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SPOILERS…

Si Le Cercle Rouge (1970) est à considérer comme le testament de Jean-Pierre Melville, ce n’est pas, en revanche, son dernier film pour autant. Alors qu’il était malade (il décèdera peu après la sortie du film), Melville réalisa en 1972 son dernier film, Un Flic, interprété par Alain Delon, Richard Crenna (plus connu pour son rôle de colonel Trautman dans les Rambo), Catherine Deneuve et Paul Crauchet.  Froid, même glacial (ça se voit à sa photographie, images à l’appui), quasiment aussi métaphysique et silencieux que le sont Le Samouraï et Le Cercle Rouge, Un Flic est un excellent polar urbain moderne, même si certains éléments font qu’il ne peut pas être considéré comme aussi grandiose que les deux autres films déjà cités.

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Le début du film se passe sur la Côte d’Azur (mais le temps est pourri, pluie torrentielle, ciel gris). Une banque est victime d’un braquage. Le braquage se passe plutôt mal, car un des braqueurs (interprété par André Pousse) est blessé par balles. Les braqueurs emmènent leur ami à l’hôpital, et enterrent le magot dans un champ non loin. Puis on passe au commissaire Coleman (Alain Delon, troisième rôle chez Melville), qui enquête sur le ‘milieu’, la pègre. Il retrouve un ami, Simon (Richard Crenna), qui dirige une boîte de nuit, et la fiancée de Simon, Cathy (Catherine Deneuve), également aimée par Coleman (vieille histoire). Coleman, mis sur l’affaire du braquage, apprend que la même bande (dirigée, mais il l’ignore encore, par Simon, qui a pris part en personne au casse de la banque) prévoit de faire un coup encore plus fort : voler un convoi de drogue transporté par un de leurs concurrents, lors d’un transport en train de Hendaye à Paris.

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Le casse a eu lieu avec l’aide d’un hélicoptère, et Coleman, persuadé qu’il parviendra à saisir les malfrats à leur arrivée, laisse faire le vol. Hélas pour lui, Simon parvient à remonter à bord de l’hélico une fois le forfait accompli… Coleman, qui parvient finalement à identifier Simon comme auteur des deux braquages, est partagé entre son amitié pour Simon et son métier. Il doit arrêter le coupable, mais il est également un grand ami de Simon, et arrêter son ami le gêne énormément. Cas de conscience. Il parviendra cependant à régler ce cas de conscience…

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Avec sa photographie bleutée (et sublime), Un Flic est remarquable formellement. Les acteurs sont excellents, la réalisation est parfaite, du pur Melville. Cependant, le film ne peut pas être considéré comme monumental à cause de la scène du casse du train, tout simplement ridicule. En effet, au cours de cette scène, Melville utilisa un train miniature et un hélicoptère-jouet, pour les vues aériennes, et non pas un vrai train (oh, bien sûr, on voit un vrai train, mais on voit surtout le train miniature). Le résultat de cette scène est tout simplement risible. Indigne de Melville. Fallait-il vraiment que Melville soit malade, affaibli, pour ne pas avoir tourné cette scène d’une autre manière !

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Le film n’aura pas un très gros succès, et sera critiqué, en grande partie rapport à cette fameuse scène. On a dit que ça a accéléré la dégradation de l’état de santé de Melville. En tout cas, il a défunté peu de temps après, en laissant ce film comme ultime œuvre. Bien qu’on ne puisse pas le qualifier de chef d’œuvre, Un Flic est cependant un film sincère, du pur Melville, et reste un énorme polar français comme on aime en voir le plus souvent possible. Et Melville, un maître en la matière.