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Spoilers à craindre (même si la toute fin ne sera pas révélée, au cas où…)

 

 

 

 

 

Réalisé par Terry Gilliam en 1995, L’Armée Des 12 Singes (Twelve Monkeys en britiche) est un remake du film culte de Chris Marker, La Jetée (un court-métrage français de 1962, 28 minutes constituées principalement de plans fixes photographiques, en noir et blanc). Gilliam a, on s’en doute, largement étoffé et actualisé le scénario du film de Marker, pour en faire un film de 130 minutes. Doté d’une distribution exceptionnelle (Bruce Willis, Madeleine Stowe, Brad Pitt, Christopher Plummer…), le film est très très difficile à résumer, de même que les premiers visionnages sont vraiment très difficiles à suivre et à comprendre. L’Armée Des 12 Singes, de même que d’autres chef d’œuvres comme Brazil, Dune, 2001 : L’Odyssée De L’Espace et Solaris (de Tarkovski), ne se comprend pas totalement à la première vision. Il faut savoir rentrer dans le film. Je ne vous cacherai donc pas que si vous n’avez encore jamais vu le film, il ne vous plaira pas forcément au départ…mais sachez perséverer !

 

 

 

 

 

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L’action se passe dans le futur, un futur non défini. Suite à une catastrophe biologique (un virus mortel répandu sur la surface du globe), les survivants vivent sous la surface de la Terre, underground. Des ‘volontaires’, la plupart du temps des prisonniers, sont envoyés, sur ordre des Dirigeants, dans le passé, afin de trouver la raison, et un remède, à ce virus. James Cole (Bruce Willis, impressionnant) est de ceux-là. Au cours d’un de ses voyages, il va débarquer, en plein hiver, en plein New York. Un New York désert, peuplé d’animaux sauvages échappés du zoo du Bronx. Il va aussi découvrir un curieux dessin (reproduit sur l’affiche du film, au passage, et dans le générique), et une mention mystérieuse : C’est nous qui avons fait ça, signée des 12 Singes.

 

 

 

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Une autre mission temporelle va le propulser loin dans le passé, avant la catastrophe. Hélas pour lui, l’adresse donnée par les Dirigeants, et le numéro de téléphone de secours pour les contacter, n’est pas valable. Cole est envoyé dans un asile psychiatrique, où il va faire la connaissance d’un certain Jeffrey Goines (Brad Pitt, ahurissant, un de ses plus grands rôles), un fou furieux interné. Parvenant tant bien que mal à s’enfuir (les drogues refilées par les médecins l’ont rendu un peu chaotique), Cole met la main sur la psychiatre qui est plus ou moins responsable de son internement, Kathryn Reilly (Madeleine Stowe). La prenant plus ou moins en otage, il va, dès lors, enquêter sur une mystérieuse organisation terroriste écologiste, les 12 Singes, dirigée par un certain…Jeffrey Goines. Une fois mis en contact avec eux, la réalité de ce qu’il va découvrir sera au-delà de ses attentes…

 

 

 

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S’il n’y avait pas Brazil, L’Armée Des 12 Singes serait le monument absolu de Terry Gilliam. Porté par une interprétation au-dessus de l’exceptionnel (Brad Pitt joue tellement bien le malade mental qu’il en est terrifiant et hilarant à la fois), des décors surréalistes (et assez glauques, en ce qui concerne l’asile et le monde souterrain), une excellente musique, et un scénario en béton armé renforcé, le film est incontestablement un chef d’œuvre de la SF moderne. Assez difficile à suivre, je le reconnais, et la fin peut sembler vraiment obtuse et bizarre au premier abord (ne la cherchez pas dans l’article, je ne la révèlerai pas, histoire de ménager un peu de surprise à ceux qui n’ont pas encore vu le film !), en même temps que très belle et originale. En résumé, un monument très ambitieux et intelligent, un film à voir absolument !