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SPOILERS…

Sorti en 1981, célèbre en majeure partie pour la magnifique musique signée Ennio Morricone (les thèmes Le Vent, Le Cri qui ouvre le film, et Chi Mai, qui occupe le reste de la bande-son, en gros), Le Professionnel est un des plus connus de tous les films de Jean-Paul Belmondo. Et aussi un des films les plus connus de son réalisateur, Georges Lautner. Pourtant, en dehors des scènes cultes (nombreuses) du film et de sa musique grandiose, le film est très gênant. Je l’aime beaucoup, mais en même temps, je ne le supporte pas trop par moments.

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En effet, ce film est raciste, xénophobe. Adaptation d’un roman du nom de Mort D’Une Bête A La Peau Fragile (ce qui laisse deviner à l’avance comment le film se termine…), le film raconte l’histoire d’un agent des Services Secrets français (la DGSE), Joss Beaumont, chargé d’une mission spéciale assez délicate : abattre le président N’Jala (Sidiki Bakaba), qui dirige d’une main de fer un petit pays d’Afrique noire, le Malawi (pays imaginaire, mais comment ne pas voir Bokassa ou Idi Amin Dada en N’Jala ?). Sa tentative foire, et Beaumont est jugé, au Malawi (le film démarre par le jugement, on ne voit rien de la mission), et condamné aux travaux forcés à perpétuité.

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Beaumont parvient à s’enfuir, après quelques années, et regagne la France. Se faisant signaler volontairement auprès de la DGSE, il apprend que N’Jala doit faire une visite officielle en France bientôt. Considérant Beaumont de retour, les dirigeants de la DGSE se mettent immédiatement à penser que Beaumont va vouloir terminer sa mission, et va tenter de tuer N’Jala pendant sa visite officielle. Or, depuis le temps, les relations entre la France et le Malawi se sont nettement arrangées, il n’est plus question de tuer N’Jala…

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Le film est raciste et xénophobe, donc. Ne serait-ce que dans les dialogues d’Audiard (lequel était franchement de droite, autant le dire, et limite poujadiste), on sent un racisme totalement révoltant. Le responsable de la DGSE (le colonel Martin – Jean-Louis Richard) expliquant au Ministre de l’Intérieur (Jean Desailly) pour quelle raison Beaumont avait été envoyé au Malawi, tuer N’Jala, est éloquent : Inutile de vous rappeler, Monsieur le Ministre, quelles étaient les opinions politiques de votre prédécesseur… En gros, il fallait tuer N’Jala, dictateur certes, mais Noir avant tout. Quand même, dès qu’on parle de N’Jala dans le film, tout le monde (excepté Beaumont) en parle en disant le négro !

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Le personnage du commissaire Rosen (Robert Hossein), flic de choc chargé de retrouver (et de tuer, on s’en doute) Beaumont, est encore plus révoltant. Avec ses sbires, il ressemble totalement à un agent de la Gestapo, et n’hésite pas à torturer ceux qu’il interroge…Sa mort, quand il est abattu, au cours d’un duel leonien, par Beaumont n’est absolument pas triste et révoltante, elle. En revanche, la fin est poignante, Beaumont se faisant abattre par la DGSE alors qu'il tente de s'enfuir en hélico - quelques minutes auparavant, un agent de la DGSE a abattu, par erreur, N'Jala. Une erreur qui les arrange bien, ils ont donc un motif pour tuer Beaumont...

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Scènes cultes (la fin…l’intro africaine…les clodos…le duel Beaumont/Rosen…), musique culte, acteurs épatants, réalisation soignée et efficace, pour un film populaire (un des plus gros succès de Bébel) mais quand même très douteux dans son fond. Cette complaisance, ce racisme total, écoeurant, m’a toujours rebuté, mais à coté de ça, ça reste quand même un très bon polar à suspense. Voilà un des rares films présents sur le blog à ne pas avoir droit à ses quatre étoiles. Mais à cause de son aspect xénophobe, désolé, je ne peux pas donner la note maximale, pas possible !