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Spoilers !

Sorti en 1965, Ne Nous Fâchons Pas est un des meilleurs films de Georges Lautner. C’est aussi un des films de sa période ‘Audiard’ (après Les Tontons Flingueurs et Les Barbouzes, avant Laisse Aller, C’Est Une Valse, Le Professionnel et Le Guignolo), et même un des plus grands de cette très prolifique période. Le casting est à l’avenant, on retrouve les indispensables Lino Ventura, Jean Lefèbvre, Michel Constantin et Mireille Darc.

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Ce film mérite bien son nom, tant le personnage principal, Antoine Beretto (Ventura) tente sans arrêt (et parfois sans succès…) de maîtriser sa colère. Ancien truand, Antoine s’est ‘rangé des voitures’ et a monté, sur la Côte d’Azur, une boutique de bateaux. Il est devenu armateur. Un jour, deux de ses anciennes relations (dont André Pousse) viennent le voir pour lui acheter un bateau, et le paient avec une créance, une dette qu’un certain Léonard Michalon (Lefèbvre) leur doit. Antoine accepte de recevoir cette créance en guise d’argent, et se rend plus bas sur la Côte (vers Antibes) pour retrouver Michalon et récupérer l’argent de la dette, maintenant le sien.

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Avec l’aide d’un ami du milieu reconverti en patron de restaurant/boîte de nuit, Jeff (Constantin), Antoine retrouve la trace de Michalon, lequel est un petit bonhomme lâche et faible, vrai aimant à baffes et à conneries. Le soir où Antoine vient chercher Michalon dans sa chambre d’hôtel minable, il a la désagréable surprise de voir un homme s’infiltrer dans la chambre, pour tenter de tuer Michalon (et Antoine, par la même occasion). Antoine, avec le flingue que Jeff lui a remis auparavant (contre son gré, Antoine ne voulant plus utiliser d’armes), bute le tueur, et récupère un Michalon paniqué. Apprenant le lendemain que le tueur fait partie d’un gang de délinquants tenus par un certain Colonel, un Anglais distingué (et les membres du clan sont tous des Anglais habillés en Mods), Antoine se rend compte qu’une guerre entre le Colonel et eux va démarrer, et tout ça à cause d’un petit con qui doit du pognon à tout le monde…Ne nous fâchons pas, il y à bien un moyen de résoudre ça à l’amiable !

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Avec cette horde de méchants habillés en Mods (et dont certains jouent du rock, à la manière des Yardbirds ou des Who, groupes emblématiques de la culture Mod), les dialogues d’Audiard, la réalisation assez rythmée (pour 1965) et cette musique parfois étouffante, mais souvent totalement dans le style, Ne Nous Fâchons Pas est un vrai film culte, un classique que l’on apprécie de plus en plus à chaque visionnage.

On peut s’amuser à compter les baffes que Lefèbvre se prend dans le film : 7 ! Dont deux successives par Mireille Darc (qui joue sa femme Eglantine, qui le déteste), et une donnée par Ventura qui lui fait dévaler une pente abrupte. Très drôle, très très délirant (les coups bas que les deux clans se font, dans la seconde partie du film, sont superbement drôles), ce film est à revoir sans modération ! Allez, pour le plaisir, un petit dialogue :

Antoine : Écoute-moi bien, Léonard ! je suis un honnête commerçant, moi ! Inscrit au registre ! Exemplaire, et tout et tout ! je suis venu ici pour parler avec toi. Et puis y a ce porte-flingue qui est rentré par la fenêtre et qui maintenant le voilà sur la descente de lit ! Je te jure que ça m'ennuie ! Ça m'ennuie vraiment, mais vraiment beaucoup ! Je te garantis que ça m'ennuierait beaucoup plus s'il y en avait deux !
Léonard : Parce que vous prévoyez une suite ?
Antoine : Oui ! toi, si tu continues à m'emmerder !