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SPOILERS !

Certaines images peuvent choquer...

 

En 1982, David Cronenberg, spécialiste des déviances et des mutilations corporelles dans le cinéma horrifique (Frissons, Rage !, Chromosome 3, pour ne citer que ces films), réalise ce qui restera sans doute à jamais son plus grand film : Vidéodrome. Interprété par James Woods et Deborah Harry (chanteuse du groupe de pop-rock Blondie), ce film est absolument ahurissant, en meme temps que très très spécial et malsain. Le film, très (trop) court - 83 minutes - est une critique sauvage de la télévision, et en meme temps, c'est un film limite inracontable tellement il mélange réalité et hallucinations (vécues par le personnage principal, auquel on s'identifie, ce qui fait qu'on nage littéralement dans le délire du film). Très difficile à cerner, surtout lors des premières visions, le film ne se regarde que de temps en temps, tant il est déstabilisant.

 

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Le film se passe à Toronto, Canada, comme tous les premiers films de Cronenberg (son film suivant, Dead Zone, sera le premier à etre américain). Max Renn (James Woods) est le directeur d'une petite chaine locale de télévision, Civic TV, qui diffuse essentiellement des programmes sexuels ou d'extrème violence - et ce, comme Max le dit lors d'une émission de télévision au début du film, pour servir d'exutoire à une société de plus en plus névrosée. Au cours de cette émission, il rencontre l'animatrice radio Nicky Brand (Deborah Harry, sublime dans son meilleur role). Il courtise avec elle, et découvre que cette jeune femme apparemment bien sous tous rapports (elle anime une émission de solidarité à la radio) est en fait adepte du sado-masochisme.

 

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Un jour, Harlan (Peter Dvorsky), un employé de Max, réussit à pirater un programme provenant, selon lui, de Malaisie, un programme extrèmement violent et réaliste appelé "Vidéodrome". Max, intéressé par ce programme brut et efficace, veut le diffuser une fois que Harlan aura réussi à le capter en totalité. Harlan dcouvre vite que ce programme est émis des USA, de Pittsburgh, précisément. Max montre ce programme court à Nicky qui, intéressée, aimerait bien y participer. Mais Max lui déconseille de se méler à ce programme qu'il juge aussi efficace que dangereux et douteux.

 

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Max charge une amie de la chaine d'enquéter sur "Vidéodrome". Le résultat de l'enquéte révèle qu'un certain professeur Brian O'Blivion est derrière ce programme, et que ce programme est très dangereux, et absolument pas destiné à etre diffusé à la TV, meme sur une chaine que presque personne ne regarde - ce qui est en quelque sorte le cas de Civic TV. Max décide de rencontrer O'Blivion, dont la fille, Bianca (Sonja Smits) dirige un centre d'aide pour SDF, le Secours Cathodique (Cathode Ray Mission en VO), un centre qui propose la TV aux SDF, pour qu'ils puisse passer le temps au chaud.

 

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Bianca refuse de laisser Max voir Brian O'Blivion, mais elle lui envoie une VHS d'un speech de O'Blivion (qui ne parle que par l'intermédiaire de cassettes) à son intention. Sur cette cassette (qui semble littéralement vouloir mordre Max quand celui-ci la prend du boitier), il voit O'Blivion se faire étrangler à mort par une forme masquée. La figure retire son masque, et Max voit Nicky, qui lui parle, et l'encourage à venir la retrouver sur "Vidéodrome"... Retournant voir Bianca O'Blivion, Max apprend d'elle deux choses : tout d'abord, que le signal émettant "Vidéodrome" cause des tumeurs au cerveau et hallucinations à ceux qui le regarde (comme Max). Ensuite, que O'Blivion est mort depuis un an, et qu'avant de mourir, il avait pour coutume de s'enregistrer. Ainsi, depuis des mois, sa fille continue de le faire passer pour vivant grace aux VHS pré-enregistrées...O'Blivion est mot de la tumeur "Vidéodrome".

 

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Max, un soir, subit une hallucination d'un réalisme troublant : il voit une fente verticale apparaitre sur son ventre, au niveau du nombril. Se rendant compte que cette fente est réelle (et qu'elle lui fait mal quand il y touche, il y glisse, par bravade, son revolver (qu'il avait sorti de l'étui dès le début de ses hallucinations), et ne parvient pas à le ressortir, la fente ayant disparu (le flingue aussi). Immédiatement après, il reçoit un coup de film mystérieux lui annonçant qu'un certain Barry Convex voudrait le voir. Une voiture attend en bas de son immeuble, Max y monte. Dans la voiture se trouve une petite TV, qui s'allume, et Barry Convex (Les Carlson) apparait. Il est le directeur de la société Spectacular Optical, une chaine d'opticiens. Convex est aussi le créateur de "Vidéodrome".

