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Spoilers…

Palme d’Or à Cannes en 1979 (ex-aequo avec le film de Coppola Apocalypse Now), Le Tambour est un très beau et fort film de Vlker Schlondörff, adaptation pas toujours très fidèle (il manque pas mal de passages) mais cependant intéressante d’un roman de Günter Grass. Le film est interprété par David Bennent (le fils du comédien allemand Heinz Bennent, vu entre autres dans Le Dernier Métro de Truffaut), Mario Adorf, Angela Winkler, Charles Aznavour, Andréa Ferréol, Heinz Bennent…

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L’histoire du film, c’est avant tout l’histoire d’Oskar Matzerath (David Bennent, fantastique), un petit garçon né en Allemagne, dans les années 20. Pour son troisième anniversaire, Oskar reçoit, comme cadeau, un magnifique petit tambour. Ce jour-là, comprenant la connerie humaine, il décide de ne plus grandir, de toujours rester ce petit garçon de 3 ans, sinon physiquement (même s’il ne grandira vraiment plus), du moins, en esprit. Il désire rester un enfant, et ne communiquera plus qu’en se servant de son tambour (les moindres de ses cris peuvent briser du cristal). Oskar, figé dans son corps chétif d’enfant, va ainsi traverser, avec son humour très noir (monologues dans le film), toute la période noire des années 30, la seconde guerre mondiale…Il va découvrir que ce qu’il s’imaginait à propos du monde est vrai : les hommes sont vraiment fous…

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Le choix de Schlondörff pour interpréter le jeune Oskar est parfait. David Bennent est fantastique dans ce rôle. Le roman de Grass, réputé inadaptable (même Grass lui-même l’a avoué !), est fantastique lui aussi, tout à tour drôle et cruel, émouvant, envoûtant. Le film ne l’adapte pas à la perfection, il manque pas mal de passages, c’est un petit peu survolé par endroits. Mais on s’en moque, tant le résultat final est grandiose. Assurément, un des Palmes d’Or les plus méritées qui soient avec Mission de Roland Joffé et Apocalypse Now.

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Le film a fait scandale, cependant, à cause de scènes montrant de la nudité et du sexe. Le coté choquant de ces scènes est que David Bennent s’y trouve (on voit Oskar tripatouiller gentiment sa nurse – or, David Bennent était mineur, et le personnage d’Oskar aussi). Non, il n’y à pas de pédophilie dans Die Blechtrommel (autant dire aussi que Mort A Venise de Visconti est un film pédophile, c’est aussi con de dire ça, vous ne trouvez pas ?), mais une scène pareille peut, effectivement, surprendre, voire même heurter. En dehors de ça, ce film est à voir absolument, une des plus belles réalisations du cinéma allemand. Outre Bennent, les autres acteurs du film, à commencer par Mario Adorf, sont excellent. Un chef d’œuvre picaresque, poétique et irréel. Une sorte de Peter Pan ancré dans la réalité, voilà comment définir au mieux le héros au tambour !