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SPOILERS…

Faut Pas Prendre Les Enfants Du Bon Dieu Pour Des Canards Sauvages ! est non seulement un des films ayant le titre le plus long, mais aussi le premier film réalisé par le dialoguiste Michel Audiard. Le film date de 1968, et est interprété par la fine fleur du cinéma populaire françouze de l’époque : Marlène Jobert, André Pousse, Bernard Blier, Françoise Rosay (L’Auberge Rouge avec Fernandel), Dominique Zardi, Mario David… Positivement hilarant car totalement délirant, le film a un énorme défaut que je vais aborder tout de suite (comme ça, on sera débarrassé) : il ne dure que 77 minutes - et non pas 99 comme indiqué sur le site ! - , donc, trop court. A part ça, Faut Pas Prendre… (excusez-moi si je ne reprends pas tout le titre !) est parfait, une comédie loufoque, débridée, parfaitement dans le style Audiard.

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Les dialogues sont, inutile de le dire, à la hauteur, c’est même dans ce film qu’on retrouve les plus grandes perles, notamment la réplique d’André Pousse donnant son titre à l’article. Mais le dialogue le plus tuant est celui-ci :

- L’aigle va fondre sur la vieille buse ! (Blier)

- C’est chouette, comme métaphore ! (un aide de camp de Blier)

- Ce n’est pas une métaphore, c’est une périphrase ! (autre aide de camp, joué par Zardi)

- Oh, fais pas chier, hein ! (premier aide de camp)

- Ah ! Ca, c’est une métaphore… (Zardi)

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Vous l’aurez compris, un joyeux portnawak que ce film, dont l’histoire est pourtant assez simple. Rita (Marlène Jobert, qui aime beaucoup se montrer en petite tenue dans le film – ça plait aussi aux spectateurs masculins, faut avouer !) est la fiancée de Fred, dit l’Elégant (André Pousse), un truand à la petite semaine. Celui-çi vient de se faire donner à un gros caïd, Charles le Téméraire (Bernard Blier), par Rita, justement.

Rita, qui a donné l’Elégant en échange d’une grosse somme d’argent, est pourtant elle aussi bien baisée par Charles, qui refuse de lui donner la somme. Folle furieuse, elle court voir sa tantine Léontine (Françoise Rosay), une truande à la retraite, afin de récupérer son argent. Léontine, de retour dans les ‘affaires’, va régler la situation à sa manière…

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S’en suit alors une succession de coups bas, de fusillades, d’engueulades, de règlements de comptes qui font passer ceux des Tontons Flingueurs pour de la vraie gnognotte. Riche en moments cultes (André Pousse coincé dans les souterrains, et ce monologue génial de Pousse : Tiens ! Un rat d’égout ! Curieusement étrange…Etrangement bizarre…Bizarrement curieux…pauv’ Fred, on lui aura tout fait voir !), le film est le meilleur de tous ceux que Audiard a réalisé.

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Soyons francs, Audiard n’est pas le meilleur metteur en scène au monde. D’ailleurs, il le disait lui-même : Un metteur en scène, qu’est-ce que c’est ? C’est un monsieur qui a une grosse montre pour surveiller si les acteurs se débinent pas avant 7 heures. En dehors de ça, c’est pas tellement compliqué. Les acteurs, les bons, jouent tout seul, alors j’en ai pris des bons, ça a simplifié la question. Puis je les ai regardés jouer. La photo, c’est pas moi qui la faisait, c’est le chef opérateur. Je lui ai laissé le temps de la faire. Au fond, la seule chose qui m’a gêné là-dedans, c’est un objet dont je ne savais pas trop quoi faire, je savais pas où la foutre, c’est la caméra. Ca veut tout dire, pas vrai ? On a donc pas du tout affaire à un grand réalisateur, mais à un type qui fait des films pour faire rire, et de ce coté-là, Faut Pas Prendre Les Enfants Du Bon Dieu Pour Des Canards Sauvages ! (même De Gaulle reprendra cette expression dans une de ses allocutions) est totalement une réussite.