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SPOILERS…

Réalisé en 2006, 300 est l’adaptation d’une bande dessinée de Frank Miller (Sin City), une BD en un seul tome (au format très particulier, A4 inversé) parue en 2002. Réalisé par Zack Snyder (lequel n’est pas exactement un grand réalisateur, mais pas un tâcheron non plus), le film, interprété par Gerald Butler, est un grand moment de testostérone, d’action, de sang, de furie, et d’effets spéciaux. L’action se passe durant l’Antiquité, en 480 avant J.C. La petite île de Sparte, affiliée à la Grèce, et dont le roi est Léonidas (Gerald Butler), entre en guerre contre l’empire perse, dirigé par Xerxès (Rodrigo Santoro), un empereur se faisant passer pour un demi-dieu, et dont l’armée est totalement impressionnante et féroce. La raison de cette entrée en guerre ? Léonidas, sur un coup de tête, refuse de voir Sparte annexée à l’empire perse. Il a sa fierté. Et il décide, contre l’avis du Sénat, et contre l’avis des Ephores (prêtres des dieux anciens), d’entrer en guerre. Avec sa garde personnelle, constituée de 300 soldats, il va défier, durant plusieurs jours, l’armée monumentale de Xerxès. Les 300 Spartiates, durement entraînés depuis leur enfance (grâce à un système d’entraînement aussi cruel et dur qu’efficace), vont affronter les Perses le long des Thermopyles (ou Portes Chaudes), un étroit passage rocailleux le long des plages de Sparte. Ils vont mourir pour l’honneur, pour la gloire. Pour Sparte.

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Comme vous le voyez, raconter ce film est l’affaire de quelques lignes, pas plus. 300 a beau être un péplum, il n’en est pas moins faible au niveau di scénario. On a beaucoup reproché au film, outre son idéologie douteuse (j’y reviendrai), d’être une sorte de jeu vidéo rempli de sang, de violence, de barbaque. Le film adapte scrupuleusement la BD de Miller, rien de ce qui se trouve dans l’album n’est oublié. Même, on trouve beaucoup de choses ne se trouvant pas dans l’album : tout ce qui concerne les séances du Sénat, la femme de Léonidas (Lena Headey), tout ce qui se passe dans Sparte (exception faite du début du film, la provocation de Léonidas), toutes les scènes ne concernant pas les combats. Ces scènes sont là pour étoffer le film, bien entendu. S’il n’avait été question que de l’adaptation pure et simple de la BD, sans rajouts, on aurait eu un film de 90 minutes totalement centré sur la baston, et sans grande intelligence.

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300 est un grand film d’action, très bourrin, mais efficace. Hélas, il est parasité (et la BD initiale aussi) par une idéologie totalement foireuse. Il est question de Sparte, de la manière dont sont dressés les enfants de Sparte. Déjà, les plus faibles, et les malformés sont tués dès la naissance. Eugénisme le plus flagrant. Ensuite, dès l’âge de 10-12 ans, un enfant mâle est envoyé seul dans la nature, armé d’une lance, pour y affronter la cruelle nature. S’il en revient vivant, il est considéré comme un homme, un Spartiate. S’il n’en revient pas vivant, inutile de parler de lui, il n’est pas digne de s’en souvenir.

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De même, les soldats combattent non pas pour la victoire, mais pour mourir glorieusement au combat. Ils se sacrifient, ils pratiquent un culte de l’abnégation la plus totale. Soumission envers leur roi. Leur…Führer ? Car entre cette idéologie eugénique faisant penser à celle du film Starship Troopers (dans lequel il faut donner son sang, et même sa vie, pour pouvoir être considéré comme un vrai citoyen) et la réalité du nazisme, il n’y à qu’un pas, que je ne franchirai pas, mais de peu. C’est cette vision un peu nihiliste et fasciste qui a un peu terni mon plaisir lorsque j’ai vu le film (et lu la BD).

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Certes, on dira avec raison que Frank Miller a des idées plutôt orientées à droite, conservatrices. Il suffit de lire Sin City ou 300 pour s’en rendre compte. Mais que Zack Snyder ait décidé d’adapter aussi la vision de l’auteur, ça me désole. Dans le fond, ce n’est peut-être qu’un vulgaire tâcheron, ce Snyder. Il n’apporte rien d’original au film, il l’adapte connement. Le film est super bon, hormis cette idéologie ; n’allez pas croire que je déteste 300, si c’était le cas, je n’en parlerais pas ici. Mais je regrette juste que cette vision noire et limite facho foute à moitié en l’air un film qui, à la base, n’a déjà pas plu à tout le monde à cause de son coté bourrin et ultra violent. Et tout numérique. Hormis cela, rien à dire sur 300. Comme film d’action, il se pose è là.