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SPOILERS ! Fin révélée ici, si vous n’avez encore jamais vu le film, attention !

C’est le troisième film du réalisateur indien M. Night Shyamalan (après deux films très méconnus et n’ayant obtenu aucun succès, la preuve, beaucoup de monde ignore leur existence), et ce fut un des succès les plus immenses de l’année 1999. Un des plus gros succès du cinéma, aussi. Sixième Sens (à ne pas confondre avec le film de 1986 Le Sixième Sens – d’ailleurs, les titres originaux diffèrent totalement) est un sommet dans l’histoire du film fantastique, porté par des acteurs prestigieux, un scénario inventif et remarquable, et une réalisation soignée et sobre.

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L’histoire est maintenant archi connue, ainsi que la révélation finale. Si vos n’avez pas encore vu ce film et que vous ignorez encore comment il se finit, merci de ne pas poursuivre la lecture de cette partie de l’article, sous peine de tout savoir à l’avance. Comme vous de devez plus être très nombreux à ignorer la fin de ce film, je ne m’inquiète pas trop… Le début du film montre le pédopsychiatre Malcolm Crowe (Bruce Willis) et sa femme Anna (Olivia Williams), dans l’intimité de leur maison. Un homme, apparemment perturbé, fait irruption chez eux, armé d’un flingue, et Malcolm reconnaît en lui un de ses anciens patients, apparemment toujours aussi dérangé. Malcolm tente de raisonner son patient, mais ne peut empêcher qu’il ne lui tire dessus, avant de se flinguer lui-même…

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Puis on passe à plusieurs années plus tard. Malcolm fait la rencontre de Cole Sears (Haley Joel Osment), un petit garçon d’une huitaine d’années. Malcolm va se mettre à s’occuper de Cole, pour voir ce qui ne va pas chez lui ; en effet, Cole semble ne pas aller très bien, au niveau psychologique. Sans être dérangé, il semble vraiment être la proie de quelque chose qui ne lui fait pas passer une enfance normale. Au fur et à mesure, Malcolm va apprendre, de la bouche même de Cole, ce qui ne va pas : Cole voit des fantômes, des gens décédés errant dans la nature, et ces visions le bouleversent, le choquent. De son coté, alors qu’il tente de calmer Cole et de le faire se sentir mieux, Malcolm sent que, niveau personnel, rien ne va plus entre Anna et lui. Anna semble lui faire la gueule, elle ne lui parle plus, ne le touche plus, et commence même à sortir avec d’autres personnes.

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(SPOILERS ICI, SAUTEZ DEUX PARAGRAPHES SI VOUS N’AVEZ PAS ENCORE VU LE FILM !) C’est à la fin du film que Malcolm lui-même comprend ce qu’il ne parvenait pas à assimiler auparavant : son agression, qui a eu lieu plusieurs années auparavant (celle du début du film) a été plus grave que ce qu’il croyait. Tué sur le coup, il est revenu en fantôme, sans se rendre compte qu’il n’était plus vivant, et il réalise vraiment, à la fin, son état de fantôme : si sa femme ne lui parle plus et semble prostrée en permanence, c’est à cause du deuil qui se passe mal ; si elle voit quelqu’un d’autre, c’est pour essayer de refaire sa vie (elle est jeune) ; si personne d’autre que Cole ne le voit et ne lui parle dans le film, c’est que personne d’autre que Cole ne peut le voir et lui parler.

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Lorsqu’on voit le film pour la première fois, ça choque, une fin pareille. On se dit ‘c’est culotté, mais si ça se trouve, une fois qu’on va revoir le film, ça ne marchera pas’. Mais de ce coté, le film n’a aucun défaut, et même, est fourmillant d’indices. La seconde vision du film, une fois qu’on sait que Bruce Willis/Malcolm est mort, est tout aussi incroyable. Entre les différents codes utilisés par Shyamalan (présence de la couleur rouge dans une scène avec fantômes, température qui baisse au point de voir une buée froide sortir de la bouche des vivants) et les détails que l’on ne remarque pas la première fois (personne ne parle à Malcolm, y compris la mère de Cole (Toni Collette), que l’on voit pourtant assise en face de Malcolm à un moment donné ; de même, dans la scène du restaurant, Malcolm s’assoit sur un fauteuil préalablement disposé de manière à ce qu’il n’ait pas à le bouger pour s’asseoir), rien à dire sur le film, il est parfait de ce coté-là.

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(FIN DU SPOILER) Bref, avec ses acteurs épatants (Willis et Haley Joel Osment, révélé par le film, sont géniaux, touchants), son scénario incroyablement bien écrit (inspiré de faits réels) et son ambiance à la fois flippante et intimiste, Sixième Sens est un film culte, magistral de bout en bout, qui impose M. Night Shyamalan comme un immense réalisateur de films énigmatiques. Son film suivant, Incassable (aussi avec Willis) sera très bon, mais par la suite, hélas, ça deviendra de moins en moins intéressant, en partie à cause de la surenchère (surtout Le Village) de révélations. Bref, Shyamalan était un metteur en scène à saisir au premier galop, avec ce film mythique qui reste un des plus gros chocs de ses 10 dernières années.