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SPOILERS…

Cette troisième version de King Kong, réalisée par Peter Jackson en 2004, est d’une beauté à couper le souffle. Là où la seconde version, celle signée John Guillermin et réalisée en 1976 (qui sera un de ces jours abordée sur le blog, au passage), se passait dans le milieu des années 70 (on y voyait, à la fin, le gros singe escalader le World Trade Center), cette nouvelle version est fidèle à la première (de 1933, de Schoedsack et Cooper), et se passe, donc, dans les années 30, avec escalade finale de l’Empire State Building.

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Adrien Brody, Jack Black, Naomi Watts et le singe (dont Andy Serkis, déjà mime de Gollum dans la Trilogie Tolkien de Peter Jackson, a servi de modèle pour les mouvements animatroniques) sont les acteurs principaux du film. D’une longueur de 3 heures, King Kong version Jackson est le plus long des trois films. On pourrait éventuellement reprocher cette longueur immense au film. Comme quoi la partie située sur Skull Island, avant même la capture de Kong, est trop longue par rapport à la partie new-yorkaise finale (en gros, les deux tiers du films se passent avant la capture du singe, la dernière heure étant l’arrivée à New York et tout ce qui s’ensuit). Mais il n’empêche, ce film est visuellement superbe, et on ne s’ennuie pas en le regardant !

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L’histoire se passe en 1933. Le réalisateur et explorateur Carl Denham (Jack Black) projette de tourner un film sur une île lointaine et encore inexplorée, Skull Island. La raison officielle, pour ses producteurs réticents, est de tourner les scènes finales de son film inachevé là-bas, pour y apporter une touche exotique. Il engage l’actrice Ann Darrow (Naomi Watts), dont la carrière au music-hall, à cause de la Dépression économique (crise de 1929 oblige) est au point mort.

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La raison officieuse de ce voyage vers Skull Island est que Denham a appris qu’un singe gigantesque y vivait, et il envisage de capturer ce singe vivant, afin de le montrer dans le monde entier et de faire fortune. Avec l’aide de Jack Driscoll (Adrien Brody), son scénariste, et avec une équipe réduite, Denham appareille à Singapour, direction cette mystérieuse île du Crâne. Une fois arrivés sur l’île du Crâne, ils ne seront pas au bout de leurs surprises. Des indigènes, vouant un vrai culte au singe (le roi Kong, King Kong), qu’ils considèrent comme leur dieu, enlèvent Ann (dont la blondeur de cheveux les étonnent) et la donnent en sacrifice à Kong, qui la capture et l‘emmène avec lui dans la jungle. Sur Skull Island, le temps semble s’être arrêté : en effet, outre ce monstrueux primate, des dinosaures vivent sur l’île.

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Tandis que Denham et Driscoll (et l’équipe) partent à la recherche d’Ann, Ann, elle, fait connaissance (enfin, si on peut dire) avec Kong. Comme amoureux d’elle, Kong ne lui fait aucun mal, bien au contraire. Après une série de péripéties, Denham parvient à capturer vivant Kong et à récupérer, indemne, Ann. Ils installent Kong dans la soute du bateau, endormi et solidement attaché, et ils prennent le cap direction New York. On imagine le succès la représentation, par Denham, de Kong à la foule. Seulement, paniqué par cette foule immense, Kong s’enfuit, il parvient à se détacher, et va semer le chaos dans la Grosse Pomme. Il enlève à nouveau Ann, grimpe tout en haut de l’Empire State Building, et il faudra une escadrille aérienne pour le tuer (ou plutôt, le faire tomber du gratte-ciel, la chute le tuant). Heureusement, il aura le temps de déposer Ann sur le toit avant de chuter…

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On a souvent dit que la mort de King Kong était triste (quel que soit le film), et c’est vrai. King Kong n’est pas un méchant, c’est un singe certes monstrueux, mais complètement paniqué, retiré de son environnement naturel. On le capture, on l’exhibe, et, pour finir, alors que celui-ci, enfin libéré, erre dans New York à la recherche d’un environnement paisible, il se fait tuer. Ce n’est pas un monstre, c’est une victime, qui n’a rien demandé à personne (il n’est pas venu de son plein gré à New York, ce n’est pas comme Godzilla). Quel que soit le film, sa mort, à la fin, est tragique, vraiment triste.

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Ce film ne lésine pas sur les effets spéciaux (qui sont sensationnels) et sur l’action. La romance aussi a une grande part, et la reconstitution de l’Amérique des années 30, en pleine crise, est sublime. De Jack Black à Naomi Watts, tous les acteurs sont remarquables, et la réalisation, imbattable. Si ce n’est pas le meilleur film de Jackson (qui est l’ensemble de la Trilogie), c’est, en tout cas, un chef d’œuvre à voir absolument. Certes, il dure 3 heures, et sur ces 3 heures, il y à sûrement une demi-heure de trop sur Skull Island, mais ça n’empêche pas le film d’être un spectacle hallucinant de force et de beauté. Et de poésie, aussi, car le film retrouve le charme, en plus moderne du point de vue FX, du premier film. Monumental ! Hail to the King !