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SPOILERS…

 

 

 

 

 

Dario Argento, en 1977, réalise le premier volet de sa ‘Trilogie des Mères’ (dont le volet final, La Terza Madre/Mother Of Tears ne fut fait qu’en 2007), le mythique Suspiria, avec Jessica Harper, Stefania Casini, Alida Valli et Miguel Bosé. La ‘Trilogie des Mères’ aborde la sorcellerie, par le biais de trois grandes sorcières régissant le monde obscur, la Mère des Soupirs, la Mère des Ténèbres, et la Mère des Larmes. Suspiria, son titre étant assez éloquent, aborde la Mère des Soupirs (le second volet, Inferno de 1979, aborde la Mère des Ténèbres, et Mother Of Tears, bien évidemment, aborde la Mère des Larmes).

 

 

 

 

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Suspiria est un des films les plus effrayants jamais réalisés, et un des meilleurs films de Dario Argento. En ce qui me concerne, je dirai même que c’est le dernier chef d’œuvre d’Argento (son film suivant, Inferno, est très bien, mais ça commence à devenir moins intéressant). Porté par une musique totalement angoissante (et sublime ; et culte) du groupe Goblin (Argento collabora à la musique aussi, au sein de ce groupe qu’il avait déjà recruté pour Les Frissons De L’Angoisse), le film est monumental.

 

 

 

 

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Suzy Bonner (Jessica Harper) est une jeune danseuse américaine. Elle arrive à Fribourg, en Allemagne, afin d’intégrer une académie de danse réputée. Le soir de son arrivée (par un horrible temps orageux et pluvieux), elle aperçoit une jeune femme s’enfuir, affolée, de l’académie, marmonnant des mots incompréhensibles (Secret…Iris…). Par la suite, au cours de cette nuit, cette jeune femme, Pat, se fera sauvagement assassiner dans la résidence des danseuses, mais Suzy n’apprendra ce crime que le lendemain, incidemment. Suzy arrive à l’académie, et se fait rapidement une amie avec Sara (Stefania Casini), une jeune femme qui, justement, connaissait Pat. Un jour, alors qu’elle se rend à une leçon de danse, Suzy est victime d’un malaise, et s’évanouit. A son réveil, dans sa chambre, elle apprend qu’elle va pendant quelques temps faire l’objet d’un régime alimentaire particulier, afin qu’elle récupère des forces, mais ce régime particulier (un verre de vin rouge, pas de fruits, beaucoup de liquides) va se poursuivre désormais, sans grande utilité.

 

 

 

 

 

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Stefania va bientôt disparaître, alors qu’elle s’apprêtait à faire à Suzy des révélations sur l’académie et sa mystérieuse directrice, que personne n’a encore vue. En fait, Stefania se fait tuer alors qu’elle tentait d’en savoir plus…Suzy rencontre un ami de Stefania, Frank Mandel (Udo Kier), qui lui apprend que l’académie a été fondée en 1895 par une certaine Elena Marcos, une sorcière grecque. Cette Elena Marcos est morte 10 ans plus tard dans l’académie, dans un incendie, et depuis, c’est une de ses fidèles anciennes élèves qui a repris la direction. Suzy est de plus en plus persuadée que la Reine Noire (surnom donné à Elena Marcos) est toujours la directrice actuelle de l’académie…

 

 

 

 

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Visuellement incroyable, rempli de couleurs chatoyantes (dans les tons rouge - surtout -, bleu et vert), de décors insensés (l’académie, lieu maléfique et labyrinthique ayant tout du cauchemar lewiscarrolien), et de personnages troubles (Mme Tanner – une des profs, jouée par Alida Valli), Suspiria est un film totalement maîtrisé. Assez gore (mais les scènes de meurtres ne sont pas très nombreuses, le film mise surtout sur l’atmosphère), le film est interdit aux moins de 16 ans. Le meurtre du début (celui de Pat) est incroyablement graphique (la lame s’enfonçant dans le cœur mis à nu, les cris de douleur), idem pour la fameuse scène où un pauvre aveugle se fait égorger par son chien d’accompagnement, brrrr…

 

 

 

 

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La musique de Goblin sert admirablement les effets horrifiques du film ; il suffit d’entendre la douce mais oppressante mélodie pour comprendre que quelque chose risque (car ce n’est pas toujours sûr) de se produire. L’intro du film (l’arrivée, sous un temps de merde, de Suzy, et Pat s’enfuyant en trombe) est flippante, et met bien dans le ton. La fin est cultissime, et tout aussi angoissante. En un mot comme en cent, avec ses effets visuels sublimes et efficaces, ses décors baroques, son ambiance oppressante, son interprétation très réussie de Jessica Harper, sa réalisation efficace, et un scénario ma foi vraiment bien écrit (par Argento et sa femme, Daria Nicolodi, mère d’Asia), Suspiria, premier volet de la ‘Trilogie des Mères’, est un monument absolument saisissant et effrayant. A voir à tout prix !