1219399104_frenzy_0

SPOILERS !

Réalisé en 1972, Frenzy est l’avant-dernier film du grand Alfred Hitchcock, mais aussi son dernier film anglais. Et son premier film anglais depuis des lustres : si le réalisateur est angais, il a tourné la plus grande partie de sa filmographie aux USA (ses premiers films, datant des années 40 et début 50, ont été tourné dans son pays natal, mais sa carrière a vraiment décollé une fois arrivé aux States). Après avoir réalisé, en 1969, le film d’espionnage L’Etau (franchement pas une grosse réussite, un film qui sera d’ailleurs un échec au box-office), Alfred Hitchcock se prend d’envie de retourner en Perfide Albion pour y tourner, enfin, après plus de 30 ans de films made in USA, un film à domicile. Ce sera ce thriller cocasse et angoissant, une de ses plus belles réussites, et son dernier chef d’œuvre, Frenzy. Trois ans plus tard, de retour aux USA, il fera Complot De Famille, dernier film, un demi-ratage qui finira bien mal sa carrière. Virtuellement, la carrière d’Hitchcock s’achève donc ici, en chant du cygne.

1219399306_frenzy_1972_diaporamda_portrait

Frenzy, dont l’action se passe à Londres, dans le quartier populaire de Soho et Covent Garden (marché couvert, les Halles londoniennes), est interprété par Jon Finch et Barry Foster pour les deux rôles principaux. Aucun acteur du film n’est réellement connu en dehors de l’Angleterre (Finch, Foster, et pas mal d’autres acteurs du film, sont surtout des acteurs de théâtre). Jon Finch est surtout connu pour sa prestation incroyable dans le Macbeth de Polanski, 1971. L’intrigue du film est totalement simple : un serial killer, qui ne s’attaque qu’aux femmes et les étrangle avec une cravate, sévit dans les rues de Londres. Un jour, Brenda Blaney (Barbara Leigh-Hunt), la patronne d’une agence matrimoniale est assassinée par le tueur. L’ex-mari de la victime, Richard Blaney (Jon Finch), un barman désargenté, limite alcoolo, un loser de la plus belle espèce, pas vraiment sympathique avec sa fine moustache, par un malencontreux concours de circonstances, sera suspecté, puis accusé d’être le tueur.

Assez amusant quand on sait que le tueur n’est autre qu’un ami de Blaney, Robert Rusk (Barry Foster), un marchand de fruits et légumes de Covent Garden, au-dessus de tout soupçons… Blaney, recherché par la police, mènera son enquête parallèlement à celle de Scotland Yard, dont l’inspecteur-chef, Oxford (Alec McCowen), est, chaque soir, aux prises avec sa femme attentionnée, piètre cuisinière (scènes assez hilarantes, qui allègent encore plus un film très porté sur l’humour à froid)…

1219399189_frenzy_1972_diaporama_portraitd

Frenzy est assurément un summum dans le genre policier, un film regorgeant de suspense, très drôle (humour noir, les habitués de Hitchcock le savent bien), mais quand même assez violent (le film le plus violent d’Hitchcock avec Psychose, interdit aux moins de 12 ans). Même si ce n’est pas son seul film anglais, c’est indéniablement le film d’Hitchcock qui retranscrit au mieux l’ambiance anglaise, londonienne.

Tourné en studios et en décors réels, ce film bénéficie d’une atmosphère très particulière, qui le rend d’autant plus savoureux. Bien entendu, Hitch apparaît dans son film (au début, regardez bien dans la foule), comme à son habitude. La scène d’ouverture, qui montre une caméra zoomer sur le Tower Bridge, est excellente. Pour info, la caméra ne passe pas en-dessous du Tower Bridge (interdit pour un hélico), mais le zoom en donne vraiment l’impression. Pour amateurs de cinéma de suspense, Frenzy est à voir absolument.