 

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Convex, une fois Max arrivé à la boutique Spectacular Optical, lui propose une expérience : enregistrer, avec l'aide d'un engin prototype, une de ses hallucinations. Convex a crée "Vidéodrome" pour le diffuser au niveau national. Ce système permettra aux gens de vivre à temps plein des hallucinations...Max accepte de subir l'expérience, et se voit en train de fouetter une télévision sur laquelle est diffusée le visage de Nicky, puis d'une autre femme. A son réveil, chez lui, Max croit voir un cadavre dans son lit, mais ce n'est qu'une hallucination de plus. A partir de ce moment, Max ne sait plus s'il est dans la réalité ou dans une hallucination.

 

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Allant voir Harlan, il a la surprise d'y rencontrer aussi Convex, et il apprend que "Vidéodrome" n'a en fait jamais été diffusée à la TV, qu'il a été le seul spectateur. "Vidéodrome" a fait de lui une sorte de magnétoscope humain (la fente verticale), et Max, impuissant, ne parvient pas à empécher Convex de le 'programmer' afin qu'il puisse céder Civic TV à Convex (qui se servirait de la chaine pour commencer l'expansion de "Vidéodrome"). Max, sous la programmation, comme zombifié, ne peut qu'obéir aux ordres de Convex, qui lui ordonne de tuer les associés de Max, ainsi que Bianca O'Blivion. Max tue ses deux associés dans un bain de sang, parvient à s'enfuir (le flingue, une fois en main ,semble partie intégrane de son corps), et se rend chez Bianca O'Blivion pour la tuer. Mais celle-ci parvient à le déprogrammer, et à le faire se retourner contre "Vidéodrome". Max apprend aussi de Bianca O'Blivion que Nicky est morte, tuée par "Vidéodrome", qu'elle tenait tant à expérimenter...

 

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Max, profitant d'une soirée organisée par Spectacular Optical pour présenter la nouvelle collection de lunettes, abat Convex de plusieurs balles, avant de crier dans le micro Mort à Vidéodrome, longue vie à la nouvelle chair ! (ce que Bianca O'Blivion lui avait programmé de faire) et de s'enfuir. Convex, mort, se pulvérise, se craquèle, dans un geyser de sang et de tripes (mais Max n'est plus présent pour bénéficier de cette hallucination gore). Max, s'enfuyant, se réfugie dans un bateau abandonné situé au port industriel de Toronto. Une fois à l'abri dans le bateau, il s'installe dans la soute, et à la surprise de découvrir une TV allumée, avec Nicky à l'écran (encore une hallucination). Nicky lui demande de venir la rejoindre, d'abandonner son ancienne chair (son corps) pour laisser place à la nouvelle chair. Max, prenant son revolver, se l'applique à la tempe, dit longue vie à la nouvelle chair, et alors que le générique de fin démarre, on entend une détonation...

 

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Profondément déstabilisant et violent, très gore par moments, très glauque aussi, Vidéodrome est le chef d'oeuvre absolu de Cronenberg, qui n'avait encore jamais été aussi loin dans les déviances (sado-masochisme) et les modifications corporelles. Porté par une musique troublante de Howard Shore et une interprétation inégalable de James Woods, ce film est incontestablement un diamant noir dans l'histoire du cinéma. Une critique virulente de la télévision, presque de la télé-réalité (avant l'heure, "Vidéodrome" propose de la télé-réalité, en un sens). Il faut voir ce film, mais attention, la violence de certaines scènes est vraiment extrème.

 

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En un mot comme en cent, un putain de joyau, un classique, qui a sa place dans toute DVDthèque. Le film existe en DVD (édité chez Universal, avec une jaquette relativement moche), profitez-en ! Ne vous fiez pas aux premiers visionnages, souvent décevants ; le film n'est certes pas du tout évident à saisir, mais après plusieurs visions, on arrive parfaitement à l'assimiler. Difficile d'accès, mais le résultat en vaut vraiment la peine ! Et Deborah Harry, peu présente à l'écran en fin de compte, est vraiment craquante...à moins que vous n'ayez un 'coeur de verre' (allusion évidente et lourde à une des chansons de Blondie), impossible de rester de marbre face à Nicky !!!