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Spoilers !!

Sorti en 1963, ce film reste encore et toujours (et malgré la technique d’effets spéciaux qui a vieilli) un sacré traumatisme. Sur l’affiche même, on voit un Hitchcock dessiné, disant ‘ce film est probablement mon plus impressionnant’. Et ce n’est pas peu dire. Si Psychose, en 1960, avait terrorisé le monde, Les Oiseaux, en 1963, l’a traumatisé de la même manière que, 12 ans plus tard, Les Dents De La Mer de Spielberg le fera. Impossible de voir les oiseaux de la même manière après vision du film. Surtout juste après la vision du film !

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Interprété par Rod Taylor, Tippi Hendren et Jessica Tandy (mais aussi par Suzane Pleshette et Veronica Cartwright – cette dernière jouera, en 1979, le rôle de Lambert dans le premier Alien, anecdote !), le film est basé sur un scénario aussi simpliste qu’efficace, et qui laisse lieu à de multiples analyses : dans une animalerie, Mélanie, une jeune femme (Tippi Hendrend, qui fut pendant un temps une actrice phare pour Hitchcock : Pas De Printemps Pour Marnie), rencontre un jeune avocat, Mitch (Rod Taylor), qui recherche des oiseaux, plus particulièrement un couple d’inséparables. Mélanie se propose de les acheter et de les lui apporter chez lui, à Bodega Bay, et Mitch accepte (ça leur donnera une bonne occasion de se revoir, tous deux le savent bien).

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Mélanie, en route pour Bodega Bay avec la cage d’inséparables à ses cotés, a hâte de revoir Mitch. Arrivée sur place, elle se fait agresser au front par une mouette. D’ordinaire, les oiseaux n’attaquent pas les humains. Par la suite, les oiseaux (mouettes, corbeaux, éperviers) vont se mettre à attaquer les hommes, semant une vraie panique à Bodega Bay. Les oiseaux attaquent les maisons (ils se fracassent contre les vitres des fenêtres et les portes), envahissent les rues, attaquent des écoliers à la sortie des classes. On ne comprend pas comment de charmants volatiles logiquement paisibles puissent devenir aussi fous furieux…

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Le film aligne les scènes angoissantes, la plus célèbre étant celle de l’école (et de la pauvre institutrice – Suzanne Pleshette - tuée à coups de becs). On voit quelques oiseaux épars se poser sur le parc de jeux de l’école (petite constructions de tuyaux comme on en trouve dans tous les squares). Au fur et à mesure, la caméra passe du parc de jeux à autre chose et à chaque fois que l’on revoit le parc de jeux, on y trouve de plus en plus d’oiseaux. De plus en plus. Jusqu’à ce qu’on ne puisse plus voir autre chose qu’une immense masse noire grouillante et frémissante. Et dès que les enfants sortent…c’est l’apocalypse.

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Assez sanglant pour l’époque (on a beau parler de Hitchcock comme maître du film de suspense, mais on a ici un authentique film d’horreur), le film marque à vie. Comment oublier cette vision terrible d’un cadavre énuclée (le film est, en plus, en couleurs), des enfants attaqués, de Mélanie piégée dans la grenier par quelques piafs l’attaquant sans vergogne (la scène est filmée comme si les agresseurs étaient humains, on sent que Hitchcock a voulu la filmer comme une scène de viol) ?

La fin, en plus, est à la fois oppressante et énigmatique : Mitch, Mélanie et Lydia Brenner, la mère de Mitch (Jessica Tandy) s’enfuient en voiture. Sur l’arbre, le toit, que des oiseaux, qui les regardent partir avec un air on ne peut plus menaçant (et ce ne sont que des oiseaux). La dernière image montre l’arbre infesté d’oiseaux. Curieusement, les oiseaux ne suivent pas la voiture, ils semblent redevenir gentils…en apparence, ou réellement, on ne le saura pas, mais toujours est-il que les héros peuvent partir tranquille, les oiseaux ne les suivent pas.

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On a longtemps analysé (et on continue de le faire) le film. Comment se fait-il que des oiseaux puissent devenir fous comme ça ? Comment expliquer la fin ? Les inséparables en cage ont-ils un lien avec le reste (eux, en revanche, ne deviennent pas fous, ils restent calmes dans leur cage), ou ne sont-ils là que pour faire deux oiseaux de plus ? Quoi qu’il en soit, rien à dire sur ce film, c’est un des sommets absolus d’Hitchcock, et probablement le film le plus angoissant du maître avec Psychose. Un chef d’œuvre macabre et oppressant. A voir à tout prix, mais pas par les enfants ! J’ai vu ce film pour la première fois à l’âge de 6 ans, et je m’en souviens encore, de cette première fois…