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Spoilers...

Troisième film réalisé par Stanley Kubrick, L’Ultime Razzia n’est pas son meilleur, mais est probablement son premier film réellement indispensable à la vision. Lorsque je l’ai critiqué sur le site, je lui ai attribué 2 étoiles, non pas parce qu’il est moyen, mais parce qu’à coté des films que Kubrick fera par la suite, il reste moins fort. Mais c’est cependant un des plus grands films noirs jamais réalisés, et dans l’ensemble, il mérite vraiment que je le réhabilite ici, d’où la note de 4 étoiles que je lui donne sur le blog. Je retourne donc un peu ma veste, ou plutôt, je modifie, ici, mon avis premier sur ce film. Sterling Hayden, Coleen Gray,Vince Ewards, Elisha Cook Jr, Marie Windsor sont les acteurs de ce film. C’est surtout Sterling Hayden (que Kubrick réemploiera en 1964 pour Docteur Folamour) qui est imbattable ici, il joue avec une perfection rarement vue dans le film noir. Le film, sorti en 1956, est une production entre James B. Harris et Kubrick, d’après un roman de Lionel White.

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Johnny Clay (Sterling Hayden), qui vient de sortir de prison, décide de monter un gros coup, probablement le dernier de sa carrière (d’où, dans un sens, le titre français – le titre original est différent, et assez brutal, The Killing). Son idée ? Braquer la caisse d’un champ de course, un jour de grande affluence. Il y à deux millions de dollars à se faire si le casse réussit, ce que Clay espère vraiment. Clay réunit une équipe d’hommes de confiance, attirés par l’appât du gain. Le casse se fera sans problème, le timing est respecté, tout se passera pour le mieux. Mais Clay sera loin de se douter que l’un de ses complices sera assez indiscret et en parlera à sa femme…Et que sa femme, elle, fera absolument tout capoter par sa perversité…

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Très court (80 minutes), filmé dans un noir & blanc sublime (photographie de Lucien Ballard, qui a collaboré souvent avec Peckinpah), L’Ultime Razzia reste célèbre aujourd’hui pour plusieurs séquences totalement cultes : la fin, déjà (que je ne révèlerai pas, mais qui est d’un fatalisme total – Mélodie En Sous-Sol semble s’en être inspiré un peu), mais aussi le casse en lui-même (Sterling Hayden et son fameux masque de clown).

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Techniquement, c’est parfait. Kubrick se serait engueulé (enfin, façon de parler, Kubrick n’élevait jamais la voix) avec Ballard pour une histoire de travelling a faire avec un certain objectif, et Ballard, persuadé que Kubrick n’y connaissait rien, essaya de l’entuber gentiment en faisant selon sa propre méthode, afin de se prouver que Kubrick était dans le faux. Mais Kubrick, photographe de vocation (et immense photographe), s’en rendit immédiatement compte, et dit, calmement, Ou tu fait comme je dis, ou tu t’en va, et Ballard fit comme Kubrick le lui avait demandé. Et le résultat final, selon ce que Kubrick désira, fut fantastique.

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Acteurs excellents, réalisation déjà grandiose malgré le fait que Kubrick n’en était encore qu’à ses débuts (ses deux premiers films furent reniés par le Maître, le premier reste encore aujourd’hui interdit à la commercialisation, 10 ans après la mort de Kubrick), scénario imbattable, ambiance noire à couper au couteau… The Killing n’est pas le chef d’œuvre de Kubrick, et il ne l’aurait pas été même si Kubrick s’était arrêté de tourner après Spartacus. Mais il reste un très grand film noir, un polar magnifique, et un film à voir absolument. Mea culpa tardif pour la critique méchante que j’en ai fait il y à longtemps sur AlloCiné, donc.