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Spoilers !!!

 

 

 

 

 

Réalisé en 1971 par Gordon Parks, Les Nuits Rouges De Harlem (plus connu sous son titre original, Shaft – à noter, le titre français, sur le DVD, ne comporte plus le mot ‘rouges’) est un des premiers films de Blaxploitation, et un des plus connus (si ce n’est le plus connu) de ce genre cinématographique bien ancré dans les années 70. Des films faits par et pour les Noirs, dans lesquels les méchants étaient souvent…des Blancs racistes. 

 

 

 

 

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N’allez pas voir du racisme partout, hein. Surtout que ce film est un chef d’œuvre dans le genre ‘polar urbain’ ! Bénéficiant d’une musique cultissime d’Isaac Hayes (la bande-son figure parmi les plus grandes de l’histoire du cinéma), et d’une interprétation excellente de Richard Roundtree et Moses Gunn (et, dans un petit rôle, Antonio ‘Huggy-les-bons-tuyaux' Fargas), le film est un classique.

 

 

 

 

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Deux suites et un remake verront le jour. Pour le remake, c’est Shaft, réalisé en 2000 par John Singleton, avec Samuel L. Jackson, Christian Bale et Richard Roundtree dans le rôle du Shaft initial, un petit rôle ‘clin d’œil’. Ce remake est plutôt sympa, mais sans plus, et il ne vaut absolument pas l’original. Les suites ? toutes interprétées par Roundtree, sont Les Nouveaux Exploits De Shaft (1972, de Gordon Parks, plutôt très bon) et Shaft Et Les Trafiquants D’Hommes (1973, de John Guillermin, moins réussi, mais toutefois sympathique). Pour une fois, on n’a pas droit à des suites à chier, elles sont certes moins bonnes que le premier film, mais sont à voir.

 

 

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L’action se passe à New York, dans le quartier/ghetto Noir de Harlem. John Shaft (Roundtree) est un détective. Il est chargé par un gros bonnet de la drogue (Moses Gunn) de retrouver sa fille, Marcy, qui a été enlevée. Il se retrouve vite aux prises avec deux gangs rivaux de trafiquants, un gang de Blancs, et un gang de Noirs. Shaft va vite être obligé de faire appel à un ami d’enfance, Ben Bufford (Christopher Saint-John), afin de lui demander de l’aider, avec ses hommes, un vrai commando…

 

 

 

 

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Musique culte, interprétation excellente, rythme soutenu, ambiance très 70’s, violent et trippant, ce film est vraiment efficace et mythique. Sans être un monument du cinéma, on peut vraiment dire qu’à l’instar du Sweet Sweetback Baadasssss Song de Melvin Van Peebles, Les Nuits Rouges De Harlem a fait date dans le cinéma américain. Certes, on a reproché à ces films de ne pas tenter de montrer de bonnes relations entre Blancs et Noirs (les Blancs sont quasi tout le temps montrés comme des méchants racistes), mais c’était dans l’air du temps de l’époque, et la communauté noire a quand même trop longtemps morflé en silence, il fallait bien une compensation (enfin, façon de parler), un contrecoup ! En résumé, malgré une esthétique 70’s qui a vieilli (pas la musique funky, mais le visuel), Shaft premier du nom est un putain de classique !