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Spoilers !

En 1951, Claude Autant-Lara réalise son meilleur film, j’ai nommé le superbe L’Auberge Rouge, avec Fernandel, Françoise Rosay, Julien Carette et Jean-Roger Caussimon. Ce film, comédie glauque et dramatique (il y à un peu des deux styles, humour et tragédie), a depuis été remaké en 2007 par Gérard Krawczyk. Merci à tous ceux qui ont vu ce remake de le chasser de leurs mémoires, tant celui-ci est misérable. Je n’arrive, personnellement, toujours pas à comprendre comment on a pu se laisser aller à remaker pareil chef d’œuvre. Car le film original avec Fernandel est, excusez du peu, un vrai chef d’œuvre, et un des plus beaux films de Fernandel, acteur qui ne figure pas parmi mes préférés, je l’avoue).

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L’action se passe au siècle dernier (donc au XIXème, l’avant-dernier, maintenant !), en 1833, dans le sud de la France, en Aveyron. En hiver. Et les hivers peuvent être rudes ! La preuve, il neige. Et il neige bien. Vraiment beaucoup de neige. Et pas de DDE pour sabler, à l’époque. Hum. Bon. Je me calme. Un moine (Fernandel) et son apprenti arrivent, en pleine nuit, dans une auberge, celle de Peyrebeille, tenue par le couple Martin (Julien Carette et Françoise Rosay), et dans laquelle viennent d’arriver une diligence entière de voyageurs assez fortunés. Malgré le fait que le tenancier ne semble pas vraiment vouloir d’eux, le curé et son apprenti restent, sur demande de Mme Martin, apparemment très pieuse, et ne se résignant pas à laisser partir, de nuit, et par ce temps, le curé.

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Mme Martin (Marie, de son prénom) et son mari cachent un terrible secret : ils tuent leurs clients, volent leur argent et les enterrent dans leur cour, ou bien les donnent à manger aux bêtes. Les Martin, devant l’arrivage de clients, se disent que leur fortune est faite. Mais Marie Martin, face à un homme d’église, n’en peut plus, et décide de se confesser à lui. Se disant que de toute façon le curé aussi sera assassiné, elle n’hésite pas, elle lui raconte tout, utilisant comme grille de confessionnal une grille à chataîgnes. Le moine, terrifié, va dès lors tout faire pour sauver les clients, sans laisser paraître devant eux (et devant le tenancier, qui ignore que sa femme a tout avoué) qu’il sait tout…Une nuit assez longue va dès lors débuter, tout sera tenté pour essayer d’empêcher les Martin d’agir…

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Avec son ambiance tour à tour sombre et drôle, et sa conclusion totalement nihiliste (les voyageurs, sauvés de la mort par le curé, remontent en diligence, mais la diligence s’écrase au fond d’un ravin suite à l’effondrement, sous les roues, d’un pont de bois – et le curé de voir la diligence tomber, et de s’enfuir en hurlant et en priant), L’Auberge Rouge est un vrai classique du cinéma, un film culte qu’il faut absolument voir en lieu et place de son remake nullissime. Ce film fait rire, et il fait peur, surtout quand on sait que c’est inspiré d’un fait divers réel (l’auberge de Peyrebeille a existé (et existe encore, désaffectée, il me semble), de même que les Martin, qui furent arrêtés et guillotinés). Scènes cultes, dialogues excellents, interprétation superbe (même si certains aspects ont vieilli, certains acteurs secondaires sont un peu irritants de par leurs jeux), ce film est, n’ayons pas peur des mots un vrai classique. Une comédie glauque, littéralement, ou comment faire rire avec une situation hautement dramatique !