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SPOILERS…

En 1954, Alfred Hitchcock réalise un de ses grands classiques, et même le premier grand classique de son Âge d’Or (1954-1964), Fenêtre Sur Cour (Rear Window), avec un duo d’acteurs cultissime, James Stewart et Grace Kelly. On y retrouve aussi Raymond ‘Perry Mason’ Burr. La musique, signée Bernard Herrmann, est fantastique, comme toujours ou presque chez ce compositeur. Le photographe professionnel L.B. ‘Jeff’ Jefferies (Stewart) est, suite à un accident, cloué temporairement dans un fauteuil, avec une jambe dans le plâtre. De son appartement, il passe son temps, rivé à la fenêtre, à observer ses voisins de l’immeuble d’en face, avec une paire de jumelles. Sa petite amie Lisa (Grace Kelly) et son infirmière Stella (Thelma Ritter) trouvent cette occupation un peu limite (c’est du voyeurisme, de toute façon), mais Jefferies n’en a cure.

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Un jour, il découvre que la femme de son voisin d’en face, Lars Thorwald  (Raymond Burr) n’est plus visible. Alors qu’il la voyait souvent (et il la voyait même s’engueuler avec son mari), du jour au lendemain, elle a disparu, ne se trouve plus chez elle. Jefferies découvre aussi que le parterre de fleurs de Thorwald a subitement augmenté de volume, comme si quelque chose (ou quelqu’un…) se trouvait dessous. Pris de la conviction absolue que Thorwald a tué sa femme et l’a enterrée sous ses fleurs, il va mettre Lisa dans la confidence, et essayer de faire arrêter le tueur...Mais, cloué à son fauteuil dans son appartement, avec une paire de jumelles pour toute arme, c’est assez difficile !

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Suspense incroyable (on reconnaît bien là la patte d’Hitchcock), interprétation sans failles, trouvailles visuelles remarquables (tout est dans le principe du champ/contre-champ, et on trouve énormément de plans de vue subjective avec pourtour de jumelles, ce qui fait qu’on mémorise bien plus facilement ce que l’on regarde), et ambiance voyeuriste totalement jubilatoire (plaisir coupable : qui n’a jamais essayé, malgré les recommandations du style ‘c’est pas gentil d’espionner’, de regarder chez ses voisins avec une longue-vue ou une paire de jumelles ?)…

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Rien à dire, Rear Window est un des films les plus essentiels d’Hitchcock, un chef d’œuvre de suspense machiavélique et douloureux, tout aussi fantastique et indispensable pour un cinéphile que La Mort Aux Trousses, Sueurs Froides et L’Homme Qui En Savait Trop (pour ne citer que ces films sortis entre 1956 et 1959, parlez vraiment d’un Âge d’Or !). Un sommet, je ne vois pas quoi dire d’autre !