1212168300_midnight_express

SPOILERS…

Voilà un film qui aura fait parler de lui lors de sa sortie en 1978. Il s’agit d’un des plus gros chocs cinéphiliques de ma vie, au passage. Eprouvant, choquant par endroits, mais toujours totalement émouvant, Midnight Express est un sommet dans son genre, un film âpre et difficile, mais très fort. Le film raconte l’histoire vraie (ce qui la rend encore plus forte et dure) de Billy Hayes (Brad Davis, époustouflant), un étudiant américain en vacances en Turquie dans les années 70, et qui est arrêté à l’aéroport d’Istanbul avec de la drogue (haschisch) sur lui. Tabassé par la police, il réussit à passer un marché avec eux : s’il livre son dealer aux flics, il pourra retourner chez lui après avoir payé une amende, c’est le consul américain qui le lui garantit. Seulement, voilà, Billy est impétueux, et tentera de se faire la belle dans les rues de la Casbah d’Istanbul. Vite retrouvé, il sera envoyé en taule, dans la terrible prison de Sagmalcilar. A son procès, il sera condamné, pour l’exemple, à 20 ans de prison, peine qui sera par la suite muée en perpète. Pour l’exemple. Pour quelques grammes de haschisch.

1212168445_midnight_express_1978_theatre_diaporama_paysage

En prison (une gigantesque forteresse en plein cœur d’Istanbul, avec cellules ouvertes, mais redoutablement bien gardée), Billy fera la connaissance d’autres taulards occidentaux (Max – John Hurt ; Jimmy – Randy Quaid), enfermés pour les mêmes raisons que lui. Il fera même (on s’en doute fortement, la scène étant explicite) une rencontre charnelle avec l’un d’eux, Tex – Bo Hopkins - , en fin de peine… Au fil du temps qu’il passe à Sagmalcilar, Billy, obsédé par l’évasion, le fameux Midnight Express (argot pour ‘évasion’) dont Max lui avait parlé, s’habitue plus ou moins à la vie dure et violente de la prison turque. Cependant, une bagarre violente l’opposant à Rifki, un prisonnier turc, le conduira direct dans la section psychiarique de la prison, où il manquera presque de devenir complètement fou. Au gré d’une ruse de sa part, il parviendra à liquider le chef des gardiens Hamidou, et à s’enfuir, après avoir revêtu la tenue du gardien…Il parviendra ainsi, peu de temps après, à regagner les USA.

1212168361_midnightexpresscoll021

Brad Davis (mort du SIDA au début des années 80) est éblouissant dans le rôle de Billy Hayes, on jurerait que ce rôle a été fait pour lui. Les scènes de baston et de bagarres sont vraiment dures (au cours de celle avec Rifki, Billy arrache la langue de son adversaire avec ses dents), et certaines scènes, comme celle du parloir, avec un Billy totalement débilisé, et celle de la plaidoirie de Billy à son procès, sont magistrales, cultes.

1212168394_midnightexpresscoll024

La musique, signée Giorgio Moroder, est un des atouts du film. En revanche, la photographie est assez vieillotte par moments, ça se voit que le film a 30 ans. La réalisation d’Alan Parker est excellente. Quant au scénario, adapté de la vie de Hayes, il est à la hauteur. Un vrai classique du cinéma contemporain, un film dur mais essentiel. Certains ont jugé le discours du film (et notamment la scène de plaidoirie) comme étant raciste contre la Turquie, mais en même temps, et sans rentrer dans la polémique, on peut se demander si la prison à vie est une peine normale pour quelques grammes de shit… Midnight Express est un chef d’œuvre émouvant et puissant. Sa dureté et son réalisme font qu'il est interdit aux moins de 16 ans. Oui, c'est toujours le cas.