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SPOILERS !

Voici un de mes cinq films préférés avec Clint Eastwood. Réalisé en 1979 par Don Siegel, tourné directement sur place, L’Evadé D’Alcatraz est un sommet du film carcéral, un film qui, malgré son ancienneté (il a tout de même 30 ans !) n’a absolument pas vieilli.

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Le film (aussi interprété par Patrick Le Prisonnier McGoohan, parfait en directeur de prison vicieux) est sombre, âpre. La photographie du film est assez froide, pas mal de scènes se passent de nuit (notamment l’évasion, mais aussi toutes les scènes de la préparation de l’évasion – l’arrivée de Eastwood à Alcatraz, au début du film, se passe aussi de nuit, par un temps de chien), et l’ambiance générale est vraiment pessimiste, noire. Pas vraiment d’humour ici, hormis à de quelques rares reprises (un prisonnier sans grande personnalité, Litmus, se fait passer pour Al Capone devant un nouvel arrivant quelque peu impressionné et n’osant pas trop le contredire ; Morris est trop content de jouer le jeu de Litmus pour impressionner encore plus le nouveau, Butts).

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Frank Morris (Eastwood) arrive, de nuit, au pénitencier d’Alcatraz, situé sur un îlot au large de la baie de San Francisco. Pour quoi est-il là, on ne le sait pas trop (braquages, il me semble, Morris ayant réellement existé et s’étant réellement évadé d’Alcatraz), toujours est-il que Morris est envoyé à Alcatraz à cause de sa grande propension à toujours vouloir se faire la belle.

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Morris va faire la connaissance de la vie à Alcatraz, très dure. Entre taulards qui deviendront ses ennemis (un certain Wolf, homosexuel refoulé, n’ayant qu’une seule envie, se le farcir sous la douche) et beaucoup d’autres qui deviendront amis (Litmus – Frank Ronzio - , qui nourrit son petit oiseau ; Doc – Roberts Blossom - , un vieux prisonnier passant son temps à peindre ; et un Noir travaillant à la bibliothèque de la taule, apparemment très bien placé dans la hiérarchie des taulards), Morris va, peu à peu, échafauder une tentative d’évasion. Découvrant que les murs de sa cellule s’effritent à cause de l’humidité, il parvient à creuser, peu à peu, un trou dans la grille d’aération. Mettant le prisonnier de la cellule d’à coté, Butts (Larry Hankin) et deux frères fraîchement débarqués, les Anglin (Fred Ward, Jack Thibeau) dans le coup, il se met à creuser, et à imaginer un plan pour pouvoir se barrer du Rocher sans y laisser sa peau…

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C’est avec des gilets de sauvetages et des mannequins fabriqués avec du papier mâché, des cheveux récupérés et des polochons que Morris et ses mais vont parvenir à leurs fins, et ne seront jamais retrouvés, au grand dam du directeur (McGoohan), qui s’était pourtant juré de faire d’Alcatraz la prison la plus infaillible des USA. Peu de temps après (ce n’est pas dit dans le film), la prison fermera, d’ailleurs…

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Excellence de l’interprétation (Clint est, comme toujours, impeccable, les autres acteurs suivent), efficacité de la réalisation, scénario très bien écrit (par Richard Tuggle, réalisateur de La Corde Raide, d’ailleurs), musique assez inquiétante de Jerry Fielding, scènes cultes…Rien à dire sur Escape From Alcatraz. Il s’impose vraiment comme le meilleur film de prison, en concurrence, toutefois, avec le très beau et plus optimiste Les Evadés de Frank Darabont. Ce film, un des meilleurs de Don Siegel, est à voir absolument, surtout si vous aimez Clint Eastwood et les films carcéraux !