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SPOILERS…

Réalisé par Denys De La Patellière en 1968, Le Tatoué est une comédie mettant en scène un duo de choc, à savoir Jean Gabin et Louis DeFunès. Si les deux acteurs avaient déjà partagé plusieurs fois un film (La Traversée De Paris, Le Gentleman D’Epsom), jamais ils n’avaient eu à se partager le rôle principal. On a souvent dit (et c’est vrai) que Gabin, de même que Jean Marais pour les Fantomas, n’a pas vraiment apprécié de tourner avec Fufu. Jean Gabin, généralement plus à l’aise dans les films dramatiques que dans les comédies purement loufoques, n’avait pas la même conception de l’humour que DeFunès.

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Le tournage de ce film a du être un peu tendu, à ce qu’il paraît : l’équipe de tournage et le réalisateur étaient bien connus de Gabin, mais pas de Fufu, qui ne se sentait pas spécialement à l’aise, entouré de gens qu’il ne connaissait pas trop (on trouve des seconds rôles habituels de Fufu, comme Dominique Davray, Yves Barsacq ou Paul Mercey, cependant), et à cotoyer un acteur qui, apparemment, ne le supportait que par intermittence (et avait la réputation, sans doute exagérée, d’être bourru sur les plateaux). Le film, sans pour autant faire partie  des meilleurs de Fufu (ou de Gabin), se laisse cependant regarder avec un plaisir non dissimulé, et reste vraiment drôle et réussi. Certes, ça s’essouffle un petit peu vers la fin (et encore, on trouve deux séquences excellentes vers la fin : le gueuleton, et les différents sports que les deux protagonistes pratiquent), mais Le Tatoué est tout de même très bon.

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Félicien Mézeray (Louis DeFunès) est un riche marchand de tableaux. Chez le peintre Dubois, un de ses vendeurs, il rencontre un certain Legrain (Jean Gabin), un ancien légionnaire coléreux et bougon. D’ordinaire, Mézeray n’aurait pas prêté attention à Legrain, mais ce Legrain était en train de poser pour Dubois.

Sur le dos de Legrain se trouve un tatouage magnifique et discret, signé Modigliani, que Legrain, apparemment gêné et énervé de voir un inconnu lui regarder le dos, certifie être un vrai Modigliani (air énervé de Gabin, réplique fameuse, Est-ce que j’ai l’air d’une reproduction, monsieur ??).

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Mézeray, obnubilé par la valeur que doit représenter cette œuvre d’art, décide de convaincre Legrain de la lui céder. Legrain, énervé, refuse catégoriquement, ce qui n’empêche pas Mézeray, de son coté, de négocier avec deux collectionneurs américains, et de le vendre d’emblée, sans l’accord de Legrain, qu’il espère bien obtenir incessamment sous peu. Legrain, à force de voir Mézeray l’importuner, finit par accepter, à condition que Mézeray s’engage à restaurer sa maison de campagne. Persuadé qu’i s’agit d’une bicoque minable, il accepte…et va découvrir un antique château situé en Aquitaine ! Car Legrain, en fait est un aristocrate, un comte. Et le château, sans tomber en ruines, n'est quand même pas en excellent état…

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Prétexte à des scènes excellentes entre Fufu et Gabin (quand deux caractères aussi forts et opposés se rencontrent, ça fait des étincelles !), le film contient de très bons moments, comme le gag récurrent du cul de basse-fosse. On notera, cependant, au rayon des passages un peu lourds, le fou-rire perpétuel de Dominique Davray (qui joue le rôle de la femme de Mézeray).

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Sinon, Gabin, en légionnaire aristocrate colérique, bourru et distingué, adepte du tromblon, de l’envoi au cul de basse-fosse et du cor de chasse, est excellent. J’ai même envie de dire qu’il est meilleur que Fufu, souvent drôle, mais tout de même plus drôle quand il porte un film sur ses seules épaules plutôt que partagé avec un autre acteur. En tout cas, je l’admet : Le Tatoué ne fait pas partie des monuments de Louis DeFunès, de Jean Gabin, et de la comédie tout court. Cependant, c’est devenu, avec le temps, et malgré ses défauts, un de mes petits chouchous. Deux de mes acteurs français préférés se partagent l'affiche, quand même, ça compte pour moi ! A voir si on est fan, pour les autres…