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SPOILERS !

Ce film est totalement barge. Cintré. Marteau. Barré. Dingue. Fou. Réalisé en 1988 par Peter Jackson (c’est d’ailleurs son second film), Les Feebles est une comédie dans laquelle aucun acteur n’apparaît. En effet, le film est joué par des marionnettes. Tourné en Nouvelle-Zélande, dans un entrepôt frigorifié (selon Peter Jackson, il y faisait un froid de canard, les conditions de tournage furent donc assez pénibles), le film se base sur les fameuses marionnettes imaginées par Jim Henson, les Muppets. Mais rien de vraiment gentillet dans Meet The Feebles.

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Malgré l’aspect résolument trash et irrévérencieux du film envers les Muppets, Peter Jackson n’eut aucun problème avec les ayants-droits de Henson (la fille de Henson trouvera même le film très drôle). Pourtant, Jackson et ses copains n’y ont pas été avec la main morte du dos de la cuillère à café, sur ce film ! Les Feebles ne respecte strictement rien. Robert, un hérisson naïf et gentil, désire plus que tout faire carrière dans le music-hall. C’est pouquoi il décide d’aller voir Bletch (un énorme morse), le responsable d’une troupe de comédiens, les Feebles, et dirigeant de l’émission Meet The Feebles, afin de voir si Bletch ne pourrait pas l’engager.

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Robert va, dans les coulisses, croiser une foule de personnages délirants et dingues, comme Trevor, un rat immonde qui réalise des films pornographiques ; le lapin Harry, un vrai queutard, obsédé du Q qui finira par se choper la myxomatose (ou plutôt, le SIDA, mais la myxomatose étant une maladie que les lapins se chopent souvent…)  et priera Saint-Kermit pour guérir ; Heidi, l’hippopotame femme trompée de Bletch, et meneuse de la revue des Feebles...

Wynard, un lézard héroïnomane vétéran de la guerre du Vietnam ; Eye Fly une mouche à merde (littéralement) qui fait office de langue-de-pute officielle de la troupe, de paparazzi ; Daisy, une grosse vache qui tourne dans les films porno SM de Trevor ; sans parler de ce renard dont je ne me souviens plus du nom, qui orchestre les numéros musicaux et se prend un bide quand il lui vient l’idée de chanter à son tour ! Robert, cependant, rencontrera le caniche femelle Lucille, dont il tombera amoureux…

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Un énorme portnawak que ce film, un délire filmique hilarant et dérangeant. Voir Wynard revivre la guerre du Vietnam (parodie hilarante, et très fidèle, de Voyage Au Bout De L’Enfer de Cimino), voir Bletch, immonde, cocufier sa femme Heidi en tringlant toutes les danseuses de sa revue, voir ce même letch gober tout cru un petit poisson timide venu faire son bout d’essai (et le dégobillant sur un green de golf peu après, encore vivant le petit poisson chantant), c’est hilarant ! Le film se permet même de rendre un hommage à Sam Peckinpah, au travers de la fin (Heidi, pétant un câble, massacrant tout le monde dans un climax d’enfer), qui fait vraiment penser à celles de Apportez-Moi La Tête D’Alfredo Garcia et de La Horde Sauvage. Dans ce maelström de furie, de violence, de trash attitude, Robert et Lucille tentent de trouver un coin tranquille, rien qu’à eux. Mais leur amour survivra à cette dinguerie, heureusement.

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Interdit aux moins de 12 ans, Les Feebles est un film sensationnel, très bien foutu, très drôle et irrespectueux. Cependant, ça reste aussi, un vibrant hommage envers les Muppets, tant chargés ici, mais apparemment vraiment adorés par Jackson. Ce film montre ce qui se passe dans l’envers du décor : Kermit d’enfilerait donc la Piggy, tandis que Gonzo se shooterait dans les toilettes. Forcément, le mythe en prend un coup !