d’une noirceur, d’une violence quasi insoutenables. Ce film est littéralement putride, autant le dire tout de suite. Il se dégage de Seven une atmosphère anormale (le générique de début, inspiré par le clip Closer de Nine Inch Nails, et le générique de fin qui défile à l’envers y sont pour pas mal dans cette ambiance underground). Les acteurs sont tous absolument prodigieux, Morgan Freeman est épatant un vieux flic briscard et blasé à deux doigts de la retraite, Somerset (l’enquête sur laquelle il bosse en tandem sera sa dernière avant la quille), forcé de faire équipe avec un nouveau-venu chargé de le remplacer à terme, Mills, joué par Brad Pitt (lui aussi épatant). Les deux hommes vont enquêter sur une série de meurtres abominables, perpétrés par un serial killer inventif et sadique, qui s’inspire des sept péchés capitaux pour mettre en scène ses crimes (et même choisir ses victimes : pour la gourmandise, la victime est un obèse ; pour la luxure, une prostituée ; etc…).

 

 

 

 

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L’action se passe intégralement à New York, sous la pluie, de jour comme de nuit, exception faite du final, qui a lieu dans un champ aride, de jour, sous un soleil assez fort. Le fait que tout le film se passe sous la pluie accentue sont coté sombre et morbide (un temps de chien, temps idéal pour découvrir des meurtres abominables et donner un coté déprimant au film). Le fait que le final, absolument tétanisant, renversant, oppressant, terrifiant même, se passe de jour et par un temps ensoleillé fait renverser littéralement la donne, et rend même la scène finale encore plus flippante. Je ne parlerai pas ici de cette fameuse scène finale, même si je suppose que vous êtres extrèmement peu nombreux à ne pas avoir vu ce film. Seven est un vrai phénomène de société de la même manière que l’a été Le Silence Des Agneaux en 1988. Tout le monde l’a vu, tout le monde le connaît, mais le film garde un aspect mythique.

 

 

 

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Les meurtres, dans le film, sont vraiment inventifs et écoeurants. Jamais on ne voit le tueur (nom d’emprunt, John Doe, littéralement Jean Dupont en français ; interprété très magnifiquement par Kevin Spacey, flippant) perpétrer ses crimes. La gourmandise est représentée par un obèse que l’on a forcé à manger, jusqu’à ce que son estomac éclate (grandement aidé par des coups violents) ; l’avarice voit un avocat véreux se faire retirer une partie de sa chair et de son sang ; la paresse voit un homme se faire longuement taillader sur un lit, où il est attaché de force ; la luxure montre une femme se faire enfoncer un monstrueux gode ; etc, etc… D’un sérieux implacable (aucune trace d’humour), d’une sécheresse redoutable, terrifiant comme jamais un thriller ne le sera par la suite, ce film est un chef d’œuvre absolu du genre, un film violent, brutal, morbide, interprété avec talent, réalisé par un vrai génie, et doté d’un scénario diabolique et efficace. Dans le genre, on ne fera plus jamais mieux.