1227022198_platoon_0

Spoilers ! En 1986 sort un des films définitifs sur la guerre du Vietnam, qui obtint d’ailleurs l’Oscar du meilleur film, et est probablement le meilleur d’Oliver Stone : Platoon. Interprété par Charlie Sheen, Tom Berenger et Willem Dafoe, le film est brutal, violent, agressif, puissant et poignant. Rarement la guerre avait été montrée avec autant de virulence et de réalisme. Stanley Kubrick lui-même, qui préparait encore Full Metal Jacket au moment de la sortie du film, l’appréciera énormément (et sera même gêné, au moment de la sortie de son propre film sur le Vietnam, d’avoir été devancé par Stone – il ne lui en tiendra pas rigueur, Kubrick, de son propre aveu, travaillait beaucoup trop lentement).

1227022291_platoon_3

Anecdote : Kubrick n’était pas satisfait du bruit que les mitrailleuses de son film faisaient. En regardant Platoon, il se rendit compte que dans le film de Stone, elles sonnaient pareil ! Et ça ne fut donc plus un souci pour Kubrick… Outre Sheen, Dafoe et Berenger, le film est également interprété par Forest Whitaker, Kevin Dillon, Johnny Depp, et Oliver Stone lui-même joue (non crédité par modestie) un soldat.

Le film est raconté par le soldat Chris Taylor (Sheen, magistral), qui, du haut de ses 19 ans, déboule, en 1967, en plein Vietnam, près de la frontière cambodgienne, rejoindre la compagnie Bravo du 25ème régiment d’infanterie. Engagé volontaire, issu d’un milieu aisé et bourgeois, Chris est plein d’idéaux, et, de ce fait, ne semble absolument pas taillé pour la guerre (mais qui l’est, hormis le personnage joué par Berenger ?).

Placé sous les ordres du sergent Barnes (Berenger) et du sergent Elias (Willem Dafoe), deux soldats très différents – Elias est gentil, calme, sensé, tandis que Barnes est une vraie bête de guerre, violent, brutal et sans émotions - , Chris et ses camarades vont plonger dans un enfer sans espoir de retour, oeuvrant dans la jungle vietnamienne à la recherche d’ennemis invisibles, dans un environnement hostile…

1227022347_platoon_2

Comme l’affiche le dit très bien, l’innocence est la première victime de la guerre. Innocent à son arrivée au Vietnam, Taylor voit ses illusions, ses idéaux sombrer peu à peu, et un à un, dans un bourbier immense pour lequel il s’était pourtant engagé volontairement. Ce n’est pas la folie militaire de Barnes qui va arranger les choses, bien au contraire, et on devine aisément qu’à son retour aux USA (Taylor racontant l’histoire à la première personne, aucun doute sur sa survie, idem pour Joker dans le film de Kubrick), Chris Taylor sera complètement aigri, amer et traumatisé par une guerre implacable, atroce, doublée d’une défaite.

1227022231_18958408_w434_h_q80

Virulent comme les films d’Oliver Stone ont l’habitude de l’être, passionnant et âpre, Platoon est un chef d’œuvre, regorgeant de grands moments, dont celui qui illustre l’affiche (ne révélons pas à ceux qui n’ont encore jamais vu le film de quoi il s’agit – pour les autres, vous voyez de quoi je veux parler), et doté d’une interprétation sans failles. Oliver Stone a fait le Vietnam ; ceux qui l’ignoreraient encore le devineront sans problème en voyant de quelle manière il aborde ce traumatisant conflit dans ce film mythique et quasi inégalé (sauf par le Kubrick, Apocalypse Now de Coppola et Voyage Au Bout De L’Enfer de Cimino). Choquant et magistral.