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Spoilers ! Notamment sur la fin !

Diffusé l'an dernier sur France 3 en hommage à Paul Newman (ce qui était une excellente initiative de la part de France 3 de diffuser ce film plutôt qu’un autre moins réussi du style En Toute Complicité), L’Arnaque (de George Roy Hill, sorti en 1974) est incontestablement un de ses rôles les plus marquants, un de ses tout meilleurs films, en concurrence directe avec Luke La Main Froide, L’Arnaqueur et Butch Cassidy Et Le Kid (également de George Roy Hill, également avec Robert Redford). Drôle, volontairement kitsch (car situé dans les années 30), magistralement bien écrit, réalisé et interprété, ce film est un classique absolu du cinéma, une comédie policière inventive, légère, agréable, et assez amorale. L’histoire, assez simple, est prétexte à de multiples rebondissements, dont le plus spectaculaire est incontestablement la fin.

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1936, Chicago. Johnny Hooker (Robert Redford, qui est grosso modo l’acteur principal du film, ayant plus de scènes que Newman) est un petit escroc sans grande envergure, fauché, qui agit en binôme avec son pote Coleman. Alors qu’ils viennent de voler à un homme dans la rue son portefeuille, ils se rendent compte qu’ils viennent de voler une importante somme d’argent appartenant à Doyle Lannegan (Robert Shaw), un gangster de New York s’occupant en majeure partie du trafic des courses hippiques et des tripôts clandestins. Lannegan, apprenant l’identité de ses voleurs, fait tuer Coleman.

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Hooker, assoiffé de vengeance, fait alors appel à un ami de Coleman, un arnaqueur professionnel du nom de Henry Gondorff (Paul Newman). Hooker demande à Gondorff, qui accepte, de venger Coleman en l’aidant à monter une immense arnaque qui leur permettra de mettre Lannegan sur la paille. Gondorff et Hooker commencent à monter l’arnaque, basée sur les courses hippiques, péché mignon de Lannegan.

Le principe de l’arnaque : faire croire à Lannegan qu’ils ont la possibilité de connaître à l’avance les résultats des courses, avant l’arrivée. Ce qui, disent-ils, peut permettre à Lannegan de gagner à chaque fois. Bien sûr, les courses en questions sont truquées, fictives, retransmises dans le salon de paris par un faux animateur radio… Très vite, les deux hommes (que Lannegan n’a jamais rencontrés) commencent leurs approches du gangster, et recrutent des complices…

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Par le biais de quiproquos, de (fausses) trahisons respectives, de coups divers, Hooker et Gondorff parviennent à leurs fins, dans une scène finale anthologique mettant en scène même la police ! Une descente de police dans le salon de paris de Gondorff tourne à la tragédie quand un flic arrête Gondorff et se met à remercier Hooker de son tuyau. Gondorff sort une arme, tire sur Hooker, et se fait tirer dessus par les flics. Lannegan, paniqué (et ayant perdu plusieurs milliers de dollars dans des paris illégaux, ce qu’il se garde bien de parler aux autorités), s’enfuit, blousé. Tandis que Hooker et Gondorff se relèvent, les revolvers étant à blanc…Lannegan les croyant morts, il se gardera bien d’essayer de les retrouver pour leur faire la peau ! Ultime coup d’éclat d’une arnaque menée tambour battant.

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Riche en grands moments, magistralement interprété par Newman, Redford et Shaw, avec une excellente réalisation de George Roy Hill, L’Arnaque est aussi connu pour sa cultissime musique signée Marvin Hamlisch et Scott Joplin, un thème rétro absolument inoubliable. 7 Oscars pour ce film : meilleure direction artistique, meilleur montage, meilleurs costumes, meilleure musique, meilleur réalisateur, meilleur scénario (de David S. Ward), et, bien entendu, meilleur film. Pas mal, n’est-ce pas ? Un film vraiment culte, hilarant et saisissant.