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SPOILERS (même si tout le monde a du voir ce film au moins une fois dans sa vie) 

N’en déplaise aux fans du Père Noël Est Une Ordure !, j’estime vraiment que le film dont je vais parler ici est le meilleur de la bande du Splendid parmi ceux réalisés par Poiré (car, sinon, Les Bronzés Font Du Ski s’impose aussi comme le meilleur). Je parle donc de ce film sorti en 1983, Papy Fait De La Résistance. Je l’ai vu au moins 300 000 fois (si ce n’est plus J ), mais je n’arrive toujours pas à m’en lasser, tout y est impeccable, on se marre du début à la fin, et les scènes cultes abondent. De plus, le film possède un casting de folie, même si certains acteurs n’y apparaissent que très peu de temps (Bernard Giraudeau a carrément la mention ‘le rôle le plus court du film’ sur l’affiche et dans le générique !). Citons les acteurs pour gagner un paragraphe (je suis fainéant, ce matin) : Christian Clavier, Dominique Lavanant, Roland Giraud, Michel Galabru, Jacqueline Maillan, Martin Lamotte, Michel Blanc, Gérard Jugnot, Jacques Villeret, Thierry Lhermitte, Jacques François, Julien Guiomar, Bernard Giraudeau, Josiane Balasko (qui aurait pu elle aussi avoir la mention ‘rôle le plus court du film’ au générique), Jean Yanne (idem), Jean-Claude Brialy (re-idem !), Jean Carmet, Roger Carel, Pauline Lafont, Jean-Paul Muel, et le présentateur de TV Alain Jérôme dans son propre rôle. Ouf.

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L’action de ce film se passe en 1943 (1941 pour les 10 minutes du prologue), pendant l’Occupation allemande. Deux ans après la mort d’André Bourdelle (Carmet), musicien classique et chef d’un réseau de résistance, le reste de la famille de grands musiciens classiques Bourdelle, qui hébergent le surveillant de lycée Michel Taupin (Clavier), voit son hôtel particulier parisien se faire réquisitionner par les Allemands, pour y loger un général de la Wermarcht, Schpontz (Giraud, parfait). Virés de leur logis et envoyés vivre à la cave, les Bourdelle (Hélèna – Jacqueline Maillan - , ses enfants Bernadette – Dominique Lavanant - , Guy-Hubert – Martin Lamotte – et Colette – Pauline Lafont, et le patriarche, Papy – Michel Galabru) et Taupin ruminent leur colère.

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Bernadette, fiancée à Taupin, va peu à peu s’éprendre du général Schpontz, tandis que Taupin, Hélèna et Bernadette, au cours d’un rendez-vous à la kommandantur, vont faire évader un prisonnier anglais blessé, qu’ils vont cacher dans leur cave. Colette, sœur cadette, s’en éprendra elle aussi…De son coté, Guy-Hubert, sous ses aspects de garçon-coiffeur homo et collabo, se trouve être le terrible Super-Résistant, justicier résistant donnant du fil à retordre aux envahisseurs. Alors que Taupin sera arrêté par les Schleus pour un méfait ridicule, et va plonger peu à peu dans la Résistance, Bernadette et Schpontz vont vivre une grande et difficile histoire d’amour. Pas facile de s’aimer quand on est totalement opposés et en temps de guerre !

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Raconter ce film fourmillant de gags est une tâche ardue, vous l’avez remarqué ici. Les scènes cultes abondent littéralement : la séquence pré-générique, qui montre la dernière journée d’André Bourdelle (et, bon Dieu, quelle journée de merde !! Il se coince le doigt dans un barillet de flingue, se casse la gueule, et se fait sauter involontairement à la grenade), la fin, parodie de l’émission L’Heure de Vérité, qui est restée dans toutes les mémoires, mais toute la séquence avec la réception du maréchal nazi Von Apfelstrudel (Villeret, grandiose) est à se pisser dessus aussi, surtout la parodie du Je N’Ai Pas Changé de Julio Iglesias, chantée par Villeret avec un accent allemand et des intonations totalement inspirées par Iglesias et surtout Yves Montand. Et toi non plus, tu n’a pas chanchéééééééééé… Cultissime, hilarant, riche en dialogues imparables. Mention spéciale à Galabru invectivant les nazis ayant foutu en l’air un buste de Beethoven dans le jardin :

- Bravo la statue ! Marchez dedans, ça porte bonheur ! C’est un schleu que vous avez foutu en l’air, c’est Beethoven !

- Ein Schleu ???, que répond l’ordonnance de Schpontz, joué par Muel.

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J’adore aussi la réponse de Galabru à Maillan, après que celle-ci ait légèrement incommodé les nazis, au cours de la même scène : Laissez, Mamina, laissez, ils montent, ils vous vous expliquer aimablement… Michel Galabru, par ailleurs parfait dans un rôle initialement prévu pour Louis DeFunès (qui est mort avant le tournage du film, c’est en partie pour cette raison que le film lui est dédié), qui devait jouer dans le film au départ. On imagine ce qu’aurait été le film avec lui dans le rôle de Papy. Ca n’aurait pas été pareil, mais ça aurait été plutôt pas mal, enfin, j’imagine ! Quoi qu’il en soit, Papy Fait De La Résistance, sorte de To Be Or Not To Be français, est un sommet du film comique, et avec Mes Meilleurs Copains, c’est clairement le meilleur film de Jean-Marie Poiré. A voir et à revoir.